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Pénurie de main-d’œuvre en santé : le CISSS-AT se prépare au pire

Le bâtiment de l'hôpital de Rouyn-Noranda

L'hôpital de Rouyn-Noranda

Photo : Radio-Canada / Angie Landry

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue (CISSS-AT) lance une démarche d’efficience régionale afin de faire face à la pénurie de main-d'œuvre en santé, plus particulièrement en soins infirmiers.

Après l’annonce d’une rupture de service en obstétrique à l'hôpital de Ville-Marie et de l’annulation des chirurgies non urgentes à l’hôpital de Rouyn-Noranda dans les derniers jours, le CISSS-AT affirme plancher sur un scénario dans lequel les unités de réadaptation modérée et progressive seraient regroupées dans seulement deux hôpitaux.

À l’heure actuelle, les cinq MRC de la région sont desservies par ce service. La réorganisation ferait en sorte que les patients de trois MRC auraient à se déplacer à l’intérieur de la région pour en bénéficier. Il est prévu que les 62 lits disponibles soient maintenus.

Le CISSS-AT n’est pas en mesure de préciser quels seront les deux pôles choisis ni à quel moment cette réorganisation pourrait s’amorcer.

Selon la PDG du CISSS-AT, Caroline Roy, cette réorganisation, qui est encore à l’étape de l’analyse, est une façon d’optimiser les ressources infirmières, dans l’objectif d’éviter de plus nombreuses ruptures de services.

Avec ce scénario-là, on a un gain au niveau des ressources infirmières, entre 10 et 12 infirmières, donc c’est loin d’être négligeable, c’est un gain en efficience régionale, précise-t-elle.

Le CISSS-AT estime que le manque d'infirmières dans la région se chiffre présentement à 194. D’ici les cinq prochaines années, l’organisation s’attend à un manque à gagner de plus de 500 infirmières.

Dans ce contexte, le recours à la main-d'œuvre indépendante (MOI) a bondi au cours des quatre dernières années.

Selon des chiffres fournis par le CISSSAT, les coûts reliés à la MOI infirmière sont passés de 2,5 millions de dollars en 2016-2017 à 17 millions de dollars en 2019-2020, une augmentation de près de 600 %.

Ce qu’on souhaite, c’est non seulement réduire, mais éventuellement éliminer la main-d’œuvre indépendante, parce que c’est avec nos équipes stables, complètes et spécialisées qu’on va arriver à assurer une meilleure continuité de nos soins à la population.

Une citation de :Caroline Roy, PDG du CISSSAT

Caroline Roy est consciente que le recours à la main-d'œuvre indépendante ne représente pas la solution idéale, mais affirme qu’il est impossible de ne pas y avoir recours à court terme.

Les infirmières issues des agences privées, normalement, c’est un dernier recours. Présentement, avec nos équipes stables, nos employées, non seulement on n’arrive pas à combler les quarts [de travail], mais l’écart se creuse, donc on a de plus en plus à avoir recours à cette main-d'œuvre là, qui ne sont pas nos employées , indique-t-elle.

Augmentation du recours à la MOI et coûts associés :

  • 2016-2017 : 2 502 828 $
  • 2017-2018 : 4 168 868 $
  • 2018-2019 : 6 996 599 $
  • 2019-2020 : 17 007 819 $
  • 2020-2021 : 17 396 560 $

Du mois d’avril 2020 au mois de mars 2021, 24 % des heures travaillées par des infirmières ont été faites par des employées d’agences privées, ce qui correspond en moyenne à 130 infirmières par mois en provenance de l’extérieur du réseau public.

Le CISSS-AT assure travailler sur la mise en place de stratégies attractives et de partenariats avec l’UQAT, le Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue et différents partenaires du milieu, afin d’augmenter le nombre de diplômées en soins infirmiers et d’améliorer l’accueil et la rétention des nouveaux arrivants.

Les problèmes de pénurie de logements et de places en garderies, qui contribuent à la pénurie de main-d'œuvre, font également partie des enjeux sur lesquels travaillent le CISSS-AT et ses partenaires.

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