•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Archives

Les multiples facettes de Ginette Reno

Ginette Reno en 2014.

Ginette Reno fait partie du paysage artistique depuis plus de 60 ans.

Photo : Radio-Canada / Julie Mainville

Radio-Canada

C’est en 1960 que Ginette Reno amorce sa carrière de chanteuse. En un peu plus de 60 ans, elle s’est attiré l’amour et le respect de son public au Québec et ailleurs.

De Ginette Raynault à Ginette Reno

Je dois vraiment sentir une chanson, sinon je ne pourrais pas la faire.

Une citation de :Ginette Reno, 1969

Interview, 15 mars 1969

En 1969, la chanteuse Ginette Reno est en tournée au Québec. On la retrouve notamment à Chicoutimi, où elle accorde le 15 mars une entrevue à la station CKRS-TV de Jonquière.

C'est déjà depuis plusieurs années une artiste très appréciée par le public.

Dans cette entrevue, Ginette Reno nous parle de l’amour qu’elle a pour son métier et pour ceux, paroliers et auteurs-compositeurs, qui ont écrit les chansons qui constituent son répertoire.

Ginette Reno (née Raynault) voit le jour le 28 avril 1946 et a vécu son enfance sur la rue Marquette dans le quartier montréalais du Plateau-Mont-Royal.

Sa famille appartient au milieu ouvrier et dispose de moyens modestes.

En 1960, elle commence à participer et à remporter divers concours d’amateurs, notamment  Les Découvertes de Jean Simon, un des grands imprésarios de l’époque au Québec, au Café de l’Est à Montréal.

Sa carrière est lancée. Dès 1961, Ginette Reno commence à accumuler les succès.

Ses chansons J’aime Guy et Roger attirent l’attention du public. Elle devient la découverte du Gala des artistes en 1964 et se produit régulièrement à la Place des Arts.

Dans la deuxième moitié des années 1960, on la voit sur la scène de l’Olympia de Paris.

En 1969, elle signe un contrat avec la prestigieuse maison de disque Decca et présente deux spectacles à la prestigieuse télévision britannique, la BBC.

Au Québec, sa renommée ne fait que grandir.

Ginette Reno a débuté sa carrière artistique en 1960.

Ginette Reno partage une blague avec l'animatrice Lise Payette en 1975.

Photo : Radio-Canada / Jean-Pierre Karsenty

Beaucoup de gens fredonnent ses chansons comme Des croissants de soleil, créée en 1974.

Choc sur le mont Royal

Certains événements s’inscrivent dans la mémoire collective d’une génération ou d’un peuple.

Le 24 juin 1975, Ginette Reno crée un de ses événements en allant chanter sur le mont Royal à l’occasion du spectacle donné pour la Fête nationale du Québec.

Le spectacle de la Fête nationale du Québec en 1975 tourne autour de l'auteur-compositeur-interprète Jean-Pierre Ferland.

Ginette Reno s’avance sur scène pour interpréter la chanson Un peu plus haut, un peu plus loin de son ami.

Émission spéciale La Fête nationale du Québec, 24 juin 1975

Voici Ginette Reno telle que captée le soir du 24 juin 1975 lors de l’émission spéciale La Fête nationale du Québec présentée sur les ondes de Radio-Canada.

Son interprétation soulève les 250 000 personnes qui assistent au spectacle de même que les téléspectateurs rivés à leurs écrans.

En fait, c’est une onde de choc que provoque Ginette Reno qui s’explique en partie par le contexte politique de l’époque au Québec.

En 1975, le mouvement souverainiste au Québec prend de l’ampleur.

Dans un peu plus d’un an, le Parti québécois va remporter les élections provinciales.

La chanson de Jean-Pierre Ferland interprétée par Ginette Reno devient un symbole à la fois des aspirations et des ambitions, mais aussi en filigrane des craintes de plusieurs Québécois face au projet souverainiste.

Ginette Reno est profondément émue par la réception triomphale de la chanson par les spectateurs.

Jean-Pierre Ferland dira plus tard qu’il a tout simplement « été jeté par terre » par son interprétation.

Le 22 août 2008, Ginette Reno reprend cette chanson en duo avec Céline Dion, lors d’un spectacle sur les Plaines d’Abraham qui célèbre les 400 ans de la ville de Québec.

Comme en 1975, cette interprétation par les deux artistes soulève l’enthousiasme et constitue un des moments incontournables de l’histoire de la chanson au Québec.

L’affection d’un public

Une activité peu ordinaire régnait ce matin à Boucherville. Dès huit heures, la rue Jacques-Viau était inondée d’une marée humaine à la recherche de l’objet rare provenant de Ginette Reno.

Une citation de :Réal D'Amours, 1991

À la fin de l’été 1991, Ginette Reno décide d’organiser une vente de bric-à-brac à Boucherville.

Montréal ce soir, 6 septembre 1991

Le 6 septembre 1991, le journaliste Réal D’Amours présente au Montréal ce soir, qu’anime Charles Tisseyre, un reportage qui présente l’événement.

Dès l’aurore, les gens font la file d’attente sur le trottoir. Ils seront des milliers à vouloir assister et prendre part à la vente.

