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Les prises de position anti-restrictions de députés frustrent des élus municipaux

Montage photo présentant les deux élus.

La mairesse de Banff, Karen Sorensen (à gauche), et le maire de Canmore, John Borrowman (à droite), sont mécontents de la prise de position de leur députée Miranda Rosin.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les députés albertains qui se sont prononcés contre des mesures de restrictions liées à la COVID-19 suscitent de la frustration dans certaines des communautés qu'ils représentent.

Dans une lettre ouverte, les députés affirmaient que leurs électeurs leur avaient dit que les restrictions duraient depuis trop longtemps et étaient trop sévères.

Nous avons entendu nos électeurs et ils veulent que nous défendions leurs moyens de subsistance et leurs liberté , dit la lettre. Une des signataires est la députée de Banff-Kananaskis, Miranda Rosin.

Miranda Rosin assise dans un café.

La député de Banff-Kananaskis, Miranda Rosin.

Photo : Radio-Canada / Laurent Pirot

Pourtant, les maires de Banff et de Canmore, deux municipalités qui font partie de cette circonscription des Rocheuses, sont mécontents de la prise de position de leur députée.

Les deux maires sont préoccupés par la hausse du nombre de cas actifs de COVID-19 dans leur région et souhaitent au contraire des mesures plus strictes. Ils affirment qu'ils n'ont pas été consultés avant la publication de la lettre des députés.

Je ne sais pas à qui elle a parlé à Banff parce que nous n'avons pas eu de discussion.

Une citation de :Karen Sorensen, mairesse de Banff

J'ai été déçu qu’elle ne nous ait pas au moins contactés pour avoir une idée de ce qui se passe ici, a pour sa part déclaré le maire de Canmore, John Borrowman.

Un porte-parole de Miranda Rosin a indiqué que la députée n'était pas disponible pour une entrevue.

Le député de Cypress-Medicine Hat, Drew Barnes, est le seul du groupe de députés à avoir accepté une entrevue. Il dit que le soutien qu'il a reçu depuis que la lettre a été envoyée a été extrêmement positif.

Nous faisons face à tant d’autres situations de crise en plus de celle de la COVID-19, en santé mentale, mais aussi sur les plans de l'économie et de la spiritualité. Les gens me remercient d’avoir parlé en leur nom, dit-il.

Un homme portant des lunettes à l'extérieur.

Drew Barnes, le député de Cypress-Medicine Hat, dit qu'il a écouté ses concitoyens en signant une lettre dénonçant les mesures de restrictions liées à la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Helen Pike / CBC

Drew Barnes se défend d’avoir écouté seulement les avis qui lui plaisaient.

J'ai écouté tout le monde.

Une citation de :Drew Barnes, député de Cypress-Medicine Hat

Garth Rowswell, le député de Vermilion-Lloydminster-Wainwright, a indiqué par courriel que la majorité de la correspondance et des communications qu'il a reçues comme député provenait de gens frustrés par les mesures de confinement.

CBC a contacté plusieurs municipalités représentées par les députés signataires, et seulement quelques-unes ont répondu.

La Ville d'Airdrie suit les lignes directrices établies par la province et continuera de le faire, a déclaré Peter Brown, le maire d'Airdrie.

Le maire de Didsbury, dont le représentant provincial Nathan Cooper est également président de l'Assemblée législative, dit que la question n'a pas été discutée par le conseil municipal parce que le député s'est excusé depuis d'avoir signé la lettre (Nouvelle fenêtre).

Le maire d'Olds a quant à lui déclaré que la Ville suit les directives de la santé publique et qu'elle continuera à travailler avec le député Nathan Cooper pour aller de l'avant de manière positive pour voir la COVID-19 maîtrisée et l’économie rebondir et croître .

Qui les députés devraient-ils représenter?

Le professeur de sciences politiques à l'Université Mount Royal de Calgary Duane Bratt croit que la situation soulève des questions sur le rôle d'un député et dans quelle mesure celui-ci devrait représenter tous ses électeurs, y compris quand certaines mesures gouvernementales ne leur plaisent pas.

Si vous prétendez que vous représentez la circonscription, et que vous avez des groupes dans la circonscription qui disent : "En fait, vous ne nous représentez pas puisque vous ne nous avez même pas consultés", ça ne marche pas, dit Duane Bratt.

Le politologue de l'Université de l'Alberta Jared Wesley affirme que les recherches montrent que, si un élu reçoit 10 appels sur un sujet, il peut supposer qu'environ 100 autres personnes sont de la même opinion.

Dans ce cas-ci, il se pourrait que les députés se concentrent sur les opinions des habitants qui s'expriment le plus fortement, ce qui n'est pas nouveau en politique canadienne, explique-t-il.

Avec les informations de Bryan Labby

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