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Des voix s'élèvent pour dénoncer la crise du logement

Des manifestants marchent dans une rue de Montréal.

Les manifestants qui battent le pavé à Montréal veulent un contrôle gouvernemental obligatoire des évictions et des reprises de loyers.

Photo : Radio-Canada / Marie Isabelle Rochon

Radio-Canada

De plus en plus de voix s'élèvent pour dénoncer la crise du logement à Montréal et se mobilisent pour soutenir les locataires menacés d'expulsion. Une manifestation a eu lieu dans la métropole pour demander au gouvernement de mettre en place un contrôle obligatoire des évictions et des reprises de loyers, entre autres.

Ça ne devrait pas être une difficulté, ça ne devrait pas être une bataille qu’on est en train de faire, on ne devrait pas avoir à protester pour ces trucs-là, a dénoncé une jeune manifestante.

Une mère marchait quant à elle pour dénoncer les prix des loyers qui explosent dans la métropole. Mon fils de 21 ans se cherche un appartement, il n’y a rien en bas de 900, 1000, 1400 dollars par mois. Ça n’a aucun sens.

Du côté de la Ville de Montréal, on interpelle Québec pour mieux réglementer les loyers. Elle dit aussi essayer d'augmenter l'offre de logement social, mais elle a des pouvoirs somme toute limités.

Dans tout nouveau projet de construction, il est obligatoire d’inclure du logement social et du logement abordable, mais il va falloir avoir aussi les sous de Québec pour les construire, a indiqué Richard Ryan, conseiller du district du Mile-End, présent lors de la manifestation.

Des voix s'élèvent pour dénoncer la crise du logement

Vendredi soir déjà, des manifestants s'étaient rassemblés devant le Manoir Lafontaine, sur le Plateau Mont-Royal, où les locataires ont reçu fin mars un avis d’évacuation temporaire de la part du propriétaire, qui invoque des travaux majeurs.

Les habitants ne l’entendent pas de cette oreille. En plus de qualifier le montant qui leur est proposé pour les compenser de dérisoire, ils se disent victimes de rénoviction.

Le Manoir Lafontaine à Montréal.

Des manifestants se sont rassemblés vendredi devant le Manoir Lafontaine, où les locataires ont reçu fin mars un avis d’évacuation temporaire.

Photo : Radio-Canada

La députée solidaire Manon Massé, qui était présente lors de cette manifestation, a interpellé le gouvernement Legault pour qu’il prenne des mesures immédiates.

Le gouvernement du Québec peut faire quelque chose, […] reconnaître que le Québec est en crise du logement et décréter dès maintenant un moratoire qui interdit les évictions.

Une citation de :Manon Massé, cheffe parlementaire, Québec solidaire

Québec solidaire a d'ailleurs tenu une « Assemblée des évincés » samedi matin, avant la manifestation annoncée dans l'après-midi.

Dans la dernière année, on a vu une augmentation de 100 % dans les comités de logement de reprises et évictions, a dit Maxime Roy-Allard du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) qui participait à l'Assemblée.

On est passé de 300 cas à 600 cas recensés. C'est vraiment la pointe de l'iceberg, la majorité des cas, on n'en entend pas parler. [...] Même le tribunal du logement a noté cette année une augmentation de 40 % des reprises de logement; ça ce sont les dossiers qui sont ouverts au tribunal.

Une fausse perception du marché locatif, selon l’APQ

L'Association des propriétaires du Québec (APQ) a réagi en début d’après-midi réitérant que la demande des associations de locataires pour un vrai contrôle des loyers est une demande qui ne devrait même pas être évoquée.

Selon l’APQ, les associations de locataires donnent une fausse perception du marché locatif par leurs demandes qui ne feraient qu'encombrer le système de justice alors qu'il existe déjà de nombreux mécanismes de contrôle de loyer au Québec.

Les propriétaires subissent un contrôle excessif lors de l'augmentation des loyers, notamment au niveau des rénovations. Plus de 40 ans pour un retour sur investissement! Cela ne fait aucun sens! Ce calcul est préjudiciable pour les locataires et pour les propriétaires.

Une citation de :Martin Messier, président de l'APQ

Un registre? Trop dispendieux, répond Québec

Le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation a répondu à la demande d'entrevue de Radio-Canada par courriel. Aujourd’hui, on fait face à l’inaction des gouvernements précédents, peut-on y lire.

Québec assure déjà prendre les mesures nécessaires pour augmenter l'offre des logements. C’est plus de 6000 logements abordables que nous avons construits jusqu’à maintenant, depuis que nous sommes là, ou qui sont en chantier. Ce sont également près de 7000 logements en cours de construction ou en voie de l’être.

Les locataires ne devraient toutefois pas s'attendre à la création d'un registre des loyers. Un registre des loyers entraînerait des coûts importants pour tout le Québec. Des provinces l’ont déjà essayé pour finalement l’abandonner pour des raisons d’efficacité et de coût, dit le Ministère.

Le ministère rappelle l'importance pour les locataires de s'informer de leurs droits : En tant que locataires, vous avez des droits et les propriétaires ont des obligations!

Discrimination

L’origine ethnique, la condition sociale ou le fait d’avoir des enfants sont encore des facteurs qui constituent pour certains locataires et demandeurs de logements des obstacles pour trouver un toit.

Des appartements auraient été refusés à certains d'entre eux malgré la Charte québécoise des droits et libertés, qui interdit toute discrimination.

En entrevue à l'émission RDI Week-end, la vice-présidente de la Commission des droits de la personne, Myrlande Pierre, encourage les personnes qui pensent avoir été victimes de ce genre de discrimination à porter plainte auprès de la commission qui fera enquête sur ces situations discriminatoires.

Avec les informations d'Aimée Lemieux et Marie Isabelle Rochon

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