•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Décès dans les CHSLD : l'absence des aidants naturels a fait mal, selon la coroner

Une femme se déplace dans un couloir en fauteuil roulant.

La pandémie a mis en lumière le rôle essentiel que jouent les aidants naturels dans les CHSLD.

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

L'enquête de la coroner sur les décès survenus au CHSLD René-Lévesque de Longueuil a mis en lumière l'apport des aidants naturels : lorsqu'ils n'ont pu visiter leurs proches ni aider à leur donner des soins durant la pandémie, leur absence s'est fait durement sentir.

Cette semaine, l'enquête publique de la coroner s'est déplacée à Longueuil.

Me Géhane Kamel a pour mandat d'enquêter sur les décès survenus en CHSLD et autres résidences pour aînés et personnes vulnérables lors de la première vague de la pandémie de COVID-19, au printemps 2020.

Comme dans bien d'autres de ces résidences, il manquait de personnel au CHSLD René-Lévesque avant la crise sanitaire, une situation qui s'est aggravée lors de celle-ci, ont relaté plusieurs témoins depuis lundi.

Mercredi, une préposée aux bénéficiaires a expliqué que, lorsqu'elle voyait la famille d'un résident arriver à l'heure d'un repas, elle était très contente.

Faire manger 16 résidents, c'est dur, a-t-elle rapporté. L'aide de la famille la soulageait : Ça nous enlevait une charge de travail.

Lorsque les visites au CHSLD ont été interdites à la mi-mars, selon une directive de la santé publique qui cherchait à protéger les résidents, ça a eu un impact sur les soins, a-t-elle relaté. Elle croit qu'il est fort possible dans cette période digne d'une zone de guerre que le personnel ait manqué de temps pour bien hydrater les résidents.

Micheline Guimond est la conjointe d'Yvan Luc Brodeur, qui habitait au CHSLD René-Lévesque. Elle allait voir son conjoint tous les jours avant cette interdiction de visite et le faisait boire et manger.

Elle est convaincue qu'il n'a pas assez bu d'eau lors de la pandémie, ce qui a entraîné sa déshydratation et éventuellement sa dénutrition.

En raison de sa démence, l'homme avait de la difficulté à s'alimenter et à s'hydrater et refusait souvent des soins, ont indiqué plusieurs membres du personnel soignant.

Mme Guimond avait fait des démarches pour être admise au CHSLD et s'isolait chez elle sans voir personne afin de pouvoir convaincre la résidence de la laisser entrer. Elle n'a toutefois pas eu cette permission.

Quand elle allait s'occuper de son conjoint, il n'a pas manqué d'eau, a-t-elle dit à la coroner.

Il faut un protocole de distribution d'eau aux résidents, même en temps de crise, a-t-elle dit en questionnant une médecin qui a témoigné jeudi. Elle croit qu'il s'agit de la cause du décès de son conjoint.

Celle-ci n'a pas été révélée publiquement, mais la coroner l'a assurée qu'elle serait indiquée dans son rapport final.

Au CHSLD René-Lévesque, 118 résidents ont été infectés par la COVID-19 lors de la première vague de la pandémie et 54 d'entre eux ont succombé à la maladie.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !