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L'édifice de la Banque du Canada à Ottawa.

La Banque du Canada note une « grande résilience des économies canadienne et mondiale ».

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

J’avais l’impression d’être sur une autre planète mercredi en parlant des prévisions très optimistes de la Banque du Canada et de la reprise des spectacles du Cirque du Soleil, alors que nos bulletins affichaient à la une les inquiétudes nouvelles liées au variant indien du coronavirus.

La réalité, c’est que nous sommes dans la troisième vague, que les variants sont dangereux et que les risques de dérapage demeurent sérieux. Ce qui se passe en Ontario ces jours-ci nous oblige tous à redoubler de prudence.

Mais, parallèlement à cela, la vaccination avance bon train. Nous sommes à 26 % de vaccination dans l’ensemble du pays, à 30 % au Québec, à 40 % aux États-Unis et presque à 50 % au Royaume-Uni. Sachant que l’efficacité des vaccins de Pfizer, Moderna et AstraZeneca est de 60 à 80 % pour la prévention de la maladie dans les deux ou trois semaines après la première dose, les taux de vaccination affichés permettent aux experts de faire des projections très positives pour la suite des choses.

C’est pour cette raison que la Banque du Canada présente une vision franchement optimiste de l’économie. Les restrictions plus sévères imposées au Canada [...] devraient commencer à s’assouplir d’ici la fin mai, écrit la Banque du Canada dans son rapport de la politique monétaire publié mercredi.

Et c’est ce qui lui permet de faire passer sa prévision de croissance du PIB au Canada en 2021 de 4 % à 6,5 %. La croissance sera de 6,8 % dans le monde, selon les nouvelles projections de la banque centrale, de 7 % aux États-Unis, voire de 10 % au deuxième trimestre. La progression du PIB en Chine pourrait atteindre 9,5 % en 2021.

Grande résilience

La Banque du Canada fait deux constats. D’abord, une troisième vague de cas de COVID-19 est en cours et aura un effet important, mais passager, dit-elle. Ses effets seraient plus profonds et plus durables sans la capacité d’adaptation observée durant la deuxième vague et le nombre croissant de personnes vaccinées.

Ensuite, la banque centrale note une grande résilience des économies canadienne et mondiale, soutenues par des mesures budgétaires et monétaires qui demeurent fortes. En fait, la banque a totalement sous-évalué depuis l’automne passé cette grande résilience de l’économie en faisant des projections qui, après coup, ne se sont pas avérées.

La banque prévoyait une hausse de 4,8 % du PIB au 4e trimestre 2020 en variation annualisée. La croissance a été deux fois plus rapide à 9,6 %.

De plus, la Banque du Canada évalue aujourd’hui que la croissance du PIB au premier trimestre de 2021 a été de 7 %. Or, le 20 janvier dernier, elle prévoyait un PIB négatif de -2,5 % pour le premier trimestre. L’écart est spectaculaire et c’est ce qui explique aujourd’hui le changement de ton de la banque centrale.

Avec la vaccination qui est arrivée plus rapidement que prévu et qui se déroule rondement, la Banque du Canada suppose que l’immunité collective au virus sera atteinte au milieu de 2021 aux États‑Unis; plus tard en 2021 au Canada, dans d’autres pays avancés et en Chine; et en 2022 dans d’autres pays émergents.

La Banque s’attend à une croissance des dépenses de consommation dans la deuxième moitié de 2021 lorsque les dépenses pour des services à forte proximité physique augmenteront. Le revenu disponible est élevé, les taux d’intérêt sont faibles, les gens ont beaucoup d’épargne et il en sera ainsi pour un certain temps encore.

Des incertitudes persistent

La banque revoit aussi à la hausse ses projections de production en raison d’investissements plus forts qu’attendu. Avec raison toutefois, elle joue de prudence. De nombreuses questions, écrit-elle, restent sans réponse précise, notamment en ce qui a trait au caractère durable des changements de préférences des consommateurs, à l’ampleur des séquelles sur le marché du travail, aux implications de la faiblesse des investissements au début de la pandémie et aux gains de productivité découlant du déploiement accéléré des nouvelles technologies numériques.

Donc, on comprend bien que la pandémie aura des effets économiques encore à court terme. À moyen terme, nous devons encore prendre la mesure des changements de cette crise sur le monde de la production. Et puis, faut-il le rappeler, la reprise est inégale. Il manque encore 300 000 emplois pour revenir au niveau d’avant-pandémie.

Toutefois, étant donné la croissance démographique, ce sont plutôt environ 475 000 postes qui devraient être créés pour que le taux d’emploi revienne au niveau prépandémie. On note aussi que 3 chômeurs sur 10 sont sans travail depuis 27 semaines ou plus.

Il faudra du temps pour se remettre complètement de la crise actuelle. Cependant, les projections de la Banque du Canada, qui réduit son intervention dans les marchés financiers et qui envoie maintenant des signaux de hausse de taux à la fin de 2022, nous rappellent que 2021 sera vraisemblablement une année de très forte croissance économique.

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