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COVID-19 : en manque d'oxygène, les hôpitaux indiens lancent des appels à l'aide

Les deux hommes sont branchés sur une bonbonne d'oxygène.

Des patients atteints de la COVID-19 partagent un lit au service des urgences de l'hôpital Lok Nayak Jai Prakash Narayan de New Delhi.

Photo : Reuters / Danish Siddiqui

Agence France-Presse

L'inde a enregistré un nouveau record de contaminations à la COVID-19 vendredi, au moment où les hôpitaux sont désespérément en manque d'oxygène.

Au cours des dernières 24 heures, 330 000 nouvelles contaminations, un nouveau record, et 2000 décès ont été recensés.

Le système de santé indien vétuste souffre depuis longtemps d'un sous-financement. Devant cette deuxième vague épidémique aiguë, il manque cruellement de médicaments et d'oxygène nécessaires aux malades les plus gravement atteints par la COVID-19.

Les hôpitaux de la ville de New Delhi, qui fait partie des zones les plus sévèrement frappées par la pandémie, lancent des appels à l'aide quotidiens au gouvernement de l'État et au gouvernement national en raison de l'épuisement des réserves d'oxygène.

Au moins six hôpitaux ont manqué d'oxygène dans la capitale indienne dans la nuit de jeudi à vendredi et d'autres ne disposaient plus que quelques heures de stock.

SOS - Moins d'une heure d'approvisionnement en oxygène au Max Smart Hospital et au Max Hospital Saket. Nous attendons les nouveaux approvisionnements promis par Inox depuis 1 heure du matin [...] Plus de 700 patients admis ont besoin d'une assistance immédiate, a tweeté Max Healthcare, l'une des plus grandes chaînes d'hôpitaux privés tôt vendredi matin.

Nous suspendons toute nouvelle admission de patients dans tous nos hôpitaux de la région de Delhi jusqu'à ce que l'approvisionnement en oxygène se stabilise, a-t-il ajouté peu après.

Vingt-cinq patients sont morts au cours des dernières 24 heures. Plus que deux heures d'oxygène. [...] Une crise majeure est probable. La vie de 60 autres patients est en danger, une intervention urgente est nécessaire, a averti le directeur médical de l'hôpital Sir Gangaram de New Delhi dans un communiqué.

Le premier ministre indien, Narendra Modi, a tenu vendredi une série de réunions de crise sur l'approvisionnement en oxygène et la disponibilité des médicaments essentiels.

Si nous travaillons comme une nation unie, il n'y aura pas de pénurie de ressources, a-t-il déclaré, selon un communiqué du gouvernement, assurant un effort continu pour augmenter l'approvisionnement en oxygène.

Des camions-citernes d'oxygène médical approvisionnent 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, différents États du pays et des avions-cargos de l'armée de l'air ont commencé à livrer de gros camions-citernes d'oxygène là où ils manquaient.

Le premier train Oxygen Express a quitté jeudi le centre industriel de Vizag, dans le sud du pays, en direction de l’État du Maharashtra, chargé de camions d'oxygène.

Le ministère de la Défense a annoncé importer d'Allemagne 23 unités mobiles de production d'oxygène par avion d'ici une semaine.

Foules et confinement

Une enquête a été ouverte sur les causes d'un incendie qui s'est déclaré tôt le matin, vers 3 h, dans un hôpital en banlieue de Bombay.

Dix-sept patients étaient dans l'unité de soins intensifs de l'hôpital Vijay Vallabh, selon Morrison Khavari, un responsable des pompiers, 13 sont décédés et quatre autres ont été transférés dans d'autres établissements.

Deux jours plus tôt, 22 malades de la COVID-19 sont morts dans un autre hôpital du même État du Maharashtra en raison d'une coupure d'alimentation en oxygène de leurs respirateurs pendant une demi-heure.

Une foule compacte est réunie près du fleuve.

Des Indiens prennent un bain dans le Gange durant le festival Kumbh Mela, à Haridwar, le 14 avril dernier.

Photo : Reuters / Anushree Fadnavis

L'Inde a enregistré près de 4 millions de nouvelles contaminations pour le seul mois d'avril, réduisant à néant les espoirs du début de l'année d'avoir peut-être surmonté le pire de la pandémie.

Cette recrudescence exponentielle a été en partie imputée à la double mutation du virus et à des rassemblements de foule, tel le long festival Kumbh Mela à Haridwar, dans l'État de l'Uttarakhand, où environ 25 millions de pèlerins hindous, la plupart sans masque ni distanciation physique, affluent depuis janvier jusqu'à la fin du mois.

Nombre de régions ont renforcé les restrictions et tous les services non essentiels sont interdits dans le Maharashtra. L'État d'Uttar Pradesh, dans le nord du pays, où vivent 240 millions de personnes, sera confiné en fin de semaine, ainsi que le Karnataka dont la capitale, Bangalore, est le pôle le plus important de la haute technologie indienne.

La capitale, New Delhi, est confinée jusqu'à lundi. Au total, l'Inde a recensé plus de 16 millions de contaminations et 187 000 décès, un bilan qui, per capita, reste nettement inférieur à celui de nombreux autres pays.

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