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Confinée, elle devient la seule barista de son village

Une femme fait du café.

Killy-Ann Brunet a vu son cinéma fermée à trois reprises en raison des confinements en Ontario.

Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

Le troisième confinement en Ontario permet à la propriétaire du seul cinéma de Hearst, dans le Nord de l'Ontario, de se réinventer en tant que barista. Un changement permis par la pandémie, mais réfléchi depuis bien avant.

Depuis huit ans, Killy-Ann Chirta voit ses ventes au guichet chuter avec l’arrivée des plateformes de vidéos sur demande.

Tout le monde est sur Netflix, et depuis la pandémie, Disney Plus offre le film en même temps qu’il sort dans les théâtres, dit-elle, frustrée par les gros joueurs de l'industrie qui pourraient bien faire disparaître le 7e art des salles de cinéma, selon elle.

Je publicise mon film sur Facebook et le monde écrit en commentaires : ‘’ Je vais juste le streamer chez nous.'' Tu vois ça, lâchant un gros soupir d’exaspération. Qu’est-ce que je fais à ce point-ci ?

Une citation de :Killy-Ann Chirta, propriétaire d'une salle de cinéma

La pandémie lui donne ainsi le temps de réfléchir à l’avenir de sa salle de cinéma. En 13 mois, la Franco-Ontarienne a pu accueillir des clients pendant seulement 3 mois.

La routine et le style des gens ont changé ces huit dernières années. Je ne pouvais plus dépendre seulement des films pour enfants.

L’expérience client : voilà l’éclair de génie sur laquelle Killy-Ann Chirta tombe par hasard en octobre dernier. Pendant l'été, elle vend de la crème glacée, mais elle se cherchait quelque chose de similaire pour l’hiver.

J’ai commencé à chercher : "qu’est-ce que je peux apporter à Hearst, que personne n’a encore ?" Je cherchais aussi quelque chose que personne ne pourrait produire du jour au lendemain. Quand tu es [un village de] 5000 personnes, tu ne veux pas avoir de compétition.

Elle adorait les cafés spécialisés comme Starbucks, un produit qui n’est pas offert dans un rayon de 300 kilomètres.

Aussitôt que je sors de la ville, je m’en vais au Starbucks. J’ai alors commencé à regarder des cours de baristas.

Une femme fait un café spécialisé.

Killy-Ann Chirta a profité du 2e confinement en Ontario pour offrir de nouveaux décors à son cinéma. L'expérience client commence par l'atmosphère charmante et décontractée de son café.

Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

En octobre dernier, l'entrepreneure termine sa certification de barista à Toronto. Après sa formation, elle réalise que c'est la chose qui manque à sa communauté: des cafés spécialisés.

Une passion qu’elle n’aurait peut-être jamais découverte sans cette pause forcée.

La pandémie m’a juste donné le temps de m’asseoir, mentionne-t-elle au bout du fil. Je l’aurais fait, mais peut-être pas aussi drastique que là.

Depuis octobre, Killy-Ann Chirta en a mis des heures à peaufiner sa nouvelle passion.

Comment calibrer la machine ? Comment offrir un café toujours consistent ? C’est ça que j’adore, se réjouit-elle. On va commencer le café froid, ce n’est pas aussi simple que de faire du café et de le mettre dans le réfrigérateur.

L’artiste du café a appris pendant sa période de réflexion que son café forme un tout : de la présentation, la façon que tu te présentes, les décorations, jusqu’au produit. Tout doit être ensemble. Ce sont des choses que j’ai pu tout mettre en place avec mon éducation.

La journée où elle ouvre son café, son cinéma fait salle comble pour le grand retour de Godzilla (Nouvelle fenêtre).

Un café avec de la mousse.

Un café servi au commerce.

Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

Le lendemain, le confinement recommençait, raconte-t-elle visiblement découragée par le gouvernement ontarien qui considère son entreprise comme non essentielle.

Elle espère que cette nouvelle passion qui bouillonne en elle saura attirer la clientèle à la réouverture des salles de cinéma.

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