•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le ton monte entre le CP et le CN dans la bataille pour acquérir l'américaine KCS

Une locomotive du CN à l'arrêt devant un feu de circulation de voie ferrée à proximité d'un stationnement de voitures.

Une locomotive du CN à l'arrêt à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

La Presse canadienne

Le ton monte entre les deux plus grands chemins de fer au pays, désormais au coeur d'un duel au cours duquel le transporteur ferroviaire américain Kansas City Southern (KCS) est convoité.

Dans une lettre adressée au conseil d'administration du chemin de fer américain, le président et chef de la direction de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada (CN), Jean-Jacques Ruest, a répliqué au Chemin de fer Canadien Pacifique (CP) en l'accusant de distraire les investisseurs avec diverses allégations erronées et sans fondement.

Les déclarations du CP n'ont pas pour but d'avantager les actionnaires de KCS; elles visent plutôt à favoriser les intérêts du CP et à priver les actionnaires de KCS de la pleine valeur de leurs actions, peut-on lire dans la missive diffusée jeudi.

Un homme en gros plan arbore un regard défiant.

Le président et directeur général du CN, Jean-Jacques Ruest, prononce une allocution lors d'une rencontre d'affaires tenue à Montréal le 25 avril 2019.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

D'après M. Ruest, l'entreprise de Calgary n'a pas reconnu la supériorité considérable et manifeste de la proposition en espèces et en actions du transporteur ferroviaire montréalais pour les actionnaires de KCS. L'offre du CN est évaluée à 33,7 milliards de dollars américains, soit 3,25 $ US par action, ou 50 $ US de plus par action que celle du CP.

Les actifs ferroviaires de KCS au Mexique font du transporteur une cible de rachat enviable depuis longtemps. Les deux chemins de fer canadiens souhaitent chacun être propriétaire d'un réseau qui traverse les États-Unis jusqu'au Mexique.

Mercredi, sans faire allusion à une possible surenchère, le chef de la direction du CP, Keith Creel, avait décoché plusieurs flèches en direction de son rival. Il avait notamment exprimé des doutes quant à la réalisation de l'offre déposée mardi par l'entreprise montréalaise en insinuant qu'elle n'obtiendrait pas l'approbation des autorités réglementaires américaines en raison de son impact négatif sur la concurrence.

Un homme ouvre la porte d'un immeuble à côté d'une pancarte en anglais annonçant une assemblée générale d'actionnaires.

Le président et directeur général du CP, Keith Creel, ouvre la porte aux actionnaires lors de l'assemblée générale du 10 mai 2018 à Calgary.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

M. Creel avait affirmé qu'un regroupement des activités du CN et de KCS déstabiliserait l'équilibre du réseau ferroviaire en Amérique du Nord qui, jusqu'à présent, a résisté à une consolidation supplémentaire des six plus grands chemins de fer pendant deux décennies. Il avait ajouté que cela désavantagerait le CP en faisant de lui le joueur de trop dans le marché nord-américain.

Sur ce point, M. Ruest a rétorqué que la condition d'approbation réglementaire des chemins de fer qui importait était celle pour la mise en place d'une fiducie de vote, et que les deux transporteurs étaient dans une situation identique à cet égard. Une fiducie de vote permettrait aux actionnaires de KCS de recevoir un paiement de contrepartie complet sans avoir à attendre l'approbation finale de l'opération par le Surface Transportation Board (STB) – l'organisme de réglementation américain qui régit les fusions des chemins de fer.

Le regroupement proposé par le CN favorise clairement l'intérêt public; il améliorera la concurrence et produira des avantages considérables pour les clients, les collectivités et le personnel, a fait valoir M. Ruest.

Depuis que le CN est entré dans la danse, les analystes financiers se demandent notamment si le CP fera grimper les enchères en plus de se pencher sur les raisons ayant incité le chemin de fer montréalais à finalement présenter une offre.

L'avis des analystes

Konark Gupta, de la Banque Scotia, a indiqué, dans une note envoyée par courriel, que le CP semblait continuer de croire que sa proposition demeurait supérieure dans sa mouture actuelle, même si le prix est inférieur à celui offert par son concurrent.

Il semble que le CP ne souhaite pas faire grimper les enchères, à moins que KCS [ne se range derrière la proposition du CN], a écrit l'analyste.

Du côté de la Financière Banque Nationale, Cameron Doerksen a souligné que l'argument du CP selon lequel un regroupement avec le transporteur ferroviaire américain ne soulèverait pas de problèmes en matière de concurrence était convaincant.

Les investisseurs devraient être à la recherche de l'opinion des clients vis-à-vis la proposition du CN comme indicateur potentiel de la probabilité du STB de considérer un regroupement avec KCS, a écrit l'analyste.

Jusqu'à présent, les autorités réglementaires américaines ont reçu plusieurs centaines de lettres émanant de clients ferroviaires favorables au CP. L'offre du CN devrait également récolter des appuis à ce chapitre.

Jeudi, à la Bourse de Toronto, le titre du CN a retraité pour une troisième séance consécutive. Il a clôturé à 137,23 $, en baisse de 1,36 $, ou environ 1 %. De son côté, l'action de la société ferroviaire albertaine a avancé de 14,96 $, ou 3,4 %, pour terminer à 458,96 $.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !