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« Rénovictions » : la conseillère Boudrias veut donner plus de pouvoir à la Ville

Un édifice à logements.

L'élue du district du Parc-de-la-Montagne-Saint-Raymond reconnaît que des cas comme celui du 200, boulevard de la Cité-des-jeunes, à Gatineau, sont à l’origine de sa démarche (archives).

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Radio-Canada

La conseillère du district du Parc-de-la-Montagne-Saint-Raymond, Louise Boudrias, déposera un avis de résolution lors du prochain conseil municipal, pour adoption en juin, afin d'accorder plus de pouvoirs à la Ville de Gatineau pour lutter contre les « rénovictions ».

La conseillère municipale souhaite que Gatineau puisse intervenir, expliquant que, pour l’heure, la Municipalité ne peut pas faire grand-chose, outre délivrer des permis pour rénovation.

C’est ça le problème : la Ville ne peut pas faire grand-chose. Elle est responsable d’émettre des permis pour permettre des rénovations. [...] Tant que les permis ne sont pas remis, il y a une période où on a le pouvoir d’arrêter les travaux [...], mais la Ville n’a pas le pouvoir de les faire arrêter si la Loi ou les droits des citoyens ne sont pas respectés. Ça devient de juridiction provinciale, dit-elle.

Certains cas litigieux ont fait les manchettes ces derniers mois. En février, des locataires du 200, boulevard de la Cité-des-Jeunes, une tour de près de 200 appartements à Gatineau, se sont tournés vers le Tribunal administratif du logement pour contester un avis les forçant à déménager. Certains locataires dénonçaient une rénoviction.

Le nouveau propriétaire des lieux souhaitait procéder à des travaux qu’il estimait urgents et nécessaires.

Début mars, le Tribunal administratif du logement donnait gain de cause aux cinq locataires, leur permettant ainsi de rester dans leur appartement.

L'élue du district du Parc-de-la-Montagne-Saint-Raymond reconnaît que des cas comme celui-ci sont à l’origine de sa démarche.

Je pense que ces histoires-là et tout ce qui se passe un peu partout au Québec nous permettent, comme Municipalité, de nous pencher sur cette problématique et d’agir dans des cas futurs.

Mme Boudrias durant l'entrevue à l'Hôtel de ville de Gatineau (archives).

Louise Boudrias, conseillère du district Parc-de-la-Montagne-Saint-Raymond (archives)

Photo : Radio-Canada

Son idée serait que le service d'urbanisme puisse refuser un permis pour des travaux de rénovation, si le propriétaire ne s'engage pas à respecter les droits des locataires.

On pourrait exiger de l’entreprise qu’elle respecte les normes de la régie du logement. Et si ce n’est pas respecté, la Ville pourrait agir, retirer le permis. Il y a certaines municipalités qui se sont prévalues de dispositions comme ça à leur réglementation, assure-t-elle.

Tout en reconnaissant que, parfois, les offres des entrepreneurs pour déménager font les affaires de certains locataires, la conseillère municipale rappelle que dans une situation où il n’y a pas de logements à Gatineau et dans un contexte de pandémie, cela n’est pas faisable pour tout le monde.

Je ne peux pas agir sur le passé, mais ce qui est important pour moi en ce moment, c’est de protéger les locataires qui sont là et de m’assurer que leurs droits sont respectés.

Une citation de :Louise Boudrias, conseillère du district du Parc-de-la-Montagne-Saint-Raymond

Mme Boudrias se défend toutefois de vouloir décourager les projets de rénovation des entrepreneurs gatinois.

Si la Loi est respectée, que les choses sont faites selon les règles de l’art, je n’ai pas de problème. [...]On le sait, notre parc immobilier est très vieillissant et a besoin d’investissements. [...] Mais ce que je veux, c’est m’assurer, comme conseillère municipale, que les droits de citoyens et des locataires sont respectés, insiste-t-elle.

La conseillère espère obtenir le soutien de ses collègues autour de la table du conseil pour agir rapidement.

C’est une situation d’urgence! [...] Qu’on agisse le plus rapidement possible. Il y a quand même d’autres municipalités qui l’ont fait, alors on a des modèles qui sont très intéressants. Et puis, on a une demande de la ministre [des Affaires municipales et de l'Habitation du Québec] Laforest qui nous demande d’agir! dit-elle.

Avec les informations de Nathalie Tremblay

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