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La pandémie est une « occasion » de lancer un casino en ligne, selon Loto Atlantique

Logo de la Société des loteries de l'Atlantique.

Pendant le premier mois de la pandémie, 34 000 nouveaux clients se sont inscrits sur le site de Loto Atlantique pour jouer en ligne.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La Société des loteries de l'Atlantique a présenté la pandémie de COVID-19 comme une « occasion » pour les quatre provinces de l'Atlantique de récolter des millions de dollars de revenus supplémentaires, mais seulement si elles agissaient « immédiatement », pendant la COVID-19, en lançant un casino en ligne.

Cette information provient d'un plan d'affaires envoyé au gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard, le 23 avril 2020, soit un peu plus d'un mois après le début de la pandémie.

Une partie de ce document a été présentée à l'Assemblée législative de l'Île-du-Prince-Édouard cette semaine par le député libéral Robert Henderson. D'après ce même document, des informations similaires ont été envoyées aux trois autres provinces de l'Atlantique.

Le plan d’affaires demande aux provinces de se lancer sans tarder dans un projet proposé depuis une dizaine d’années par Loto Atlantique, soit le lancement d'un casino en ligne.

Le Nouveau-Brunswick a été la première province à obtempérer, en lançant discrètement un casino pour ses résidents en août dernier. L'Île-du-Prince-Édouard et la Nouvelle-Écosse se préparent à lui emboîter le pas.

La pandémie a radicalement modifié le jeu en ligne

Dès les premiers jours de la pandémie, la fermeture des casinos physiques a entraîné une multiplication de recettes sans précédent sur le site web de Loto Atlantique, indique le document. Sur une période de deux semaines, les ventes ont plus que doublé. De plus, 34 000 nouveaux clients se sont inscrits au cours du premier mois de la pandémie.

La COVID-19 a radicalement modifié le paysage du jeu, les citoyens étant encouragés à rester chez eux autant que possible alors que les services non essentiels ont été suspendus, indique le document.

L'intérêt pour les options de divertissement à domicile n'a jamais été aussi élevé. Les jeux de hasard sur Internet sont en hausse partout dans le monde, peut-on aussi lire dans le plan d’affaires.

Robert Henderson devant un micro de Radio-Canada.

Robert Henderson, député de la circonscription d’O'Leary - Inverness de l'Île-du-Prince-Édouard

Photo : Radio-Canada / François Pierre Dufault

Loto Atlantique fait également état d'une menace qu’elle décrit comme le pouvoir d’attraction que peuvent exercer les sites étrangers de jeu en ligne. Ces sites pourraient donc subtiliser une part de marché que les provinces de l'Atlantique auraient du mal à récupérer une fois qu'elles auraient lancé leurs propres jeux de casino en ligne plus tard, toujours d'après les documents.

Selon Loto Atlantique, en lançant ce casino en ligne, les provinces pourraient augmenter de 162 % leurs revenus liés aux jeux en ligne au cours des sept premières années d'exploitation.

En janvier 2020, Loto Atlantique prévoyait que son entreprise pourrait réaliser un bénéfice net de 89 millions de dollars sur sept ans pour les quatre provinces de l'Atlantique.

Trois mois plus tard, la société prévoyait qu'un site web lancé pendant la pandémie permettrait d’engranger un bénéfice net de 233 millions de dollars au cours de la même période.

Mais une condition à ces projections mettait en garde l’Île-du-Prince-Édouard d’agir rapidement.

L'occasion sera réduite si le lancement a lieu après la COVID, affirmait-on.

Exploiter les insulaires pendant cette pandémie, selon l’opposition

Le député de la circonscription d’O'Leary - Inverness, Robert Henderson, a décrit la proposition de Loto Atlantique comme un plan diabolique de jeu à domicile qui cherche à exploiter les insulaires pendant cette pandémie.

Initialement, la ministre des Finances de l’Île-du-Prince-Édouard, Darlene Compton, avait refusé l’offre de la société en expliquant que le gouvernement est entièrement concentré sur l'aide à procurer aux insulaires pour surmonter une urgence de santé publique. Nous ne sommes pas intéressés par l'élargissement de l'accès aux jeux d'argent pendant cette période.

Darlene Compton, ministre des Finances de l’Île-du-Prince-Édouard, siégeant à l'Assemblée législative de la province.

Darlene Compton, ministre des Finances de l’Île-du-Prince-Édouard

Photo : Radio-Canada

Mais le 22 décembre, le cabinet de l'Île-du-Prince-Édouard a donné son approbation, ce qui permet à la commission provinciale des loteries de développer une plateforme numérique améliorée qui sera exploitée par Loto Atlantique.

S'adressant aux journalistes mercredi, Mme Compton a nié avoir changé d'avis.

L'ancien PDG [Keevill] nous a assez poussés, vous savez, assez fort à monter à bord. Et c'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai entamé les discussions avec d'autres ministres des Finances du Canada atlantique, pour voir où ils en étaient, ce qu'ils en pensaient et comment nous pourrions aller de l'avant avec cela si et quand nous le ferons.

Selon la ministre Compton, l'objectif avec la création de ce casino virtuel est de rapatrier les insulaires qui se sont tournés vers les jeux d'argent sur des sites étrangers.

Les experts qui ont comparu devant le Comité permanent sur la santé et le développement social de l'Île-du-Prince-Édouard, ont fait part de leurs inquiétudes. Ils ont affirmé que le nouveau site pourrait être plus sûr que les sites extraterritoriaux (offshore) similaires, mais qu'il attirera également de nouveaux joueurs, ce qui pourrait exacerber les problèmes des quelque 950 insulaires qui ont des problèmes de jeu.

La société espérait initialement lancer de nouveaux jeux de casino en ligne destinés à l'Île-du-Prince-Édouard et à la Nouvelle-Écosse d'ici le milieu de l'année 2021. Mais Mme Compton a déclaré qu'il n'existait pas d’échéancier déterminant le moment où sa province mettrait en oeuvre un projet de casino en ligne.

Avec les informations de Kerry Campbell, CBC

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