Il y a en vente de tout : des animaux en peluche à la Rolls-Royce! Les objets s’envolent très vite.

Une admiratrice achète des coupes pour boire à la santé de Ginette. Un couple acquiert une affiche de l’artiste et s'offre un livre qui constitue un bon souvenir.

L’importance de la foule est peu surprenante quand on sait à quel point Ginette Reno est appréciée et respectée comme artiste.

Cette affection populaire pour l'artiste n’a jamais faibli.

Au Gala Métrostar de 1987, elle a remporté les trophées de l’artiste le plus aimé du public et de la chanteuse de l’année.

Comment cela s’explique-t-il?

L’artiste possède une voix exceptionnelle. Mais ce n’est pas tout.

Les gens s’identifient à Ginette Reno. Ses chansons, sa vie parlent de joies, de craintes, d’amours déçues, de combats que plusieurs ont connus.

Puis il y a la personnalité même de Ginette Reno qui entre en ligne de compte. Elle est entière, n’a pas la langue dans sa poche et projette une joie de vivre, mais aussi une fragilité, qui séduit les gens.

Ginette Reno, chante et compte…

C’était à 19 h 8 ce soir. Ginette Reno a récidivé ce soir au Centre Bell. Son Ô Canada était aussi enflammé que celui de dimanche soir.

Une citation de :Anne-Marie Dussault, mardi 22 avril 2014

Le dimanche 20 avril 2014, nous sommes en pleine saison des séries éliminatoires de hockey. Ginette Reno entonne sur la patinoire du Centre Bell de Montréal l’hymne national du Canada.

La foule et l’équipe des Canadiens de Montréal sont électrisées par l’interprétation de Ginette Reno.

11 secondes plus tard, le joueur du Canadien René Bourque compte un but contre l’équipe de Tampa Bay!

Le mardi 22 avril, l’équipe du Canadien demande à Ginette Reno de rechanter l’hymne national. Elle est devenue la mascotte de l’équipe des Glorieux.

24/60, 22 avril 2014

Le phénomène est si remarquable que l’animatrice du 24/60, Anne-Marie Dussault, interviewe l’analyste de hockey Dany Dubé sur ce dernier ce même jour.

Dany Dubé compare Ginette Reno à une carte cachée des Canadiens de Montréal.

L'analyste la compare aussi à Kate Smith.

Celle-ci est devenue la mascotte de l’équipe de hockey des Flyers de Philadelphie en chantant l’hymne patriotique américain God Bless America.

Cette tradition s'est poursuivie durant des années.

En 2014, Ginette Reno chantera pour les Canadiens de Montréal jusqu’à leur élimination des séries éliminatoires.

… et crève aussi l’écran

… Maintenant va signer ton contrat pis écoeure-moi pu!

Une citation de :Ginette Reno paraphrasant le cinéaste Jean-Claude Lauzon, 1996

Entrée des artistes, 25 février 1996 (extrait)

Le 25 février 1996, Ginette Reno a accordé une entrevue à Marie-Claude Lavallée, l’animatrice de l’émission Entrée des artistes, dont voici un extrait.

Elle raconte que durant son séjour à Los Angeles entre 1974 et 1976, elle a fréquenté le mythique Actor’s Studio de Lee Strasberg.

De l’Actor’s Studio sont sortis des acteurs comme Al Pacino, Sydney Poitiers. Même Marilyn Monroe a fait ses armes d'actrice dans cet atelier théâtral.

Lee Strasberg avait même recommandé Ginette Reno pour tourner un film. Elle avait refusé la proposition, car elle se trouvait trop grosse pour jouer au cinéma.

Lee Strasberg était furieux contre elle et l’a même traitée d’imbécile.

Le Point, 18 mai 1992

Le cinéaste Jean-Claude Lauzon a essuyé le même refus, comme il le raconte dans ce remontage d’un reportage que Gilles Gougeon, journaliste et animateur de l’émission Le Point, a présenté le 18 mai 1992.

Jean-Claude Lauzon voulait que Ginette Reno accepte de jouer le rôle de Délima, la mère du garçon rêveur Léo Lauzon, dans le film Léolo.

Or, il n’y avait initialement pas de chimie entre eux.

Jean-Claude Lauzon a dû s’y prendre 16 fois avant que Ginette Reno accepte.

Ce fut une bonne décision, car dans ce rôle Ginette Reno crève l’écran.

Dans le reportage de Gilles Gougeon, on voit Ginette Reno lors de la présentation du film au Festival de Cannes.

On voit aussi une entrevue qu'elle accorde à Gilles Gougeon en compagnie du journaliste et commentateur politique Pierre Bourgault, qui joue aussi dans Léolo.

Certaines scènes du film sont devenues des morceaux d’anthologie du cinéma québécois.

En 2005, le magazine Times a désigné Léolo un des 100 meilleurs films de tous les temps.

Ginette Reno a aussi joué dans d’autres films dont C’t a ton tour Laura Cadieux, Mambo italiano, Le secret de ma mère et Imelda 3.

En 60 ans de carrière, Ginette Reno n’a cessé de nous enchanter par ses multiples talents.

Encore plus de nos archives

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.