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Ma cabane à la maison : « une bouée de sauvetage » pour les érablières

Depuis février, ce sont plus de 110 000 boîtes qui ont été commandées.

Richard Lessard se tient devant une table pleine de produits de l'érable.

Richard Lessard estime que les boîtes vendues l'ont aidé à payer ses frais fixes.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Kassandra Nadeau-Lamarche

Les cabanes à sucre ont crié à l’aide et les Québécois semblent avoir répondu à l’appel. L’initiative « Ma cabane à la maison » a permis aux érablières de garder la tête hors de l’eau alors qu’elles vivaient une deuxième saison en temps de pandémie.

Avec Ma cabane à la maison, les érablières québécoises proposaient une plateforme en ligne sur laquelle la population pouvait commander des boîtes contenant un repas de cabane à sucre complet. Près de deux mois après le lancement de l’initiative, environ 500 000 repas (équivalent à plus de 110 000 boîtes) ont été achetés.

Pour la cofondatrice Stéphanie Laurin, il n’y a aucun doute que l’initiative a permis de sauver plusieurs entreprises. On avait déjà perdu énormément de cabanes à sucre au combat. Et sans "Ma cabane à sucre à la maison", les statistiques démontrent que nous serions un peu moins d'une cinquantaine encore présentes après le printemps que nous venons de vivre.

Toutefois, Mme Laurin ne sait pas pour l'instant combien des 70 cabanes à sucre participantes seront sauvées par l'initiative. Les retombées économiques de la vente de ces boîtes sont estimées à 11,5 millions de dollars.

Un repas d'érablière étendu sur une table.

Les boîtes contenaient les produits nécessaires pour préparer un repas traditionnel de cabane à sucre.

Photo : Radio-Canada / Hugo Pothier

L’Érablière du Lac-Beauport a pour sa part vendu plus de 2500 boîtes gourmandes. Selon le copropriétaire Richard Lessard, les ventes n’ont pas été suffisantes pour compenser toutes les pertes financières. Il assure toutefois que Ma cabane à la maison a eu l'effet d'une bouée de sauvetage.

On a quand même les frais fixes à payer. Quand les taxes municipales arrivent, l'électricité, l'assurance, et ce sont des montants qui sont incroyables à payer, mais il faut les payer pareils.

Une citation de :Richard Lessard, copropriétaire, Érablière du Lac-Beauport

En soi, l’entrepreneur estime que la visibilité qui a été donnée aux érablières valait la participation à l’initiative.

Presque une saison normale

À l’Érablière du Cap, à Saint-Nicolas, dans Chaudière-Appalaches, on misait tout sur cette initiative. En deux mois, la cabane à sucre familiale a vendu plus de 6000 boîtes, et les propriétaires ont atteint leur objectif. Ça nous a permis de faire une année qui ressemble beaucoup à une année normale, souligne la copropriétaire Christine Tardif.

La propriétaire prépare des boîtes-repas.

Christine Tardif et sa famille ont vendu plus de 6000 boîtes de Ma cabane à la maison.

Photo : Radio-Canada / Hugo Pothier

Même si cette tempête est traversée, les inquiétudes sont toujours là. À l’Érablière du Cap, les activités s’étendent généralement au-delà de la saison des sucres, avec l’accueil des touristes à l’année, et l’organisation de réceptions de mariages, fêtes de Noël et autres événements, éléments qui pourraient encore une fois être manquants cet été.

C’est sûr que début mai on se rassoit pour faire le budget, pour être sûrs de survivre aux prochains mois et être au rendez-vous le printemps prochain.

Une citation de :Christine Tardif, copropriétaire de l'Érablière du Cap

À Lac-Beauport, les propriétaires ont pris la décision de fermer à nouveau la cabane à sucre pour l’instant, ne voyant aucune occasion d’ouvrir leurs portes au cours des prochains mois.

Façade de la cabane à sucre.

L'Érablière du Lac-Beauport devrait fermer ses portes encore pour quelques mois.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Des idées pour l’avenir

Certaines cabanes à sucre comptent continuer de vendre leurs boîtes tout au long de l’année. Et déjà, les érablières prévoient reproduire l’expérience le printemps prochain, même une fois les rassemblements permis. Stéphanie Laurin estime que l’engouement a été suffisant pour justifier un retour.

Elle ajoute que l’initiative a aussi permis de penser à une nouvelle façon de faire rayonner l’industrie à l’extérieur du Québec. On est très heureux de déguster des vins de la vallée d'Okanagan. Mais pourquoi ne pas déguster un repas de cabane à sucre à Vancouver?

Avec des informations de Marc-Antoine Lavoie

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