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Réduction des GES : le Canada en retard, disent les environnementalistes

Un site pétrolier près d'une rivière.

Le Canada ne s'impose pas en chef de file de la lutte contre les changements climatiques, disent les environnementalistes.

Photo : La Presse canadienne

Qualifiée de « réaliste » par le gouvernement fédéral, la nouvelle cible canadienne de réduction des gaz à effet de serre (GES) annoncée au sommet sur le climat déçoit les environnementalistes qui considèrent qu'en raison de son manque d'ambition, le Canada devient « un retardataire » en matière de protection du climat.

Lors de ce sommet, organisé par le président américain Joe Biden, le Canada a annoncé qu’il voulait réduire ses émissions de GES de 40 % à 45 % d'ici 2030 par rapport au niveau de 2005, une cible de 10 % à 15 % moins élevée que celle dévoilée par les États-Unis ou l’Union européenne, laquelle va même jusqu’à accepter une diminution de ses émissions par rapport au niveau de 1990.

La nouvelle cible canadienne fait donc dire aux groupes environnementalistes que les ambitions canadiennes ne sont pas à la hauteur de ce qu’on attendait.

Nous avons l'objectif de réduction des émissions de carbone pour 2030 le plus faible des pays du G7, déplore le groupe Environmental Defence.

Quant à Patrick Bonin, de Greenpeace, il fait remarquer qu’il faut respecter les exigences de la science, et qu’au rythme que prend le Canada, il sera impossible d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris, qui est de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré par rapport aux niveaux préindustriels.

Mais à Ottawa, le ministre de l’Environnement, Jonathan Wilkinson, a assuré qu'il pourrait atteindre un tel objectif.

Lors d’un discours jeudi à l’occasion du Jour de la Terre, M. Wilkinson et son collègue ministre Steven Guilbeault, cofondateur et ex-porte-parole d'Équiterre, ont en effet vanté le plan canadien.

Ce qui est indéniable, c’est que nous sommes dans l’action. […] Je suis très fier de notre plan contre les changements climatiques, un des plans les plus détaillés au monde et qui nous permet d’atteindre notre cible ambitieuse, mais surtout atteignable, a lancé M. Guilbeault.

Secteur pétrolier et environnement ne font pas bon ménage

Pour les environnementalistes, le problème canadien est particulièrement lié à l’expansion du secteur pétrolier, un sujet qui n’a d’ailleurs pas été abordé par les ministres Wilkinson et Guilbeault.

Il faut arrêter de donner des subventions au secteur pétrolier et plafonner la production de pétrole. Il est impossible d’atteindre nos objectifs si on ne s’attaque pas à ce secteur-là, assure Patrick Bonin.

Sabaa Khan, de la Fondation David Suzuki, est du même avis. L’expansion du secteur pétrolier est incompatible avec ce qu’on veut atteindre, pense-t-elle.

Pour sa part, le ministre Guilbeault est d’accord avec le fait qu’il faut réduire notre dépendance aux combustibles fossiles. Mais cela passe par la réduction de la demande avant celle de l’offre, selon lui, grâce à des investissements massifs dans le transport collectif et actif.

Cibles plus ou moins ambitieuses?

Autant M. Bonin que Mme Khan sont persuadés qu’il est possible pour le Canada de se fixer une cible de réduction des GES plus ambitieuse.

Tous les deux citent d’ailleurs une étude commandée par sept organisations environnementales, et menée par EnviroEconomics et Navius, qui tente de démontrer qu’il serait possible pour le Canada de réduire ses émissions de GES de 60 % d'ici 2030.

Cela prend du courage et de la volonté politique. Mais si on est capable d’envoyer un robot-hélicoptère sur Mars, on peut y arriver, conclut Patrick Bonin.

Cette cible de 60 % de réduction des GES est aussi celle qui est réclamée par le Parti vert à Ottawa.

Quant au NPD, il la fixerait plutôt à 50 %.

Les conservateurs considèrent pour leur part qu’une cible de 30 % est toujours appropriée, pour atteindre […] les cibles de Paris, mais en même temps créer des emplois pour les Canadiens après la pandémie.

Avec les informations de La Presse canadienne

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