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La présence du variant de l'Inde au Canada « renforce l'urgence d'agir »

Le variant de l'Inde, détecté en Colombie-Britannique et au Québec, inquiète des experts qui réclament davantage d'action de la part des autorités sanitaires.

Des gens marchent et d'autres montent dans un autobus sur la rue Granville à Vancouver.

La présence du variant de l'Inde au pays confirme l’urgence d'agir pour freiner l'ensemble des variants.

Photo : Ben Nelms/CBC

Si les caractéristiques liées à la transmissibilité et à la virulence du variant indien du coronavirus n’ont toujours pas été précisées, sa présence au pays confirme l’urgence d'agir pour freiner l'ensemble des variants, soutiennent des spécialistes.

Le variant B.1.617 soulève de nombreuses questions au Canada, alors qu’un premier cas a été recensé au Québec et que 39 ont déjà été confirmés en Colombie-Britannique.

Les autorités sanitaires de la province de l’Ouest se gardent de le classer officiellement comme étant l’un des variants préoccupants au même titre que les variants britannique (B.1.1.7), brésilien (P1) et sud-africain (B.1351).

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Demandes de mesures urgentes

Je m’inquiète de continuer à voir des variants en provenance de l’étranger entrer au pays sans que nous les détections immédiatement, dit Caroline Colijn, épidémiologiste et titulaire de la Chaire de recherche Canada 150 en modélisation mathématique, de l'Université Simon Fraser (SFU).

Nous n'avons pas de système pancanadien pour surveiller le type d'infection que nous combattons, déplore-t-elle.

Je crains que s’il existe un variant capable de résister au vaccin, nous ne pourrons pas le détecter et l’empêcher de se propager à travers le Canada.

Une citation de :Caroline Colijn, titulaire de la Chaire de recherche Canada 150 en modélisation mathématique

Le directeur du Centre des maladies infectieuses de Vancouver, le Dr Brian Conway, partage ce sentiment d’urgence. Il est crucial, pour empêcher une 4e vague, ou plus, que nous intervenions urgemment et de façon décisive pour que les nouveaux variants n’entrent pas au pays, note-t-il.

La montée des variants a causé la 3e vague. Notre système en place pour empêcher l’entrée de nouveaux variants est poreux, ajoute le Dr Conway.

Les gouvernements du Québec, de l'Ontario, de l'Alberta et de la Colombie-Britannique préparent une lettre pour demander au gouvernement fédéral d'intensifier les contrôles aux points d'entrée terrestres et aériens du pays.

Un avion sur la piste. Des montagnes pourpres et un lever de soleil derrière.

Depuis janvier, au moins 45 vols en provenance de l’Inde vers Vancouver ont fait l'objet d'avis d'exposition à la COVID-19, dont 17 en avril.

Photo : Radio-Canada / Mike Hillman

L’attention doit être portée vers les variants préoccupants

Il est important de garder un oeil sur le variant B.1.617, reconnaît la professeure en biologie Sarah Otto, de l'Université de la Colombie-Britannique. On ne sait toujours pas s’il se transmet mieux que la souche d'origine, souligne-t-elle.

S'ils sont limités aux voyageurs suffisamment isolés, ces 39 cas de B.1.617 n'ont peut-être jamais conduit à une transmission communautaire dans la province.

Le plus gros souci reste les variants préoccupants, en particulier le variant B.1.1.7, apparu au Royaume-Uni, qui se propage plus facilement et conduit à des taux plus élevés d'hospitalisation et de décès.

Les modélisations placent les variants préoccupants à plus de 75 % des cas de COVID-19 dans la province pour le moment, ce sont donc de ces variants dont nous devons nous inquiéter, dit-elle.

Un homme porte un masque et regarde son cellulaire dans une rue de Vancouver.

Le séquençage effectué en Colombie-Britannique révèle la présence de plus de 88 variants du coronavirus.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

11 types de variants font l'objet d'une enquête

Au 4 avril, 39 cas du variant B 1.617 avaient été recensés en Colombie-Britannique. À l'époque, écrit le ministère de la Santé dans un courriel, il n'avait pas été identifié comme un variant préoccupant ou un variant faisant l'objet d'une enquête.

Le séquençage effectué dans la province révèle la présence de plus de 88 variants du coronavirus. En plus des 3 variants préoccupants cités précédemment, 11 font l'objet d'une enquête.

Mercredi, le ministre de la Santé, Adrian Dix, a indiqué que le B 1.617 est considéré à l’heure actuelle comme étant d’intérêt, sans spécifier la signification de ce classement.

Selon le Centre américain de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) un variant d’intérêt a des marqueurs génétiques spécifiques associés à une neutralisation réduite par des anticorps, une efficacité réduite des traitements, un impact diagnostique potentiel ou une augmentation prévue de la transmissibilité ou de la gravité de la maladie.

En mode rattrapage

Les nouvelles en provenance de l'Inde sont très inquiétantes, soutient le mathématicien Jens von Bergmann, qui analyse la croissance des variants au Canada.

La province n'a pas prêté attention à cela jusqu'à ce que les journalistes posent des questions à ce sujet très récemment, bien que 39 cas aient déjà été trouvés dans les données de séquençage.

Il juge décevant que la Colombie-Britannique n'ait pas été plus proactive en reliant les cas et en informant le public plus tôt. Ça ne s'est pas produit et ils ne font que rattraper ce travail maintenant.

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