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Québec 2030 : un nouveau projet olympique sans appui politique

Un extrait de la vidéo promotionnelle dévoilée jeudi par le comité Québec 2030.

Un extrait de la vidéo promotionnelle dévoilée jeudi par le comité Québec 2030

Photo : Québec 2030

Le comité citoyen Québec 2030 a finalement levé le voile sur son projet olympique jeudi midi. Si l’idée d’une nouvelle candidature pour la ville semble rallier des gens d’affaires et des athlètes de haut niveau, elle n'ira nulle part sans appuis politiques. Or, ces derniers sont pour l’instant inexistants.

Outre le lancement d’un site Internet en novembre, l’équipe derrière Québec 2030 s’était jusque-là montrée très discrète. La conférence de presse virtuelle tenue jeudi a donc à tout le moins prouvé le sérieux de la démarche.

Le fondateur du comité, Mark Charest, s'était entouré d’hommes d’affaires crédibles et d’athlètes connus. Les médaillés olympiques Charles Hamelin, Mikaël Kingsbury et Kim Lamarre ont tous trois donné leur appui au projet.

Tous les intervenants présents étaient toutefois conscients de l’éléphant dans la pièce au moment de présenter le plan élaboré pour accueillir les Jeux d’hiver 2030 à Québec. Le projet a récemment été balayé du revers de la main par le maire de Québec et le gouvernement Legault.

Les candidatures olympiques, c’est compliqué, c’est coûteux et on n’a pas ça sur notre planche à dessin actuellement, a rappelé la vice-première ministre du Québec, Geneviève Guilbault, jeudi.

La semaine dernière, Régis Labeaume s’était montré encore plus clair au sujet d’une potentielle candidature pour 2030. Ça ne donne rien, c’est utopique, ça n’arrivera pas. On n’a pas d’énergie à mettre là-dessus, a tranché le maire de Québec.

Un projet impossible sans l’appui de la Ville

La position de Régis Labeaume à ce sujet est la même depuis que Mark Charest l’a informé pour la première fois de sa démarche, en 2019. Ce dernier prend donc le pari d’essayer de rallier la communauté d’affaires et la population à son projet pour convaincre les différents ordres de gouvernement de changer leur fusil d’épaule.

À ce jour, on a plus de 1000 entreprises qui nous appuient. C’était notre but premier de démontrer qu’il y a un intérêt primaire au projet.

Une citation de :Mark Charest, fondateur du comité Québec 2030
Mark Charest en conférence de presse

Le promoteur Mark Charest, fondateur du comité Québec 2030

Photo : Radio-Canada

N’empêche, admet le promoteur, la candidature ne pourra pas aller de l’avant sans l'appui de l’administration municipale. D’ici là, même le Comité olympique canadien ne peut considérer sérieusement la candidature de Québec à l’échelle nationale. Le tout alors que la Ville de Vancouver a déjà manifesté son intérêt, sous certaines conditions.

Idéalement il faudrait qu’on ait aligné nos flûtes avec la mairie de Québec à la fin de l’été ou à l’automne pour qu’on puisse tomber en mode précandidature et faire nos devoirs pendant un an, estime Mark Charest. Une candidature officielle pour les Jeux de 2030 devrait être déposée au début de l’année 2023.

Faire confiance au CIO 2.0

Quant au projet en tant que tel, le comité Québec 2030 chiffre son budget très provisoire à 5 milliards $. Certains chiffres font un peu sourciller. Le montant prévu pour la sécurité est environ le même que ce qu’a déboursé la ville de Vancouver pour les Jeux de 2010, soit 1 milliard $.

Si le comité Québec 2030 ne croit pas que ce montant aura explosé 20 ans plus tard, c’est en raison de l’agenda 2020 du Comité international olympique, explique le vice-président François Houle. Une réforme annoncée pour réduire les coûts d’accueil des JO et repenser la compétition dans une perspective de développement durable.

La couverture de la présentation du projet Québec 2020.

Le comité Québec 2030 estime que la réforme annoncée du CIO évitera les maux de tête qu'avait eus l'équipe de Québec 2002.

Photo : Ville de Québec

Cette réforme fait d’ailleurs croire au comité que Québec n’aurait pratiquement pas besoin de construire de nouvelles infrastructures sportives. La piste de bobsleigh de Calgary ou Vancouver pourrait accueillir quelques épreuves, a-t-on évoqué, et l’épreuve de descente en ski pourrait se dérouler sur une plus petite montagne, dans Charlevoix.

L’absence d’une montagne de ski avec 800 m de dénivelé, rappelons-le, avait plombé la candidature de Québec en 2002 et 2010. La Fédération internationale de ski a de nouveau refusé une dérogation à cette exigence aux derniers Jeux d’hiver, à Pyeongchang, mais François Houle croit en la réforme annoncée du CIO.

Tout est là. Il faut avoir confiance en cette réforme-là pour avoir les Jeux à Québec. C’est la base de notre réflexion, lance-t-il.

Reste à voir, maintenant, si son comité peut convaincre une ville qui s’est sentie trahie par le CIO il y a 25 ans de lui faire confiance à nouveau.

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