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Analyse

Le Parti libéral du Québec à la défense de la langue française

Dominique Anglade en point de presse.

Dominique Anglade, dit un élu proche de la cheffe, donne des coups de pied dans certains dossiers qui ont traîné en longueur au PLQ.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Après s’être traîné les pieds pendant des années, les libéraux de Dominique Anglade prennent un nouveau virage. Le Parti libéral entend maintenant faire de la défense de la langue française un élément central de son programme.

La cheffe libérale présentera ce matin son plan de match. Un plan qui veut marquer une rupture définitive avec le passé.

Après des mois de discussions, le caucus s’est entendu. Il est unanime, précise un conseiller dans l’entourage de Dominique Anglade, qui assure que le projet est très ambitieux pour les libéraux. Il faut changer la perception générale, ajoute un élu, qui affirme que c’est un mythe de penser que les anglophones et les allophones ne s’intéressent pas au français.

N’empêche, le PLQ n’entend pas brusquer son électorat naturel. Il a donc travaillé de concert avec les communautés pour s’assurer de leur fidélité et de leur appui. Il fallait faire le pont entre les anglophones et les francophones, surtout à Montréal.

Le français dans les cégeps et dans les PME

Le plan Anglade compte 27 mesures. Selon nos sources, les libéraux proposent, dans leur réforme, d’assujettir les petites entreprises de 25 à 49 employés à la loi 101. Ce sera une formule allégée pour éviter de compliquer le fardeau des PME, très touchées par la pandémie. Les entreprises de compétence fédérale devront aussi se conformer à la loi 101.

Pour ce qui est de l’accès aux cégeps anglophones, le PLQ propose que, pour obtenir un diplôme collégial, un étudiant devrait obligatoirement réussir trois cours en français dans son parcours. Ainsi, les collèges anglophones auraient l’obligation d’offrir des cours en français.

Les libéraux n’ont pas l’intention d’avoir recours à la clause dérogatoire. Ce n’est pas dans les cartons de Dominique Anglade de limiter les droits linguistiques des anglophones garantis par la Charte canadienne des droits et libertés.

Une côte à remonter

Les libéraux souffrent d’un déficit de crédibilité quand il s’agit de protéger la langue française et ils en sont conscients.

En 2016, le gouvernement de Philippe Couillard présentait une réforme timide portant sur l’affichage des commerces. Bien des observateurs l’avaient qualifiée de politique de façade. Personne n’a d’ailleurs remarqué de changement significatif dans l’affichage des commerces à Montréal. Pourtant les mesures devaient accroître la place du français. C’était en fait un règlement, sans mordant, qui ne changeait pas la loi et qui donnait trois ans aux commerçants pour se conformer aux changements.

Mais les temps ont changé. Dominique Anglade, dit un élu proche de la cheffe, donne des coups de pied dans certains dossiers qui ont traîné en longueur au PLQ.

Selon plusieurs sources, l’avantage du plan Anglade, c’est qu’il a fait l’objet d’une vaste consultation, et donc, ses mesures devraient rallier les francophones et les anglophones. On espère que cette démarche consensuelle pourra faire contrepoids au projet de la CAQ et rallier le vote francophone dont le PLQ a cruellement besoin.

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