•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’impact de nos vêtements sur les forêts

Un T-shirt accroché à un arbre.

« La mode est une menace croissante pour les écosystèmes forestiers les plus importants au monde », affirme la fondatrice de Canopée, Nicole Rycroft.

Photo : Radio-Canada / Camille Vernet

Camille Vernet

Un consommateur qui tente de réduire son empreinte écologique va peut-être se pencher sur la provenance de ses vêtements. Mais qu'en est-il de la « liste d’ingrédients » de leur fabrication? Certains matériaux utilisés pour la création de nos vêtements sont en fait issus des forêts.

À Vancouver, l’organisme à but non lucratif Canopée se spécialise dans l'élaboration de solutions pour éliminer l’utilisation d'arbres dans les fibres textiles.

Des vêtements faits avec des arbres

Certains de vos habits sont peut-être faits de fibres semi-synthétiques comme la rayonne, la viscose ou le modal. Celles-ci sont faites à partir de cellulose de bois ou de bambou. Ces tissus représentent 5 % de l'ensemble de l'industrie mondiale de la mode et leur utilisation est en augmentation.

Chaque année, plus de 200 millions d’arbres sont coupés pour faire de la viscose ou de la rayonne. Ce chiffre va doubler au cours de la prochaine décennie.

Une citation de :Nicole Rycroft, fondatrice et présidente de Canopée
Nicole Rycroft dans une forêt.

La transformation du bois en textiles est toutefois un procédé polluant. C'est une matière initialement naturelle, mais qui a besoin d’un procédé chimique pour la transformation, constate Myriam Laroche, stratège principale en développement durable du textile et du vêtement.

Faut-il abandonner ces textiles? Pas forcément. Il n’y a pas de fibre parfaite, il y a des avantages et des inconvénients à chaque fibre, constate-t-elle.

Changer le système

L’organisme Canopée a créé le classement Hot Button, qui permet aux producteurs de viscose d’obtenir le statut de chemise verte. Pour cela, l’entreprise doit se soumettre à des audits afin d'éliminer tout risque d'approvisionnement à partir de forêts anciennes et menacées. Son utilisation de produits chimiques est aussi évaluée.

Cette évaluation des fournisseurs est essentielle pour les détaillants de vêtements. C’est tellement complexe de s’assurer que ce que nous achetons n’a aucune provenance de forêt vierge. C’est une énorme tâche, nous confie Peter Simons, le directeur de la Maison Simons.

Un arbre et une étiquette de vêtements.

En 2020, 320 détaillants étaient en partenariat avec l’organisme Canopée pour réduire leur impact sur les forêts.

Photo : Radio-Canada / Camille Vernet

Cette année Nicole Rycroft a remporté une subvention de 3 millions de dollars offerte par l’organisation américaine Climate Breakthrough.

Un montant encore trop faible, selon Myriam Laroche. Il devrait avoir 30 millions pour vraiment faire le changement. Je trouve que ces organismes-là qui veulent tellement faire des changements, ce sont ceux qui ont le moins de ressources financières pour faire ça.

Recycler les fibres usagées

Selon la Commission économique pour l'Europe des Nations unis, 85% des vêtements produits finissent à la poubelle, ce qui représente 21 milliards de tonnes par an de déchets qui pourraient être transformés en nouveaux textiles.

Lorsque nous utilisons un arbre, seulement 22 % à 40 % de l’arbre sont transformés en fibres, alors que, si on utilise un t-shirt recyclé, c’est 95 % à 100 % de ce t-shirt qui va ressortir comme fibres pour créer un nouveau t-shirt , explique Nicole Rycroft.

Des piles de vêtements de couleur grise sont dans un entrepôt.

Des vêtements et des morceaux de tissus en attente d'être mis au recyclage.

Photo : iStock / azmaners

La mode semble être le parfait candidat pour une gestion plus circulaire des ressources. J’adore l’idée d'urban mining pour l'avenir, s’enthousiasme M. Simons. Selon l'entrepreneur, il y aurait assez de matériaux à recycler dans nos centres urbains pour ne plus avoir besoin de matériaux vierges.

Avec l’aide de Canopée, la Maison Simons devrait complètement éliminer l’utilisation de cellulose faite à partir de bois d’ici 2025.

Toutefois, le développement de ces technologies est coûteux. C’est donc un travail d’équipe, des producteurs de viscose jusqu’aux consommateurs. Il faut que le client voyage avec nous dans cette question de consommation plus responsable, conclut M. Simons.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !