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Les 30 ans et plus peuvent recevoir le vaccin d'AstraZeneca, conclut le CCNI

Une main gantée tient une fiole du précieux vaccin.

Le vaccin d'AstraZeneca pourra être offert aux Canadiens de 30 ans et plus s'ils ne désirent pas attendre pour obtenir un vaccin à ARNm, comme ceux de Pfizer ou Moderna.

Photo : Getty Images / LUIS ACOSTA

Radio-Canada

Le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) a mis à jour ses Recommandations sur l’utilisation des vaccins contre la COVID-19, vendredi, à la suite de signalements de caillots sanguins rares, mais graves, après l'administration du vaccin d'AstraZeneca.

Après avoir réexaminé la question, le CCNI estime maintenant que le vaccin peut être proposé aux Canadiens de 30 ans et plus qui ne présentent pas de contre-indications.

Le Comité continue de recommander en priorité les vaccins de Pfizer et de Moderna en raison de l'excellente protection qu'ils offrent, de l'absence des signalements préoccupants en matière d'innocuité et de l'acceptabilité de ces vaccins par les gens qui vivent au Canada.

Mais si la personne ne veut pas attendre de recevoir un vaccin à ARN messager et si les bénéfices l'emportent sur les risques, un vaccin à vecteur viral non réplicatif comme celui d'AstraZeneca devrait lui être offert, a résumé sa présidente, la Dre Caroline Quach-Thanh, lors d'une présentation virtuelle, en après-midi.

Ce que nous voulons, c'est vacciner les Canadiens le plus rapidement possible. Cependant, si vous vous trouvez dans une région où il n'y a pas de transmission de la COVID, si vous n'avez aucun contact avec l'extérieur ou si vous êtes en mesure de vous mettre à l'abri grâce à des mesures de santé publique, alors il y a une possibilité d'attendre le vaccin à ARNm.

Une citation de :Dre Caroline Quach-Thanh, présidente du CCNI

Le Comité dit avoir évalué le risque de développer l'affection rare et d'en mourir par rapport aux admissions à l'unité de soins intensifs attribuables à la COVID-19 et aux décès connexes qui pourraient être prévenus par une dose précoce du vaccin d'AstraZeneca.

Il rappelle en outre que Santé Canada a récemment conclu que les avantages du vaccin dans la protection de la COVID-19 l'emportaient sur ses inconvénients potentiels – un constat auquel adhère la Dre Quach.

On en est arrivé à voir que, selon l'incidence de la maladie dans les régions, quand on a un haut taux de transmission, on a beaucoup plus d'avantages à être vacciné rapidement avec l'AstraZeneca que de risques de thromboses associés avec ce vaccin-là, a-t-elle expliqué à ICI RDI, vendredi, en fin de journée.

Et quand on regarde les différents scénarios possibles, l'âge de 30 ans est l'âge minimum en deçà duquel il n'y a pas autant de certitudes quant à l'avantage versus le risque.

En date du 20 avril, trois cas de caillots sanguins avaient été confirmés au Canada après l'administration de plus de 700 000 doses du vaccin d'AstraZeneca. Depuis, un autre cas a été signalé au Nouveau-Brunswick, le premier dans cette province.

Aux provinces de décider

Le CCNI formule des recommandations, mais la décision finale est entre les mains des provinces et des territoires.

Dans le cas du vaccin développé par AstraZeneca et l'Université d'Oxford, le Comité avait par exemple statué le 29 mars dernier qu'il n'était pas recommandé pour les moins de 55 ans.

Depuis, plusieurs provinces ont toutefois décidé d'abaisser l'âge minimum pour recevoir le vaccin, compte tenu de la propagation actuelle du virus.

L'Ontario et l'Alberta, par exemple, l'administrent actuellement aux personnes de 40 ans et plus, tandis que le Québec l'offre depuis quelques jours aux personnes âgées d'au moins 45 ans.

Le ministre québécois de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a d'ailleurs fait savoir sur Twitter vendredi après-midi que son gouvernement prenait acte de la nouvelle recommandation du CCNI, tout en précisant que le Québec allait continuer de se fier à son propre comité d'immunisation.

Une pénurie d'AstraZeneca à l'horizon?

Dans son gazouillis, le ministre Dubé souligne par ailleurs que l’opération des derniers jours a permis d’écouler presque tous nos vaccins d'AstraZeneca et ajoute qu'aucune autre livraison n’est prévue. À preuve, il ne restait plus aucune dose dans les centres de vaccination sans rendez-vous de Montréal, vendredi après-midi.

Ses homologues de l'Ontario et de l'Alberta ont fait état de certaines craintes similaires, vendredi après-midi. Leurs gouvernements, ont-ils fait savoir, continueront d'administrer le vaccin d'AstraZeneca aux personnes de 40 ans et plus tant et aussi longtemps qu'il ne recevront pas un approvisionnement supplémentaire.

La nouvelle recommandation du CCNI survient alors que le major-général Dany Fortin, responsable de la distribution des vaccins au Canada, a fait savoir que les doses attendues ce mois-ci de Covishield, la version indienne du vaccin d'AstraZeneca, arriveront finalement plus tard que prévu.

Le gouvernement Trudeau a toutefois promis jeudi, en fin de journée, que la suspension pour 30 jours des vols directs en provenance de l'Inde n'aura pas d'impact sur le transport sanitaire aérien.

De plus, Ottawa a conclu une entente avec Pfizer-BioNTech pour la livraison de 8 millions de doses supplémentaires de vaccin, dont la moitié doit arriver au mois de mai, a annoncé le premier ministre vendredi dernier.

Bref, il n'a pas lieu de s'inquiéter, selon la Dre Nathalie Grandvaux, directrice du laboratoire de recherche sur la réponse de l'hôte aux infections virales au Centre de recherche du CHUM, à Montréal.

La vaccination sans rendez-vous par le vaccin d'AstraZeneca, c'était comme un petit supplément qu'on s'est permis de faire, a expliqué la spécialiste à l'émission 24•60, vendredi. Or, on a des doses qui s'en viennent, surtout du vaccin de Pfizer, donc on va être capables de continuer le plan tel qu'il avait été prévu au départ, a-t-elle assuré.

La Dre Grandvaux soutient que la consigne du CCNI doit être remise dans son contexte et rappelle que Santé Canada a autorisé le 26 février dernier l'utilisation du vaccin d'AstraZeneca pour toutes les personnes âgées de 18 ans et plus.

Elle se réjouit également que le Québec ait étendu cette semaine la vaccination à d’autres personnes vulnérables, comme les personnes souffrant d’une maladie chronique sans hospitalisation. Sans compter que le président américain Joe Biden a évoqué mercredi une éventuelle aide en vaccins contre la COVID-19 pour le Canada.

En résumé, tout va dans la bonne direction pour la vaccination, a assuré la Dre Grandvaux, vendredi.

Avec les informations de La Presse canadienne

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