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Sommet sur le climat : « nous ne pouvons nous résigner à ce futur », dit Biden

Le président Biden parle derrière une tribune.

Le reportage de Laurence Martin

Photo : Getty Images / Pool

Radio-Canada

Le président américain Joe Biden a appelé ses homologues à l'étranger à prendre les moyens nécessaires pour lutter contre les changements climatiques, peu de temps après que les États-Unis eurent annoncé qu'ils comptaient réduire les émissions de gaz à effet de serre de 50 à 52 % d'ici 2030 par rapport au niveau de 2005.

L'heure est venue d'écouter la science, a déclaré le 46e président des États-Unis en ouverture du sommet pour le climat, qui réunit virtuellement une quarantaine de dirigeants.

Les signes sont indéniables; la science est indéniable, a-t-il dit, évoquant les inondations, les sécheresses, les feux de forêt, les vagues de chaleur, les ouragans et les conséquences de ceux-ci sur la santé publique.

Les coûts de notre inaction ne cessent d'augmenter, a-t-il poursuivi, avant de saluer les opportunités d'emplois et les retombées économiques qui accompagnent pourtant le virage vers les énergies renouvelables.

Nous ne pouvons nous résigner à ce futur, nous devons agir.

Une citation de :Joe Biden, président des États-Unis

En établissant une cible ambitieuse – qui va bien au-delà de celle de 26 à 28 % à l'horizon 2025 à laquelle Washington s'était engagée auparavant –, le président américain entend joindre le geste à la parole. Nous devons passer à l'action, nous tous, a insisté M. Biden.

Le président américain, qui cherche à redorer le blason des États-Unis en matière de lutte contre les changements climatiques et à réparer les pots cassés par son prédécesseur, Donald Trump, avait déjà annoncé qu'il souhaitait que le pays atteigne zéro émission net d'ici 2050.

Son administration, qui a présenté à la fin mars un vaste plan pour les infrastructures, dont des dispositions pour réduire la dépendance des États-Unis aux énergies fossiles, doit établir des objectifs secteur par secteur (centrales électriques, automobiles, etc.) qui seront communiqués cette année, selon des responsables.

Le plan d'investissement, qui doit passer le test du Congrès, prévoit notamment une enveloppe de 174 milliards de dollars pour développer le marché des véhicules électriques et des milliards de dollars investis dans les énergies renouvelables.

Mais les mesures des États-Unis ne suffiront pas à elles seules pour limiter la hausse du réchauffement climatique à 2 degrés Celsius, voire à 1,5 degrés Celsius, par rapport à l'ère préindustrielle, comme le stipule l'Accord de Paris, adopté en 2015.

La Chine s'engage à limiter sa production de charbon

Appelant lui aussi à l'action, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a rappelé que 700 villes à travers le monde se sont engagées à atteindre la neutralité carbone d'ici 2050.

Mais pour ce faire, il faudra notamment, « fixer un prix sur le carbone », « mettre fin aux subventions [à l'industrie] des combustibles fossiles », « cesser le financement de l'industrie du charbon » et « accroître les investissements dans les énergies renouvelables », a souligné M. Guterres.

La Chine, avec qui les États-Unis se sont entendus pour faire front commun contre les changements climatiques, a annoncé qu'elle entendait réduire sa dépendance au charbon en « contrôlant strictement » cette industrie au cours des cinq prochaines années.

Son président, Xi Jinping, s'est engagé à « diminuer progressivement » la production de charbon du pays entre 2026 et 2030. Il en a profité pour réitérer que la Chine, plus grand émetteur de gaz à effet de serre au monde, visait la carboneutralité d'ici 2060.

Malgré les relations diplomatiques tendues qu'il entretient avec l'administration Biden, le président russe Vladimir Poutine a promis que son pays, important producteur d'hydrocarbures, ferait passer le volume cumulé de ses émissions nettes de gaz à effet de serre en dessous de celui de l'Union européenne lors des 30 prochaines années.

L'UE est pour sa part parvenue in extremis à un accord sur une réduction d'au moins 55 % de ses émissions de GES d'ici 2030 par rapport au niveau de 1990.

Le Canada annonce sa nouvelle cible climatique

Le premier ministre canadien Justin Trudeau a lui aussi profité du sommet pour confirmer sa nouvelle cible climatique, qui vise à réduire les émissions de GES de 40 à 45 % d'ici 2030 par rapport au niveau de 2005. Le Canada établissait auparavant sa cible de réduction à 36 %, selon le dernier budget fédéral.

Pendant qu’on se fie à la science pour sauver des vies et développer des vaccins, on doit aussi écouter la science climatique qui nous dit qu’on fait face à une menace existentielle, a déclaré le premier ministre Trudeau.

À l'instar de l'administration Biden, le Japon avait dévoilé son objectif de réduction des GES jeudi matin, peu de temps avant l'ouverture du sommet. Le premier ministre japonais Yoshihide Suga, qui vise la neutralité carbone d'ici 2050, s'est engagé à réduire de 46 % ses émissions de carbone d'ici 2030.

Le premier ministre Suga a indiqué que cette cible ne serait pas facile à atteindre, et qu'il devrait intensifier ses efforts en matière de lutte contre les changements climatiques, notamment en revoyant la politique énergétique du pays.

La chancelière allemande Angela Merkel, le premier ministre indien Narendra Modi, le président français Emmanuel Macron ou encore le premier ministre britannique Boris Johnson ont tour à tour pris la parole pour présenter leurs engagements, ce dernier se disant « à mi-chemin » de la carboneutralité qu'il doit atteindre d'ici 2050.

Le sommet pour le climat organisé par l'administration Biden doit se poursuivre vendredi.

Avec les informations de Agence France-Presse

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