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Québec débloque 222,9 millions pour lutter contre la violence conjugale

Geneviève Guilbault assise durant un point de presse.

La ministre de la Sécurité publique et vice-première ministre du Québec, Geneviève Guilbault.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada

Quatre mois à peine se sont écoulés en 2021 et dix femmes ont été assassinées par des hommes au Québec, un triste bilan qui a déjà dépassé celui de l'an dernier. Devant ce fléau, le gouvernement de François Legault annonce un plan de près de 223 millions de dollars sur cinq ans pour lutter contre la violence conjugale et les féminicides.

De ces 222,9 millions de dollars annoncés vendredi par la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, 92 millions seront consacrés aux maisons et centres d'hébergement pour femmes victimes de violence conjugale.

Les cas de violence conjugale se multiplient, et les dix féminicides que compte le Québec cette année dépassent l’entendement. Il faut que ça cesse!

Une citation de :Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique

Selon la ministre, cette somme servira à augmenter le nombre de places en hébergement et à améliorer l’offre de services externes d'intervention spécialisée offerts aux femmes victimes de violence par exemple les services téléphoniques, d’accompagnement et les services sociaux.

Les 130 millions restants seront quant à eux consacrés à de futures annonces, notamment pour renforcer les services qui viennent en aide aux hommes violents.

Des annonces seront aussi faites prochainement à propos de cellules d'intervention. Les organismes qui luttent contre la violence conjugale bénéficieront aussi de ces sommes.

Des resserrements de la répression judiciaire envers les comportements violents et la violence conjugale font aussi partie du plan de Québec tout comme l'ajout d'effectifs en violence conjugale au sein des corps de police, des services correctionnels et du Directeur des poursuites criminelles et pénales, précise Québec dans un communiqué.

Toujours en matière de justice, le gouvernement intégrera aussi le principe de la poursuite verticale en matière de violence conjugale et d’agressions sexuelles, afin que les victimes puissent être accompagnées d’un seul et même procureur tout au long des procédures judiciaires contre leur agresseur.

Les annonces qui auront lieu au cours des prochaines semaines viseront aussi à bonifier les services offerts aux Premières Nations et aux Inuit, a assuré Geneviève Guilbault.

Le Québec renforce ses mécanismes de lutte contre la violence conjugale

Réponse aux critiques

En tenant compte des 180 millions de dollars annoncés l'an dernier ainsi que les 22,5 millions contenus dans son dernier budget, le gouvernement Legault a consacré plus de 425 millions de dollars à la lutte contre la violence conjugale depuis son arrivée au pouvoir, a précisé la ministre Guilbault en réponse aux critiques selon lesquelles son gouvernement n'accorde pas assez de ressources à ce grave problème.

Des intervenantes en maison d'hébergement pour femmes qualifiaient récemment de « miettes » les fonds octroyés par Québec aux organismes d'aide aux victimes.

Face à cette pluie de reproches, le ministre des Finances Eric Girard avait indiqué que des « sommes supplémentaires » pourraient être débloquées, si nécessaire.

Peu de temps avant le dépôt du budget, la ministre Guilbault avait souligné que la CAQ avait déjà augmenté de 30 % le financement des maisons d'hébergement pour femmes.

Sur le terrain, les organismes ont pourtant offert un tout autre portrait : les demandes de soutien explosent, les lignes téléphoniques ne dérougissent pas et les places d'accueil manquent, faute de moyens.

À lui seul, l'organisme SOS violence conjugale dit avoir reçu plus de 35 000 demandes cette année.

Besoin d'aide?

SOS violence conjugale

Le plan présenté aujourd’hui par la ministre Guilbault est arrivé comme une bouffée d’oxygène pour plusieurs organismes de premières lignes qui tiennent les services aux femmes en détresse à bout de bras depuis des années. C'est le cas de l’Alliance des maisons d’hébergement de 2e étape (Alliance MH2) qui accueille la mesure avec une grande joie.

Dans un communiqué, l’Alliance MH2 explique qu’en regard des récents investissements fédéraux de 600 millions pour lutter contre la violence fondée sur le genre et 625 millions pour la création de logements sociaux pour les femmes du pays, les gouvernements semblent vouloir se doter des moyens nécessaires pour mener des actions efficaces en matière de lutte à la violence conjugale et de prévention des féminicides.

Après des années de revendications, l’Alliance MH2 accueille avec beaucoup d’enthousiasme l’action du gouvernement pour le déblocage de 323 nouvelles places en maison d’hébergement de 2e étape en attente depuis plus d’un an et demi, se félicite l’Alliance, qui représente 26 maisons d’hébergement pour femmes.

Situation de crise

Depuis le 1er janvier, 10 féminicides ont eu lieu au Québec – frôlant ainsi la moyenne annuelle qui se chiffre à environ 12, selon SOS violence conjugale – et le dernier en date est survenu la semaine dernière.

Dyann Serafica-Donaire a été retrouvée sans vie à Mercier, en Montérégie, aux côtés du corps inanimé de son conjoint. La Sûreté du Québec a établi que la femme de 38 ans avait été tuée par ce dernier avant qu'il ne s'enlève la vie.

Le nom de Mme Serafica-Donaire est ainsi venu s'ajouter à ceux de Carolyne Labonté, Kataluk Paningayak-Naluiyuk, Rebekah Harry, Nadège Jolicœur, Myriam Dallaire, Sylvie Bisson, Nancy Roy, Marly Édouard et Elisapee Angma.

L'an dernier, neuf femmes ont été assassinées par leur conjoint ou ex-conjoint, selon le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale.

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