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Petit Champlain : délais interminables pour améliorer la sécurité des piétons

Un camion circule sur le boulevard Champlain.

Des fleurs et une lettre réclamant des actions de la Ville sont toujours affichées à l'endroit où une piétonne a été happée mortellement, en septembre 2019.

Photo : Radio-Canada / Victor Paré-Dechene

Une femme est décédée alors qu'elle marchait sur un trottoir du Petit Champlain, le 12 septembre 2019, happée mortellement par un camion semi-remorque. Depuis, les actions promises par les autorités pour renforcer la sécurité des piétons n'ont pas été posées. La Ville de Québec répète qu'elle poursuit ses analyses.

La piétonne de 31 ans n'a eu aucune chance ce jour-là, coincée entre le poids lourd et une clôture métallique. Dans la foulée du tragique accident, l'administration municipale s'était engagée à agir pour rendre plus sécuritaire ce tronçon du boulevard Champlain, situé près de la traverse Québec-Lévis.

Les lignes blanches montrent les traces du passage du poids lourd sur le trottoir, où la victime se trouvait, le 12 septembre

Les lignes blanches montrent les traces du passage du poids lourd sur le trottoir, où la victime se trouvait, le 12 septembre 2019.

Photo : Radio-Canada

La Ville avait l'intention d'ajouter de la signalisation dans le secteur du boulevard Champlain et du Vieux-Port à l’intention des véhicules lourds, avait-on dit. On évoquait aussi l'idée de mener une campagne de sensibilisation auprès des transporteurs.

Toujours à l'automne 2019, une réflexion devait être réalisée au cours des prochains mois pour étudier un renforcement de la réglementation municipale sur le camionnage de transit. Le règlement actuel interdit la circulation des camions du 15 mai au 31 octobre, à l'exception de ceux qui ont une livraison à faire dans le tronçon visé. Une réglementation qui est toutefois peu appliquée.

Toujours rien

Lors d'une première vérification l'été dernier, Radio-Canada avait constaté qu'aucune action n'avait été prise. La Ville jetait alors le blâme sur la pandémie. Ces actions, qui sont liées ensemble, étaient prévues au printemps [2020], mais ont été retardées en raison de la situation liée à la COVID-19, arguait la Ville.

Un hiver plus tard, rien de concret n'a encore été fait.

La Ville poursuit toujours son travail d’analyse concernant la circulation des véhicules lourds dans le secteur du boulevard Champlain, afin de s’assurer d’une cohérence dans le déploiement de nouvelles solutions, explique cette fois David O'Brien, porte-parole de la Ville de Québec.

Une joggeuse court sur un trottoir du Petit Champlain.

Coureurs et piétons continuent d'emprunter quotidiennement le trottoir jugé problématique, passant devant le mémorial en l'honneur de la victime.

Photo : Radio-Canada / Victor Paré-Dechene

La limite de vitesse est également demeurée inchangée à 50 km/h sur toute l'artère, et ce malgré l'adoption d'un règlement abaissant les limites presque partout en ville.

On assure cependant qu'on invitera les usagers de la route à lever le pied à l'approche des deux courbes à 90 degrés. La Ville installera, d'ici la fin juin, des panneaux de signalisation jaune recommandant une vitesse de 15 km/h et de 25 km/h en amont des courbes pour inciter tous les véhicules à ralentir, indique David O'Brien.

« La priorité est de trouver une solution qui assurera la sécurité de tous les utilisateurs.  »

— Une citation de  David O'Brien, porte-parole, Ville de Québec

Sur la réglementation municipale, la Ville de Québec n'a pas complété son étude non plus. Cette réflexion doit s'inscrire dans une analyse plus globale de la circulation des véhicules dans la Basse-Ville, plaide-t-on. Ce qu’on enlève sur une rue va se déplacer sur une autre rue, c'est le principe des vases communicants.

La Ville évalue notamment le transit des poids lourds sur les boulevards Champlain et Charest dans le cadre de cet exercice.

Des discussions... et des contradictions

L'administration municipale dit également tenir des discussions avec plusieurs organisations pour l'aider à sécuriser le boulevard Champlain. Or après vérification, certaines ne semblent pas avoir été mises dans le coup.

Concernant spécifiquement la signalisation, des discussions sont toujours en cours avec le MTQ [ministère des Transports du Québec], affirme la Ville. On souhaite en effet renforcer la signalisation sur la portion de l'artère sous la responsabilité du ministère, soit à l'ouest de la côte Gilmour jusqu'à la tête des ponts.

Le ministère dit ne pas être au courant de cette demande. Il semblerait que le MTQ n’a jamais reçu de demande de la Ville à cet effet, a signifié la porte-parole Émilie Lord.

Une courbe du boulevard Champlain.

La clôture située sur le terrain du Groupe Desgagnés pourrait être retirée.

Photo : Radio-Canada / Victor Paré-Dechene

Des citoyens ont également demandé de retirer la clôture métallique pour offrir de l'espace aux piétons. Cette dernière est sur une propriété privée, la Ville ne peut ordonner son retrait, souligne David O'Brien.

Joint par Radio-Canada, le Groupe Desgagnés, propriétaire du terrain actuellement occupé par un stationnement, dit ne pas avoir été interpellé par la Ville à ce sujet. Une représentante, Suzanne Laflèche, a indiqué que l'entreprise serait prête à écouter les propositions.

La Ville dit également être en pourparlers avec des partenaires pour mieux surveiller les poids lourds. Des discussions sont effectivement en cours pour évaluer la possibilité d’augmenter la fréquence du contrôle périodique à l’approche du Vieux-Québec. Ces contrôles pourraient être effectués à la fois par le Contrôle routier de la Société d'assurance automobile du Québec et le SPVQ, en collaboration.

Jean Rousseau, conseiller municipal du district de Cap-aux-Diamants.

Jean Rousseau, conseiller municipal du district de Cap-aux-Diamants

Photo : Radio-Canada

Délais interminables

Jean Rousseau, conseiller municipal du district de Cap-aux-Diamants, fait pression depuis des mois pour faire débloquer le dossier. Je me surprends du délai à poser un geste significatif pour la sécurité routière dans ce secteur, un site où on a eu un décès, déplore-t-il. Il y a des gens qui dorment au gaz.

« Est-ce qu'il faut attendre un autre accident mortel avant que la Ville ne bouge? Moi je pense que la Ville ne prend pas ses responsabilités et les citoyens ont raison de se préoccuper.  »

— Une citation de  Jean Rousseau, conseiller municipal, district de Cap-aux-Diamants

Selon ce qu'il en sait, la Ville aurait un plan de réaménagement qui impliquerait de faire l'acquisition d'une partie du terrain du Groupe Desgagnés et de retirer des cases de stationnement. Le scénario qui est sur la table, semble-t-il, est de pouvoir déplacer la clôture, adoucir la courbe.

Or les travaux ne progressent pas. On ne comprend pas pourquoi aucun geste n'est mis de l'avant. Je pense qu'un moment donné, ça devient interminable, ajoute Jean Rousseau.

Le conseiller de Démocratie Québec croit que l'abaissement des limites de vitesse aurait été une occasion toute désignée pour poser un geste. Lui-même aurait souhaité que la limite de vitesse soit abaissée à 30 km/h en amont des deux courbes, à l'est comme à l'ouest.

M. Rousseau entend poursuivre ses représentations auprès du responsable du dossier, Marc des Rivières, directeur du Service du transport et de la mobilité intelligente.

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