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Une nouvelle technique de sextorsion inquiète

Publication Facebook d'une jeune femme attirante en robe.

Le nombre de tentatives de sextorsion enregistré est en nette augmentation depuis le début de la pandémie.

Photo : Radio-Canada

Alexia Bille

Une tactique de sextorsion, ou chantage sur Internet, s'appuyant sur des trucages vidéo a fait plusieurs victimes au cours des derniers mois au Canada et inquiète le Centre canadien de protection de l’enfance.

Les "sextorqueurs" ne manquent pas d’imagination et ils utilisent diverses techniques pour s’en prendre à leur victime, déclare le porte-parole du Centre, René Morin.

Les sextorqueurs sont des personnes qui tentent de faire du chantage pour obtenir de l’argent, des cartes-cadeaux ou des images à caractère sexuel.

Récemment, un certain nombre d’entre eux se sont mis à utiliser une technologie appelée hypertrucage. Aussi appelée deepfake, cette technique consiste à placer le visage d’une personne sur le corps d’une autre personne présente dans une vidéo.

Une femme dans une cuisine à côté d'une version "deepfake" d'elle-même.

Une démonstration d'hypertrucage dans une vidéo publiée par Facebook.

Photo : Capture d'écran - YouTube

Dans le cas de la sextorsion, le malfaiteur place le visage de sa victime, souvent jeune, sur le corps d’une personne nue ou pratiquant un acte sexuel. Il menace ensuite de diffuser la photo ou la vidéo aux proches de la victime, voire de la diffuser sur divers sites Internet.

Ça démarre souvent par un appel vidéo d’une personne que vous ne connaissez pas, explique M. Morin. Vous décrochez quelques minutes seulement ou même quelques secondes, mais la conversation a été enregistrée à votre insu. La personne a désormais des images de votre visage.

René Morin recommande donc de ne pas répondre aux appels vidéo d’inconnus. Il explique également que les visages peuvent être récupérés sur les médias sociaux comme Facebook, Instagram, Snapchat, Skype, Twitch et Omegle.

Cette forme de chantage en ligne ne touche pas seulement les enfants comme l'indique M. Morin. Cependant, les jeunes sont les plus touchés par le phénomène. Il suggère donc aux parents d’évoquer ce danger avec leurs enfants.

Si vous cédez aux menaces, vous ne faites qu’empirer la situation, ajoute René Morin.

Il recommande de ne surtout pas céder aux exigences du maître-chanteur. Si vous avez déjà envoyé de l’argent, vous pourriez tenter d’annuler le virement. Si celui-ci a déjà été effectué, vous pourriez demander un formulaire de dénonciation de chantage au service de transfert de fonds utilisé.

Il est également primordial de conserver toutes les informations du malfaiteur ainsi que les conversations.

Les recours

Si vous ou votre enfant êtes victimes de ce type de chantage, vous pouvez vous rendre sur le site Internet cyberaide.ca (Nouvelle fenêtre) pour effectuer un signalement.

La plateforme du Centre canadien de protection de l’enfance se chargera de récolter vos preuves et votre témoignage, d’enquêter et de transmettre le dossier aux autorités compétentes. Le système fonctionne également si le maître-chanteur se trouve à l’étranger.

Si celui-ci a mis ses menaces à exécution et que les montages illicites se retrouvent publiés en ligne, les victimes peuvent se rendre sur le site aidez-moiSVP.ca (Nouvelle fenêtre), pour obtenir de l’aide afin de les retirer.

En cette période de pandémie où les plus jeunes passent plus de temps sur Internet, cyberaide.ca a enregistré une hausse de 88 % des signalements, principalement pour des cas de sextorsion.

Les personnes qui se livrent à ce genre de pratique risquent d’être inculpées de possession de pornographie juvénile (passible d'une peine pouvant aller jusqu'à 14 ans de prison) ou d'extorsion (passible d'une peine pouvant aller jusqu'à 4 ans de prison).

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