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Procès de Benoit Cardinal : une policière marquée par la scène de crime

Des véhicules de police dans une rue résidentielle, en hiver.

Le corps de Jaël Cantin a été découvert dans la maison du couple, à Mascouche, en janvier 2020.

Photo : Radio-Canada

La première policière à être intervenue sur les lieux où Jaël Cantin a été tuée, l’an dernier à Mascouche, a « figé » en découvrant le corps ensanglanté de la mère de six enfants, dont le conjoint Benoit Cardinal subit un procès pour meurtre prémédité, au palais de justice de Joliette.

C’était la première fois que je voyais une scène de la sorte, a témoigné Catherine Harel, devant le jury mercredi.

La jeune policière de Mascouche et son partenaire sont intervenus chez Benoit Cardinal et Jaël Cantin vers 4 h 12 dans la nuit du 16 janvier 2020 peut-être pour une introduction par effraction.

En entrant dans la maison, Catherine Harel a aperçu Benoit Cardinal dans le sous-sol, face contre terre, torse nu, immobile. Quand j’ai touché sa jambe, il s’est mis à bouger et à crier, a raconté la policière.

Puis, dans la chambre à coucher, l’agente a découvert le corps inerte de Jaël Cantin, 33 ans. Elle était couchée au sol, près de son lit, son visage tuméfié et enflé. Il y avait une grosse flaque de sang sous sa tête. [...] Ses cheveux baignaient dans le sang, se rappelle Mme Harel.

J’ai complètement figé. Qu’est-ce que je suis en train de voir là?, s’est demandé la policière.

Après des manœuvres de réanimation, la victime a été transportée à l’hôpital, où sa mort a été constatée.

C’était un gros événement. Le lendemain, je ne suis pas rentrée au travail, a affirmé la policière.

En contre-interrogatoire, la défense a insisté sur le fait que les premiers répondants ne s’étaient pas souciés de protéger la scène. Vous n’avez pas regardé où vous mettiez les pieds?, a demandé l’avocat de l’accusé, Louis-Alexandre Martin, en évoquant que des objets avaient pu être déplacés. Notre préoccupation première était de sauver les gens, a indiqué Catherine Harel.

Pas de traces d’introduction par effraction, selon la SQ

C’est clair qu’il n’y a pas eu d’entrée forcée dans la maison, a ensuite témoigné l’enquêteur Mathieu Boulianne, de la Sûreté du Québec.

Il n’a remarqué aucun bris sur les portes d’entrée, cadres, poignées ou fenêtres. Aucune trace de pas n’a été observée dans la neige derrière la maison.

Dans la chambre principale, les meubles ne semblaient pas avoir été déplacés, selon l’enquêteur. Le cadre posé contre le mur, le téléviseur et la commode paraissaient en place.

Dans l’entrée de la maison, la poursuite a attiré l’attention des jurés sur la photo d’un sac à main déposé au sol contre un garde-robe.

Des pelles et de petits cônes orange menant à une porte, sous un abri de type Tempo.

La défense a souligné la présence d’un manteau retrouvé à l’extérieur, sous l’abri de type Tempo de la résidence de Jaël Cantin et Benoit Cardinal.

Photo : Radio-Canada

Le jour du drame, Benoit Cardinal a affirmé à la police qu’un intrus les avait attaqués chez eux. Quelques heures plus tard, la police l’a plutôt considéré comme le suspect du meurtre. Selon la poursuite, il a prémédité le crime.

La défense a souligné la présence d’un manteau retrouvé à l’extérieur, sous l’abri de type Tempo de la maison. Un trousseau de clefs et un portefeuille se trouvaient dans une poche. Mathieu Boulianne a affirmé ne pas avoir testé les clefs dans les serrures de la maison.

Plus tôt dans le procès, une ancienne jeune fugueuse a témoigné que Benoit Cardinal lui avait confié avoir élaboré trois plans pour tuer la mère de ses enfants. L’accusé a démissionné de son poste d’éducateur en Centre jeunesse quelques jours avant le drame, après avoir été suspendu. Le couple, qui avait six enfants, avait des ennuis financiers.

Le procès a repris mercredi après avoir été suspendu près de deux semaines, en raison d’une contamination à la COVID-19.

L’accusé est représenté par Louis-Alexandre Martin et Ghassan Toubal. Caroline Buist, Valérie Michaud et Geneviève Aumont mènent le dossier pour le ministère public. La juge Johanne St-Gelais préside le procès.

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