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Le Nouveau-Brunswick affiche la plus forte hausse des loyers au pays

Tammy Bernard, une locataire de la grande région de Moncton, a remarqué une hausse du coût des loyers ces derniers temps.

Tammy Bernard, une locataire de la grande région de Moncton, a remarqué une hausse du coût des loyers ces derniers temps.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les Canadiens qui déménagent en Atlantique durant cette pandémie contribuent à faire augmenter les loyers au Nouveau-Brunswick plus fortement que dans toute autre province, selon de nouvelles données de Statistique Canada, ce qui mène des intervenants à relancer leurs appels pour de nouvelles règles dans la province.

Il faut reconnaître qu’il s’agit d’un problème et faire quelque chose pour le régler, estime Aditya Rao, membre de la Coalition pour les droits des locataires du Nouveau-Brunswick. Elle ajoute que la hausse des coûts surpasse la capacité de payer de bien des gens.

Selon les nouvelles données publiées mercredi par Statistique Canada, la hausse des loyers depuis l'année dernière en Atlantique est la suivante :

  • Nouveau-Brunswick : 4,8 %;
  • Île-du-Prince-Édouard : 2,9 %;
  • Terre-Neuve-et-Labrador : 2,2 %;
  • Nouvelle-Écosse : 2 %.

À l’échelle nationale, la hausse moyenne est de 0,5 % durant la même période.

Les déménagements constituent un facteur important

Il y a plus de gens qui déménagent au Nouveau-Brunswick ou ailleurs en Atlantique et qui doivent se rabattre sur des loyers en raison du faible nombre de maisons à vendre, ce qui contribue dans une certaine mesure à la hausse des loyers, explique Andrew Barclay, de Statistique Canada.

Selon les estimations publiées le mois dernier, le Nouveau-Brunswick a attiré 1426 résidents d’autres provinces en 2020, la plupart de l’Ontario. D’octobre à décembre, la croissance nette était de 460 résidents. C'était la plus élevée durant cette période depuis 1975.

Cela contribue à faire monter les prix des maisons et des immeubles d’appartements. Plusieurs nouveaux propriétaires d’immeubles augmentent les loyers pour récupérer les coûts de leur achat.

Des locataires expulsés pour des rénovations

Un immeuble de 12 appartements dans le quartier ouest de Saint-Jean a été vendu deux fois depuis le début de la pandémie, en octobre puis en février. Son propriétaire actuel a payé 887 000 $ pour l'acheter. C’est plus du double de sa valeur estimée.

Un immeuble de trois étages.

Les locataires de cet immeuble à Saint-Jean qui a été vendu deux fois depuis le début de la pandémie ont dû quitter les lieux pour des rénovations et, selon eux, une forte hausse des loyers.

Photo : CBC/Robert Jones

Les locataires ont reçu un avis les informant qu’ils doivent quitter les lieux d’ici le mois de mai, ce qui constitue le délai minimal. Le propriétaire leur a offert 1200 $ s’ils quittaient leur logement avant mars. La plupart d’entre eux ont accepté.

Jonathon Rasenberg, de l'entreprise J. R. Realty NB. affirme que les dépôts en cas de dommages ont été remboursés aux locataires et qu'ils n'ont pas eu à payer le loyer durant le mois de leur départ.

Des appartements dont le loyer mensuel était inférieur à 700 $ sont en cours de rénovation pour être offerts à 1150 $, selon les nouveaux propriétaires.

Katie Dever a grandi dans cet immeuble avec sa mère et sa soeur. Elle et a dû quitter ces lieux où elle habitait depuis 15 ans. Elle a participé à une manifestation le mois dernier pour réclamer un contrôle des loyers et des mesures pour encadrer les expulsions aux fins de rénovations.

Mme Dever affirme que le logement est un droit fondamental que les preneurs de décisions ne peuvent écarter ni ignorer.

Cinq personnes sur un trottoir portent des pancartes dénonçant l'expulsion de locataires aux fins de rénovations.

Katie Dever a participé à une manifestation à Saint-Jean contre la hausse des loyers, en mars 2021, après avoir dû quitter son appartement parce qu’il doit être rénové pour être loué à un prix plus élevé.

Photo : CBC/Graham Thompson

Le salaire minimum au Nouveau-Brunswick est de 11,75 $ l’heure. Les défenseurs des droits des locataires soutiennent que la hausse des loyers ne peut surpasser celle du salaire minimum sans entraîner plus d’itinérance et d’autres problèmes.

La hausse des loyers est le revers de la croissance du marché immobilier, estime Abram Lutes, du Front commun pour la justice sociale. Il déplore l’absence de mesure de contrôle de la hausse des loyers. Il dit que ces données démontrent la nécessité de prendre au sérieux les préoccupations des locataires.

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick a annoncé en février un examen de la situation des loyers dans la province afin de déterminer si un problème doit être résolu. Selon le gouvernement, 5539 locataires, propriétaires et constructeurs participent à cet exercice. Un rapport doit être publié le 10 mai.

Tous les renseignements pertinents provenant des divers intervenants sont évalués, y compris les nouvelles données sur la hausse des loyers, assure une porte-parole du gouvernement, Valerie Kilfoil.

Le premier ministre Blaine Higgs a déjà expliqué qu’il n’appuie pas l’idée d’exercer un contrôle des loyers en tant que moyen d’aider les locataires.

D’après un reportage de Robert Jones, de CBC

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