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Le vaccin attendu avec impatience dans le quartier Seven Oaks de Winnipeg

Gordon Campbell est debout et regarde la caméra.

Gordon Campbell est un enseignant à la retraite qui habite dans le quartier Seven Oaks. En attendant d'être vacciné, il dit faire très attention à ne pas contracter le coronavirus.

Photo : Radio-Canada / Camille Kasisi-Monet

Radio-Canada

Au moment où la santé publique prévoit de vacciner en priorité les Manitobains des zones géographiques plus à risque, des résidents du quartier Seve Oaks de Winnipeg ont hâte de pouvoir être immunisés contre la COVID-19.

Seven Oaks est un quartier où le nombre de cas d’infection au coronavirus est élevé, notamment en raison de certains facteurs sociodémographiques. On y recensait jeudi 108 cas actifs. Ses habitants sauront, vendredi, si leur quartier est désigné prioritaire par la province pour la vaccination.

Seven Oaks en quelque chiffres

  • 42 % de la population est issue de l’immigration
  • 49 % a une scolarité secondaire ou moindre
  • le revenu médian par personne est de 33 000 $

Source : données du recensement 2016

Le professeur à l’école de travail social de l’Université de Saint-Boniface, David Alper, reconnaît que vacciner les populations des quartiers défavorisés est une bonne stratégie. La pauvreté est le facteur déterminant le plus important sur la santé, dit-il.

Selon lui, les personnes racisées sont plus susceptibles d’occuper des emplois dans les services publics et la vente au détail et elles utilisent davantage les transports en commun. C’est entre autres pourquoi elles seraient plus vulnérables au coronavirus, selon le professeur.

Mais David Alper ne croit pas que la création de zones géographiques ciblées soit suffisante pour contrer les effets de la pandémie. Il mentionne que c’est plutôt un ensemble de mesures qui devraient être adoptées par les autorités sanitaires. Des campagnes de communication ciblées en plusieurs langues pourraient ainsi être mises en place.

Un grand désir d’être vacciné

Des Winnipégois rencontrés dans le quartier Seven Oaks racontent qu'ils voudraient être vaccinés le plus rapidement possible.

Ainsi, Pauline Fherk est une employée d’un lave-auto de Seven Oaks qui habite dans le quartier River East. Elle a peur de la COVID-19 en raison de ses problèmes cardiaques. Elle travaille avec le public, et affirme que plusieurs personnes ne respectent pas les consignes sanitaires. C’est surtout à son lieu de travail qu’elle craint de contracter le virus. C’est pourquoi elle voudrait que le vaccin soit accessible à tous, pas seulement aux personnes vivant dans des quartiers ciblés.

Gordon Campbell, un enseignant à la retraite qui habite dans le quartier, a décidé de s’isoler et de porter des gants à l’extérieur de la maison.

Je vis dans un quartier vulnérable alors je limite mes déplacements à l’épicerie et aux courses nécessaires. Je ne vais plus dans les dépanneurs, dit l’enseignant retraité.

Gordon Campbell dit avoir tenté de prendre rendez-vous pour se faire vacciner, mais n’a trouvé aucun endroit où une place était libre.

Mamie Kioekertom, une étudiante âgée d'une vingtaine d’années, aimerait aussi pouvoir être admissible à la vaccination. Elle pratique la gymnastique; exercer ce sport en portant un masque, dit-elle, est difficile.

Pour David Alper, bien que la vaccination dans les régions plus précaires ne soit pas une mauvaise idée, il ne faudrait pas uniquement s’en tenir à des facteurs géographiques. Il faudrait aussi que la vaccination soit accessible aux personnes avec des corps de métiers plus à risque, tels les chauffeurs d’autobus ou les travailleurs d’usine, qui résident souvent dans les quartiers plus défavorisés, mais qui sont portés à se déplacer à travers la ville.

La santé publique, qui a précisé mercredi certains des changements apportés à sa campagne de vaccination, doit annoncer vendredi quelles seront les zones géographiques ciblées en priorité. Tous les résidents de 18 ans et plus de ces zones pourront se faire vacciner, ainsi que des personnes qui n'y habitent pas mais qui y occupent certains types d'emploi.

Avec des informations de Camille Kasisi-Monet

Découvrez-vous comment fonctionnent les vaccins contre le SRAS-CoV-2.

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