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Sondage : les Témiscabitibiens en faveur de prioriser l’environnement au développement économique

Une pancarte portant l'inscription : Gazoduc GNL en Abitibi-Témiscamingue, ça passe pas.

La Coalition anti-pipeline de Rouyn-Noranda prenait part à la marche organisée pour le Jour de la Terre jeudi dernier. (archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Tanya Neveu

Plus de 8 résidents de l’Abitibi-Témiscamingue sur 10 souhaitent que la protection de l’environnement prime sur le développement économique. La route 117, la connectivité et la pénurie de main-d’œuvre préoccupent aussi la population régionale.

Ces données émanent d’un sondage mené par SOM, au compte de Radio-Canada Abitibi-Témiscamingue.

La protection de l’environnement est une priorité pour 82 % des répondants au sondage SOM, réalisé entre le 10 et le 29 mars auprès de 501 personnes. 18 % des répondants affirment toutefois qu’il faut prioriser le développement économique. L’un ne va pas sans l’autre, croient les intervenants consultés.

Une donnée qui n’étonne pas le président de la Conférence des préfets, Martin Ferron, notamment en raison des groupes environnementaux qui ont porté une voix forte au cours des derniers mois dans la région.

Dans notre analyse, dans nos travaux, dans nos actions, on voit que la priorité, on doit la mettre dans la balance actuellement pour nos projets, peu importe le projet. Que ce soit en développement économique, minier, forestier, on doit avoir le réflexe de penser environnement, croit Martin Ferron.

Le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Rouyn-Noranda, David Lecours, arrive à la conclusion que les gens sont de plus en plus sensibilisés à la protection de l’environnement et qu’il est maintenant impossible de développer des projets sans considérer cet aspect.

Je ne pense pas qu’on doit mettre en opposition le développement économique et l’environnement. Ce que je constate, c’est que l’environnement fait maintenant partie de notre vie et des préoccupations de tout le monde, il n’y a plus de débat à ce sujet-là. Ce que je comprends de ces chiffres-là, c’est que l’économie de la région va bien malgré la pandémie. Comme l’économie va bien, les gens se demandent-ils si le développement économique est une priorité?, se questionne-t-il.

La 117, un enjeu régional

Les gens de l’Abitibi-Témiscamingue ont aussi été questionnés sur les dossiers qu’ils jugeaient prioritaires pour leur région.

22 % des répondants souhaitent voir une amélioration de la route 117.

La récente création d’un bureau de projet qui doit se pencher sur la sécurisation de cette route très achalandée confirme qu’il s’agit d’une priorité régionale, croit le président de la Chambre de commerce et d’industries de Rouyn-Noranda, David Lecours.

Les gens sont sensibilisés au fait qu’ailleurs, dans les autres régions, les infrastructures routières qui sont achalandées comme la 117 sont beaucoup mieux entretenues, elles ont beaucoup plus d’allure. Nous aussi on a le droit d’avoir une 117 qui a du bon sens. Ça me réjouit que ça sorte comme priorité, dit-il.

À 18 %, les gens ont répondu qu’il fallait améliorer la couverture cellulaire et Internet. La pénurie de main-d’œuvre a aussi obtenu le même pourcentage.

Attirer et retenir

Pour contrer cette pénurie de main-d’œuvre qui sévit partout au Québec, l’Abitibi-Témiscamingue doit tirer son épingle du jeu et trouver des solutions astucieuses et créatrices.

C’est du moins ce que croit la directrice générale de l’Agence d’attractivité de l’Abitibi-Témiscamingue, Randa Napky. Créé il y a près de deux ans, l’organisme a pour objectif, conjointement avec toutes les MRC, d'attirer les travailleurs et les étudiants dans la région.

Ça vient hypothéquer notre développement, énormément. Il faut vraiment trouver des façons d’attirer du personnel de soins infirmiers, dans les technologies, les mines, les hôtels, les services, parce qu’on va perdre notre vitalité économique. La chance qu’on a en Abitibi-Témiscamingue, c’est que quand on se regroupe et on s’unit, oh my god, on peut déplacer des montagnes. Je pense qu’on est rendu là, affirme Randa Napky.

La pénurie de main-d’œuvre fait aussi partie des dossiers prioritaires identifiés par la Conférence des préfets de l’Abitibi-Témiscamingue.

On travaille sur ce dossier-là. Ça devra se faire à une vitesse grand V pour ne pas se retrouver avec des problématiques plus importantes, surtout en santé, croit le président, Martin Ferron.

Le tiers des répondants affirme que l’attraction de la main-d’œuvre passe par l’augmentation du nombre de logements abordables.

Méthodologie :

Ce sondage téléphonique a été mené auprès de 501 adultes de l’Abitibi-Témiscamingue du 10 au 29 mars 2021. La marge d'erreur de 5,1 % au niveau de confiance 95 %.

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