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Le variant indien se propagera au Québec, mais sera contrôlable

Une personne tient une pipette.

Un premier cas de variant indien B.1.617 a été trouvé en Mauricie-Centre-du-Québec, selon le ministère de la Santé et des Services sociaux.

Photo : ben nelms/cbc / Ben Nelms

La propagation du variant indien au Québec est inévitable, mais contrôlable, selon des virologues.

Même si les données sur cette mutation du virus sont encore fragmentaires, sa propagation est maintenant assurée avec la présence d'un premier cas dans la province, mentionne le Dr Benoît Barbeau, professeur au Département des sciences biologiques de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) et expert en virologie.

Oui, on pourrait dire qu'il est trop tard, parce que le variant a été détecté depuis hier, mais [il est] sûrement présent depuis quelques jours, quelques semaines.

L'expert souligne qu'une trentaine de cas sont déjà suspectés en Colombie-Britannique, de sorte que le virus a fait son entrée au Canada depuis un certain temps.

Y aura-t-il d'autres cas au Québec? Certainement, répond le virologue.

De façon inévitable, ce variant va se propager géographiquement et temporairement, croit aussi Lionel Berthoux, professeur de virologie et maladies infectieuses au Département de biologie médicale de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).

Jeudi, inquiets devant la propagation des variants brésilien et indien au Canada, les gouvernements du Québec, de l'Ontario, de l'Alberta et de la Colombie-Britannique préparent une lettre pour demander au gouvernement Trudeau d'intensifier les contrôles aux points d'entrée terrestres et aériens du pays.

On peut retarder ça en interdisant les vols aériens, par exemple en provenance de l'Inde, mais on ne peut que le retarder de façon provisoire. On ne peut pas empêcher ces variants de circuler à la surface de la planète.

Une citation de :Lionel Berthoux, professeur de virologie et maladies infectieuses au Département de biologie médicale de l'UQTR
Une foule au marché.

Comme son nom l'indique, le variant indien a été identifié pour la première fois en Inde. Il serait en cause dans 15 % à 20 % de cas dans l'État du Maharashtra, où se trouve Mumbai, la grande ville du sud du pays.

Photo : Reuters / NIHARIKA KULKARNI

Une quatrième vague?

Il est impossible pour l'instant d'affirmer que ce variant se propage aussi rapidement que le variant britannique, maintenant dominant au Québec. Difficile aussi de prédire s'il est plus dangereux pour ceux qui l'attrapent.

Bien qu'il est vraiment présent en Inde, dans certaines régions, on croit que d'après certaines analyses, ce variant pourrait ne pas être aussi transmissible. On ne doit pas céder à la panique.

Une citation de :Le Dr Benoît Barbeau, professeur au Département des sciences biologiques de l'Université du Québec à Montréal (UQAM)

Ce n'est certainement pas le temps de parler de quatrième vague, précise le Dr Barbeau. À lui seul, si le variant va créer une 4e vague, on n’est pas en mesure de l'évaluer.

L'explosion du nombre de cas en Inde pourrait aussi ne pas être uniquement attribuable à cette mutation, ajoute le Dr Berthoux.

On pense qu'il se propage rapidement [...], ce qui expliquerait en partie la grosse poussée de cas de COVID-19 en Inde, mais il y a d'autres facteurs, notamment le niveau de pauvreté, les grands rassemblements et le déroulement de fêtes religieuses qui ont eu lieu notamment malgré la pandémie.

C'est difficile de tirer des conclusions alors qu'on a très peu de données, nuance le Dr Berthoux.

Un homme en fauteuil roulant aidé par une dame.

Les experts insistent sur l'importance de se faire vacciner.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

La clé : les vaccins et les mesures sanitaires

La vaccination et le respect des mesures sanitaires représentent toujours la meilleure façon de limiter les conséquences du virus, expliquent les experts.

Or, les vaccins devront être ajustés pour se prémunir contre certains variants, comme celui de l'Inde et celui de l'Afrique du Sud, qui semblent être plus résistants aux vaccins actuels.

Ce qui serait intéressant, c'est de disposer rapidement d'un vaccin qui incorpore les principales mutations qui nous inquiètent présentement. C'est quelque chose que les compagnies de vaccin ont commencé à faire. Il faudrait que ça prenne de l'ampleur et aussi que le Canada soit capable de produire ses propres vaccins, croit M. Berthoux.

Les mesures sanitaires sont aussi bonnes pour les variants que le virus d'origine, rappelle le Dr Barbeau. Les vaccins, pour le moment, sont probablement assez efficaces pour contrôler ce variant et empêcher que les gens atteints développent des symptômes sévères, rassure M. Berthoux.

Les autorités sanitaires du Québec ont fait état jeudi de 1248 nouveaux cas de COVID-19 et 7 décès supplémentaires liés au virus.

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