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Quand les voyageurs mettent sous pression les agents des services frontaliers du Canada

Le poste-frontière américain à l'entrée du tunnel reliant les villes de Windsor en Ontario et de Détroit au Michigan.

Les agents subissent plus de comportements agressifs depuis la mise en place des restrictions.

Photo : Reuters / Rebecca Cook

Avec les exigences de quarantaine et l’ensemble des normes appliquées depuis plusieurs semaines aux voyageurs entrant au Canada, il y a de plus en plus de tension aux frontières.

Le Syndicat des douanes et de l’immigration de Windsor a observé une augmentation inquiétante des comportements agressifs parmi les voyageurs canadiens, son président, Ken Turner.

Cela rend le travail beaucoup plus difficile dans une situation déjà stressante, explique-t-il.

Les résidents canadiens se montrent beaucoup plus hostiles.

Une citation de :Ken Turner, président de la section 18 du Syndicat des douanes et de l’immigration.

La région de Windsor fait partie de celles qui préoccupent le syndicat. Depuis plus d’un an, les déplacements entre le Canada et les États-Unis ne sont désormais autorisés que pour les voyageurs essentiels.

La fermeture de la frontière a d’ailleurs été récemment prolongée jusqu'au 21 mai.

Un homme debout avec un masque qui fait face à la caméra.

Ken Turner s'inquiète de l'agressivité grandissante à laquelle sont confrontés les agents des services frontaliers.

Photo : Dale Molnar/CBC

S’il reconnaît que la gestion du conflit est inhérente au travail des services frontaliers, M. Turner indique que par le passé ces conflits étaient en grande partie liés à des activités criminelles ou à des voyageurs auxquels l'entrée aux États-Unis à partir du Canada était refusée.

Avec les exigences de quarantaine et les règles en constante évolution, les agents des postes frontaliers voient beaucoup plus de belligérance, indique-t-il.

Le Canada impose des tests de COVID-19 aux voyageurs entrants. Ils sont tenus de présenter un test négatif récent, ainsi qu'un plan sur la façon dont ils effectueront une quarantaine de 14 jours.

Ceux qui ne font pas de tests ou qui n’ont pas de plan approprié peuvent être dirigés vers une installation de quarantaine.

Une confusion des rôles

Le stress auquel font face les agents frontaliers n'est pas unique à Windsor, qui est une ville frontalière avec le Michigan.

Cela se passe à différents points d’entrée au Canada, selon M. Turner.

Un agent des douanes travaillant à Niagara a indiqué à CBC que ses collègues et lui voyaient de plus en plus de personnes contrariées, refusant de se mettre en quarantaine et de passer des tests COVID-19.

L’agressivité dont les agents font l’objet naît possiblement d’une confusion des rôles, les restrictions appliquées aux voyageurs étant attribuées aux agents qui ne font pourtant qu’appliquer des mesures imposées par Ottawa.

Dans un courriel envoyé à Radio-Canada, une porte-parole de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) précise les prérogatives limitées du personnel de l’agence.

Elle explique que tous les voyageurs entrant au Canada sont soumis à des mesures strictes de contrôle et de sécurité qui ont pour but de s’assurer qu’ils comprennent leurs obligations en matière de mise en quarantaine et pour vérifier leur plan de mise en quarantaine.

Les décisions qui s’en suivent ne relèvent bien souvent plus des agents frontaliers.

Lorsque des questions sont soulevées quant au plan de mise en quarantaine d’un voyageur, à son état de santé ou aux documents relatifs aux tests moléculaires, les agents des services frontaliers de l’ASFC dirigent le voyageur vers un agent de quarantaine de l’Agence de santé publique du Canada (ASPC) qui déterminera les prochaines étapes, peut-on lire dans le courriel.

Il est important de noter que l’ASFC n’impose pas d’amendes dans le cadre de l’application des exigences de la Loi sur la mise en quarantaine : la décision de poursuivre ou non toute mesure d’exécution liée aux ordonnances de santé publique revient à l’ASPC et/ou à la police compétente.

Une citation de :Extrait du courriel de l’ASFC

La prise en charge de voyageurs, une fois les frontières canadiennes franchies, relève donc de l’Agence de la santé publique du Canada.

Une fois qu’un voyageur est admis au Canada, la responsabilité de surveiller et de suivre les personnes admises dans une perspective de santé publique ne fait pas partie de la portée ou du mandat de l’ASFC. Cette responsabilité relève du mandat de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) et des autorités sanitaires provinciales, indique le courriel.

Une bonne nouvelle malgré tout

En plus des frustrations grandissantes liées aux comportements des voyageurs, les agents des services frontaliers doivent souvent travailler en prenant des risques.

La section syndicale de Windsor représente 540 employés locaux, dont 300 qui sont en première ligne.

Jusqu'à présent, ils ont travaillé sans être vaccinés, à l’exception de quelques-uns qui se sont peut-être qualifiés pour d'autres raisons, selon M. Turner.

Cela a toutefois changé mercredi, lorsque l'inscription pour la vaccination a été ouverte aux agents des services frontaliers locaux.

Avec les informations de CBC

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