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Accident mortel à Granada : Mathieu Desgagné est acquitté

Un homme a mis son manteau sur sa tête pour descendre les marches du palais de justice de Rouyn-Noranda.

Mathieu Desgagné cachait son visage à sa sortie du palais de justice, le 26 août (archives).

Photo : Radio-Canada / Piel Côté

Radio-Canada

Accusé de conduite dangereuse et négligence criminelle causant la mort, Mathieu Desgagné est acquitté.

Vendredi matin au palais de justice de Rouyn-Noranda, la poursuite a indiqué au juge n’avoir aucune preuve à offrir.

Le juge Thierry Potvin n'a eu d’autre choix que d’acquitter Mathieu Desgagnés de tous les chefs d’accusation.

Le jeune homme faisait face à quatre chefs d’accusation en lien avec un accident qui a coûté la vie à deux adolescentes, Shana Rochon et Camille Lacombe, dans le quartier Granada en août 2017.

Ce revirement découle de la décision du juge Thierry Potvin, rendue le 5 mars, d’exclure les principaux éléments de preuve au dossier.

Le juge estimait que les policiers avaient commis des erreurs graves lors de l’enquête, qui venaient brimer les droits de l’accusé.

Me Véronic Picard, procureure-chef par intérim au DPCP en Abitibi-Témiscamingue, explique qu’il n’était plus possible de poursuivre les procédures à partir du moment où les déclarations de Mathieu Desgagné le jour de l’accident et le contenu de son téléphone cellulaire ne pouvaient plus être soumis en preuves.

Ce ne sont pas des décisions faciles, mais on doit les prendre objectivement en fonction des preuves au dossier, explique-t-elle. On a analysé au cours des dernières semaines si on pouvait prouver autrement ces éléments-là, mais c’était des preuves clés. On ne pouvait pas faire autrement.

Me Picard précise que le DPCP étudiera la possibilité de porter la décision du juge Potvin en appel, d’ici 30 jours. Elle reconnaît aussi que le dénouement peut paraître cruel pour les familles des victimes.

On comprend leur déception et leur impression qu’il n’y a pas de justice. Nous avons essayé de les tenir informées des procédures. Elles ont été avisées mardi soir. On leur a dit qu’on resterait là pour répondre à toutes leurs questions. Je veux qu’elles sachent qu’on est là pour elles, ajoute Me Picard.

Les proches discutent dans les marches du palais de justice.

Les familles des deux victimes de l'accident à Granada en août 2017 étaient réunies au palais de justice de Rouyn-Noranda vendredi matin.

Photo : Radio-Canada / Joël Côté

Déception chez les proches des victimes

Les familles de Shana Rochon et Camille Lacombe ont demandé à ce qu'il n'y ait pas d'ordonnance de non-publication sur l'identité des victimes.

Les proches ont réagi à la suite de cette décision rendue vendredi matin au palais de justice de Rouyn-Noranda, dont la mère de Camille Lacombe.

Je trouve ça épouvantable qu'on soit rendu là à cause des erreurs policières. On trouve que tout a été bâclé. Ça n'a pas été pris avec le sérieux que la cause avait besoin. On dirait que ça a été traité comme un vol de dépanneur, a critiqué Valérie Champagne.

Valérie Champagne est accompagnée de ses proches à l'intérieur du palais de justice de Rouyn-Noranda.

La mère de Camille Lacombe, Valérie Champagne se désole de la décision rendue dans le dossier de l'accusé.

Photo : Radio-Canada / Joël Côté

Pour elle, ce dénouement soulève de la colère et de l’incompréhension. Le travail a été mal fait et ce sont nos filles qui payent pour. Ça aurait été un bon temps pour faire une jurisprudence avec cet événement. C’est inconcevable que ce jeune n’ait rien. Il a enlevé la vie de deux jeunes filles de 16 ans. Elles sont mortes pour rien, c’est inacceptable.

Tout en pointant lui aussi le travail des policiers, Stéphane Rochon, père de la jeune Shana, croit que c’est tout le système judiciaire qui doit être revu.

Le système exige beaucoup, déplore-t-il. Il faut que tout soit fait dans des règles précises sinon tout peut tomber. Mais le conducteur, lui, a-t-il respecté les règles? Le système n’a pas mis l’accent sur les filles. En premier lieu, il devait être là pour défendre les victimes, pas ceux qui font du tort aux autres. Il faut que ça change et je vais continuer de me battre pour ma fille.

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