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Le général Vance se croyait « intouchable », témoigne l'une de ses victimes

L'ex-chef d'État major, qui est visé par des allégations d'inconduite sexuelle, agissait en toute impunité et se vantait d'exercer une mainmise sur le ministre de la Défense, a-t-elle affirmé.

Portait d'un homme en habit militaire, l'air sérieux.

L'ex-chef de la défense nationale canadienne est visé par plusieurs allégations d'inconduite sexuelle, dont une impliquant la majore Kellie Brennan, sa subalterne.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

La majore Kellie Brennan, avec qui l'ancien chef de la défense canadienne, Jonathan Vance, a entretenu une relation, a livré un témoignage accablant devant un comité de la Chambre des communes, auquel elle a confié avoir été intimidée.

C'est un homme se croyant au-dessus de la loi et « intouchable » qu'a dépeint la majore Brennan, jeudi, lors de son intervention devant le Comité permanent de la condition féminine, qui enquête avec le comité de la défense nationale sur les allégations d'inconduite sexuelle visant l'ancien chef d'état-major.

M. Vance agissait en toute impunité, autant dans sa vie professionnelle que dans sa vie personnelle, a-t-elle résumé.

Mme Brennan, qui avait auparavant raconté son histoire à Global News, a relaté en détail ses démêlés avec la police militaire et les informations qu'elle leur a confiées. Pendant deux jours, des enquêteurs l'ont interrogée, a-t-elle dit. Elle leur a fourni des enregistrements audio ainsi que des conversations texto d'elle et M. Vance.

La majore Brennan a affirmé qu'elle n'était toutefois pas à l'origine de la plainte contre l'ancien chef de la défense nationale.

Lorsque les premières allégations d'inconduite sexuelle ont fait surface, le général Vance a tenté de l'intimider afin de la contraindre au silence, l'incitant à mentir aux enquêteurs, a-t-elle poursuivi.

Une femme parle dans un micro rattaché à un casque d'écoute.

La majore Kellie Brennan a livré son témoignage au Comité permanent de la condition féminine.

Photo : CBC

Le Service national des enquêtes des Forces canadiennes en a la preuve « enregistrée », selon Mme Brennan. Ses agents ont tous les enregistrements où il me dit ce que je dois dire, ce que je ne dois pas dire, comment le dire, ce que je ne dois pas dire, ce qu'il faut exclure, comment me parjurer et mentir, a-t-elle expliqué.

Mais les enquêteurs n'ont pas donné suite à cette affaire.

D'après ce que j'ai pu constater, et ce, dans de nombreux domaines différents, la loi ne s'applique pas à lui.

Une citation de :Kellie Brennan

Kellie Brennan a aussi révélé que le général Vance était le père de deux de ses huit enfants, mais qu'il n'assumait aucunement leur responsabilité et ne lui offrait aucun soutien financier.

Influence sur le ministère de la Défense

À plus d'une reprise, Jonathan Vance a prétendu exercer son emprise sur le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, selon Mme Brennan.

Ce sont des commentaires qu'il m'a faits, personnellement, a-t-elle dit, ajoutant qu'elle n'en savait pas plus sur la nature de leur relation. Je n'étais pas au courant de ça.

Sans fournir davantage de détails, Mme Brennan a expliqué qu'elle avait côtoyé M. Sajjan et M. Vance à Downsview, un quartier du nord de Toronto, où ils ont tous servi.

Ancien lieutenant-colonel autrefois basé à Vancouver, le ministre Sajjan avait déclaré au comité des Communes, il y a quelques semaines, qu'il n'avait jamais servi de quelque manière que ce soit à Toronto.

J'ai le sentiment que justice ne me sera pas rendue et, en toute honnêteté, ce n'est pas grave, car si le fait que je témoigne [encourage] d'autres femmes à faire de même [...], cela me va, a déclaré Mme Brennan.

M. Vance n'a pas répondu publiquement aux allégations formulées à son encontre, au début février, par Global News ni aux récents développements dans son dossier.

L'ex-chef d'État major fait face à des allégations d'inconduite sexuelle dans des affaires distinctes, soit celle concernant Kellie Brennan, et une autre impliquant une femme dont l'identité demeure inconnue.

Il fait aussi l'objet d'une enquête pour avoir envoyé un courriel obscène à une employée subalterne il y a de cela neuf ans.

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