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La Gaspésie veut rester au cœur de la production éolienne québécoise

Les éoliennes de Cap-Chat en hiver.

Hydro-Québec a annoncé en février dernier que de nouveaux appels d'offres pour de l'énergie éolienne seraient lancés dans les prochaines années (archives).

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Si Hydro-Québec a confirmé en février vouloir lancer de nouveaux appels d'offres pour de l'énergie éolienne, il n'est pas encore certain qu'un pourcentage de la production devra se faire en Gaspésie ou en Matanie, comme c'était le cas depuis 2003.

De 2003 à 2015, tous les appels d'offres d'énergie éolienne lancés par Hydro-Québec étaient accompagnés d'une exigence : un certain pourcentage des composants des éoliennes devait être fabriqué dans la région désignée de l'éolien, constituée de la Gaspésie, des Îles-de-la-Madeleine et de la MRC de La Matanie.

C'est d'ailleurs ce qui avait favorisé l'implantation d'une usine de Marmen à Matane en 2005.

Quand on fait le bilan de la première ronde d'appels d'offres, ça a atteint les objectifs qui avaient été identifiés au début des années 2000, observe le directeur général de Nergica, Frédéric Côté.

Pour la suite des choses, est-ce qu'on va garder ce modèle-là? Pour l'instant, on n'a pas d'indication claire, mais tant qu'à moi, ce choix est toujours pertinent, ajoute-t-il.

Frédéric Côté est à l'extérieur, devant un arbre. Il affiche un air sérieux.

Le directeur général de Nergica, Frédéric Côté, fait valoir que l'exigence de contenu régional s'est avérée une stratégie efficace, autant pour la Gaspésie et La Matanie que pour Québec (archives).

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Il faut dire que la question ne s'est pas posée depuis plusieurs années, puisqu'en 2016, le gouvernement de Philippe Couillard a mis en veilleuse l'implantation de nouveaux projets éoliens au Québec. Par la suite, lors de son élection en 2018, François Legault s'est montré particulièrement critique face à la filière éolienne.

Or, le vent a tourné en février 2021, lorsque Québec a donné le feu vert au projet Apuiat, sur la Côte-Nord, et qu'Hydro-Québec a annoncé qu'un nouvel appel d'offres, pour 200 à 500 mégawatts d'énergie éolienne, serait lancé dans la prochaine année.

Pour ce qui est d'Apuiat, c'est plutôt une entente de gré à gré, et non un appel d'offres, précise M. Côté. À ma connaissance, ce projet-là n'a pas d'exigence de contenu à produire dans la région désignée, avance-t-il.

Quant à l'appel d'offres à venir, rien n'est encore certain.

À la recherche du prix le plus bas

Tout comme Nergica, la Régie intermunicipale de l'​énergie Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine est également en faveur du maintien de cette stratégie, sous une forme ou une autre. Le président de la Régie, Simon Deschênes, fait d'ailleurs des représentations en ce sens auprès du gouvernement et d'Hydro-Québec.

Dans un contexte de relance économique post-pandémie et alors que le gouvernement a priorisé le fameux panier bleu et les produits québécois, on met sur la table que, dans les nouveaux appels d'offres d'Hydro-Québec, on souhaite qu'il y ait du contenu régional à l'intérieur, affirme M. Deschênes.

Hydro-Québec a une certaine indépendance, mais je crois que c'est un travail du gouvernement du Québec de pouvoir imposer qu'il y ait du contenu régional pour favoriser les entreprises québécoises et, plus précisément, celles de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent.

Une citation de :Simon Deschênes, président de la Régie intermunicipale de l'​énergie Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine

M. Deschênes rappelle toutefois que le gouvernement de la CAQ est à la recherche de l'option la plus économique et que les entreprises de l'Est-du-Québec doivent donc rester compétitives.

Hydro-Québec s'apprête à lancer un appel d'offres pour connaître le prix étalon. Est-ce qu'ils s'assurent d'avoir le meilleur prix en ayant seulement du contenu régional? Malheureusement, la réponse est non. Alors, la difficulté qu'on a, c'est qu'on veut s'assurer que l'éolien conserve un prix compétitif et, pour ça, il faut qu'il y ait de la concurrence, avance-t-il.

La présence de Marmen à Matane, par exemple, est nécessaire, de l'avis de M. Deschênes, pour assurer une telle concurrence. L'usine matanaise fermera ses portes en juillet pour une période d'au moins six mois, faute de travail.

Le maire de Sainte-Anne-des-Monts, Simon Deschênes, devant le parc éolien de Cap-Chat.

Simon Deschênes estime que Marmen pourrait bien vouloir garder son usine de Matane, sachant que de nouveaux appels d'offres sont à venir pour la filière éolienne (archives).

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Par ailleurs, Frédéric Côté fait valoir qu'il est nécessaire de consolider les entreprises québécoises avec un marché local fort pour leur permettre de se démarquer à l'international.

Les projections, c'est que 70 % de la nouvelle électricité qui va se produire à l'international va être en éolien et en solaire. Donc, stratégiquement pour le Québec, il y a lieu d'avoir une réflexion pour se positionner, souligne-t-il.

Ça fait longtemps qu'on dit que ça prend un marché québécois aussi, un marché domestique. Là, il arrive, mais si ça n'avait pas pris six ans à arriver, est-ce que Marmen à Matane serait en opération aujourd'hui?

Une citation de :Frédéric Côté, directeur général de Nergica

Ce que je souhaite, c'est qu'on conserve l'avance qu'on a prise depuis 20 ans. Le Québec, c'est un hub [plaque tournante] en termes d'énergies renouvelables. On peut être très fiers de ce qu'on a réussi au Québec et dans la région de l'Est-du-Québec pour développer cette filière-là; l'Ontario a essayé et n'a pas eu le même succès que nous, indique-t-il.

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