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Verdict de culpabilité pour Derek Chauvin : soulagement et victoire en demi-teinte

Des dizaines de personnes lèvent les mains ou brandissent des pancartes.

Les réactions de plusieurs membres de la communauté noire d'Ottawa et Gatineau au micro de Rémi Authier.

Photo : Radio-Canada / Patrick Louiseize

Le verdict de culpabilité de Derek Chauvin quant à la mort de George Floyd, à Minneapolis, aux États-Unis, est perçu comme un moment historique et un soulagement pour plusieurs membres de la communauté noire de Gatineau et d’Ottawa. Tous rappellent toutefois qu’il reste encore beaucoup de travail à faire, ici comme ailleurs, pour éradiquer le racisme.

De voir qu’il a été reconnu coupable sur toutes les charges, à quelque part, c’est une petite justice qui est rendue, a lancé en entrevue Bello Mansour, président de la fondation LeaderPOL, établie à Gatineau.

C'est très rare qu'un policier blanc soit reconnu coupable d'avoir tué un Noir, encore plus aux États-Unis. C'est donc quelque chose d'historique. Pour nous, c'est la joie totale, a renchéri Valérie Assoi.

Cette dernière, qui se présente comme une membre active de la francodiversité d’Ottawa, décrivait alors sa réaction, son constat et son état d’esprit lorsqu’elle a appris, mardi après-midi, que Derek Chauvin était reconnu coupable de meurtre au deuxième degré, de meurtre au troisième degré et d’homicide involontaire.

Plusieurs acteurs des communautés ottaviennes et gatinoises ont toutefois souligné que la lutte contre le racisme anti-noir est loin d’être terminée.

Dans un système qui est juste, George Floyd est toujours vivant. Dans un système qui est juste, un policier avec un dossier de 18 bavures n’exerce pas ses fonctions dans une population vulnérable et, surtout, n’est pas choisi pour former de nouveaux policiers, a résumé Rachel Décoste, spécialiste en diversité, en immigration et en intégration.

Une femme sourit en regardant vers l'horizon.

Rachel Décoste est une militante communautaire d'Ottawa.

Photo : Capture d'écran - Radio-Canada

Selon elle, le Canada n’est pas rendu au même point que les États-Unis au chapitre du travail d’introspection de la mise en application de changements concrets.

Au Canada, on parle d’un autre pays qui fait des changements, mais on ne parle pas des changements qu’on fait chez nous. [...] Je pense qu’au Canada, on regarde les autres plus qu’on se regarde soi-même, a-t-elle soutenu.

Aux États-Unis, c’est ce qui est fait. Ils se regardent dans le miroir. Ils se questionnent. Ils s’interrogent et on n’a pas encore fait ce questionnement-là personnel, au Canada, pour parfaire notre société.

Une citation de :Rachel Décoste, spécialiste en diversité, en immigration et en intégration

Pour le député fédéral de Hull-Aylmer, qui est à la tête du caucus des parlementaires noirs, se replonger dans les jours qui ont suivi la mort de George Floyd - et la diffusion, sur le web, des circonstances de celle-ci dans une vidéo - lui rappelle une période difficile.

J'ai eu un ras-le-bol. Mais avant le ras-le-bol, j'étais complètement déprimé face à l'assassinat de George Floyd. Parce que c'était la troisième vidéo [de la sorte] qu'on a vue en quatre jours. Ça nous affecte. C'est traumatisant, s’est-il confié en entrevue.

Du même souffle, il a soutenu qu’il estime que le momentum qui en est ressorti se poursuit encore.

Pour la première fois de mes 51 ans sur cette terre, j'ai vu toute l'attention qui est portée sur [la lutte au racisme] sur une aussi longue durée. [...] Pour moi, ça, c'est encourageant, a affirmé l’élu libéral, qui est secrétaire parlementaire du premier ministre Justin Trudeau.

Greg Fergus en répond aux questions des journalistes près de la rivière des Outaouais.

Le député libéral fédéral de Hull-Aylmer, Greg Fergus (archives)

Photo : CBC/Giacomo Panico

Rappelons que, lors d’une marche qui s’est tenue à Ottawa, dans la foulée de la mort de George Floyd, M. Fergus et M. Trudeau ont posé un genou au sol en guise de solidarité.

Il y avait tellement de personnes qui n'étaient pas noires, majoritairement des personnes blanches, qui se sont présentées aux manifestations sur la colline et qui, elles aussi, ont mis le genou au sol. Pour moi, ça m'a envoyé le message que je ne suis pas seul [à savoir] que ma vie vaut autant que les vies des autres, a-t-il souligné.

M. Fergus s’est en outre dit convaincu que les élus fédéraux seront en mesure de faire progresser concrètement les choses sur le plan de l’égalité des chances avec des mesures contenues dans le budget 2021, déposé lundi.

De son côté, le chef du Service de police d’Ottawa, Peter Sloly, s'engage à continuer de bâtir des partenariats avec la communauté et des organismes sans but lucratif afin de mieux s’attaquer aux enjeux de racisme.

Je suis engagé à faire mieux, tout comme le service de police, a-t-il dit durant un point de presse, mercredi.

Nous devons faire plus, mieux et de manière plus efficace, a-t-il ajouté.

Dans la communauté noire, d’un côté comme de l’autre de la rivière des Outaouais, tous s’entendent pour dire que les changements naîtront d’un travail qui doit être fait en collaboration avec tous les acteurs de la communauté.

Plusieurs organismes veulent maintenant avoir des politiques d’équité, de diversité et d’inclusion. Pour moi, c’est une grande victoire, a conclu Valérie Assoi, insistant sur le fait que tout un chacun est, finalement, un être humain.

Avec des informations d’Ismaël Sy et de Rémi Authier

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