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Pénurie d’infirmières criante à Winnipeg

La main gantée d'un professionnel de la santé sur la poitrine d'un patient à l'hôpital.

La pénurie d'infirmières est un problème chronique depuis des années au Manitoba.

Photo : CBC/Evan Mitsui

Radio-Canada

Le nombre de postes d’infirmières vacants dans la région sanitaire de Winnipeg est deux fois plus élevé que ce que l’ancien ministre de la Santé, Cameron Friesen, considérait comme « normal » avant le début de la pandémie.

Selon des données obtenues par le Nouveau parti démocratique (NPD) du Manitoba, l’Office régional de la santé de Winnipeg (ORSW) compte 1283 postes à pourvoir, ce qui représente un taux de vacance de 16,7 %.

En 2019, Cameron Friesen avait déclaré qu’un taux de postes non pourvus normal pour les infirmières était de 8 %.

Le nombre de postes vacants à l’ORSW a augmenté presque chaque mois depuis juillet 2020, alors que 1138 postes étaient non attribués.

La majorité des hôpitaux de Winnipeg ne se sont pas approchés du taux de vacance de 8 % depuis longtemps.

La porte-parole en matière de santé du NPD, Uzoma Asawara, a dit mercredi que la pénurie était attribuable au sous-financement du système de santé par le gouvernement progressiste-conservateur.

C’est un échec de ce gouvernement. Nous savons que ce ministère était au courant de la situation depuis de nombreux mois, a-t-elle affirmé aux journalistes.

Services d’urgence durement touchés

Uzoma Asawara suggère que le taux élevé de postes à pourvoir compromet les soins des services d’urgence.

À l’Hôpital Saint-Boniface, sur un total de 109 postes, 24 sont inoccupés. Cela représente un taux de 22 %.

Au début de 2020, plus du quart des postes d’infirmière aux urgences de l’Hôpital Saint-Boniface n'était pas pourvu, ce qui avait amené des infirmières à écrire une lettre qui était un véritable appel à l’aide.

Mardi, le NPD a rendu public le témoignage d’une femme qui comparait l’attente de cinq jours de sa mère de 93 ans dans le corridor de la salle d’urgence de l’Hôpital Grace à de la torture.

Selon le chef du NPD, Wab Kinew, le taux de vacance de 20 % à la salle d’urgence de cet hôpital appuie ce témoignage.

Le chef du Parti libéral, Dougald Lamont, a quant à lui mentionné le cas d’un homme âgé ayant passé six jours sur une civière, dans un couloir de l’Hôpital Grace, avant d’être transféré à l’Hôpital Seven Oaks. Il a alors reçu un diagnostic de cancer des os.

Et tout cela s’est passé sans que le personnel avertisse sa famille ou la personne responsable de ses soins de santé. C’est une catastrophe, a dit Dougald Lamont aux journalistes.

La ministre de la Santé actuelle, Heather Stefanson, a déclaré qu'elle avait demandé à l’ORSW d’enquêter au sujet de la longue attente des patients aux urgences.

Elle a aussi soutenu que les difficultés de recrutement et de rétention des infirmières, qui ne sont pas uniques au Manitoba, remontent à de nombreuses années, avant l’arrivée au pouvoir du Parti progressiste-conservateur en 2016.

Heather Stefanson.

La ministre de la Santé du Manitoba Heather Stefanson soutient que la pandémie a aggravé la pénurie d'infirmières.

Photo : CBC / John Einarson

Selon Dougald Lamont, le gouvernement Pallister et le NPD partagent la responsabilité des problèmes actuels du système de santé, puisque les deux partis ont été au pouvoir.

Heather Stefanson affirme qu’elle travaille avec Soins communs et les infirmières afin de remédier à la pénurie, qui, selon elle, s’est aggravée en raison de la pandémie.

Uzoma Asagwara juge de son côté qu’il est déjà trop tard pour agir.

Avec les informations d'Ian Froese

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