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Les changements climatiques font pression sur les habitats marins

Vue de la côte depuis le parc Wild Pacific à Ucluelet.

La côte de la Colombie-Britannique est parsemée d'îles, de fjords et de criques ce qui crée plusieurs petits écosystèmes marins.

Photo : Radio-Canada / Sarah Xenos

La côte de la Colombie-Britannique présente un paysage morcelé d’îles, de criques et de fjords avec un écosystème particulier. Ses habitats marins sont multiples et ne sont pas exempts de la pression exercée par les changements climatiques, rappellent des experts.

Tous les effets des changements climatiques continuent d’exercer une pression dominante sur les écosystèmes dans le Pacifique Nord, souligne d’emblée Brigid Payne, la directrice du programme de gestion des océans à Pêches et Océans Canada.

Les îles au large de l'île de Vancouver avec, au loin, un bateau.

L'océan est en pleine période de changement ce qui rend les prédictions difficiles, selon Brigid Payne.

Photo : Radio-Canada / Sarah Xenos

Les changements climatiques entraînent une variation de température de l’eau, dit-elle, qui à son tour influence l’habitat et l’alimentation de plusieurs espèces, notamment celle du saumon du Pacifique.

Puisque l’océan est dans une période de grand changement, indique Brigid Payne, il devient plus difficile pour les experts de prévoir les transformations de l’océan et les déplacements des espèces marines.

Si on n’est pas capable de prévoir où vont aller toutes les espèces marines et où vont être les zones de biodiversité, c’est difficile de cibler les aires de protection dans l’océan, illustre-t-elle.

Une future zone de protection marine

Carte de la zone marine considérée d'intérêt au large de l'île de Vancouver.

Si le projet de zone protégée est accepté, la pêche qui ratisse les fonds marins pourrait être interdite dans ce secteur afin de protéger l'écosystème, explique Brigid Payne.

Photo : Pêches et Océans Canada

D’ici la fin de l’année, Pêches et Océans souhaite mettre sur pied une vaste zone protégée à environ 150 km au large des côtes de l’île de Vancouver. Plus d’une quarantaine de montagnes sous-marines s’y trouvent ainsi que la totalité des cheminées hydrothermales connues au pays.

Il s’agit d’habitats très rares et il y a quelques espèces qu’on ne retrouve que dans ces zones.

Une citation de :Brigid Payne, Pêches et Océans Canada

La superficie approximative de la zone que le gouvernement juge d’intérêt à la protection marine est d’un peu plus de 133 000 km2.

L’impact de l’activité humaine

La pression des changements climatiques s’exerce également dans les habitats du détroit de Georgia, assure Christianne Wilhelmson, la directrice générale de la Georgia Strait Alliance, un groupe de défense de l'environnement marin, même s’il est difficile de mesurer l’ampleur de leur impact.

C’est difficile de voir les impacts sur les océans, c’est plus facile de voir les impacts dans les forêts ou même dans les rivières, mais dans les océans les impacts sont sous l’eau. Ils arrivent et les impacts deviennent de pis en pis, dit-elle.

Les activités humaines jouent aussi un rôle important dans la pollution qu’on y trouve, rappelle-t-elle. D’ailleurs, la décision de Victoria de cesser de rejeter ses eaux usées dans l’océan fait partie des bonnes nouvelles de la dernière année, selon elle.

Ça a pris des décennies pour voir la fin de cette source de pollution là dans le détroit de Georgia et le détroit de Juan de Fuca, dit Mme Wilhelmson en ajoutant que les impacts de cette décision ne s’observeront probablement pas avant plusieurs années.

Quantifier les forêts d’algues de la côte

Parmi les habitats marins que compte la côte pacifique de la Colombie-Britannique, l’on retrouve les grandes forêts d’algues qui ravissent la chercheuse et étudiante à la maîtrise en géographie à l’Université de Victoria, Lianna Gendall.

Lianna Gendall tenant une algue de la côte ouest dans sa main.

Lianna Gendall a pris le chemin de Haida Gwaii, l'été dernier, pour y étudier l'état de la forêt de varech.

Photo : Lianna Gendall

L’équipe de chercheurs avec lesquels elle travaille tente de répertorier la distribution des forêts de varech à travers le temps et l’espace, notamment pour comprendre les causes qui ont engendré la disparition de certaines de ces forêts.

C’est vraiment difficile de savoir comment ça se passe à travers toute la côte puisqu’elle est tellement complexe par rapport aux côtes de la Californie ou de l’Oregon qui sont en ligne droite, explique-t-elle.

Une algue dans une main.

Les forêts de varech sont autant un habitat qu’une source de nourriture pour plusieurs espèces du Pacifique.

Photo : Lianna Gendall

À certains endroits, où les loutres de mer ont été réintroduites par exemple, les forêts de varech sont florissantes alors que dans d’autres régions, comme à Barkley Sound près de Ucluelet, un réchauffement de la température de l’eau a entraîné un déclin de la forêt.

Il y a beaucoup de choses différentes qui interagissent et qui menacent le varech. Nous essayons donc de comprendre ce qui se passe localement, régionalement et globalement, affirme Lianna Gendall en se disant impatiente de retourner sur le terrain pour poursuivre ses recherches.

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