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L'industrie touristique albertaine, largement dépendante du secteur aérien

Des voyageurs, valises à la main, dans le terminal international de l'aéroport de Calgary.

Pour les acteurs de l'industrie touristique albertaine, il n'y a aucun doute que leur santé est intrinsèquement liée à celle du secteur aérien.

Photo : Radio-Canada / Tiphanie Roquette

Pour les acteurs albertains du tourisme, l’avenir de l’industrie dans les prochains mois dépend en grande partie de la capacité des compagnies aériennes à faire voler leur flotte, car la majorité de leurs clients arrivent dans la province par avion.

Malgré l’impact dévastateur de la pandémie de COVID-19 sur l’industrie touristique en Alberta, les acteurs du secteur veulent y croire, mais à condition que les avions puissent transporter les touristes.

Nous parlons beaucoup de pipelines dans cette province, mais mon pipeline à moi a des ailes... Tant que nous n'aurons pas rétabli notre accès aérien, nous ne serons pas en mesure d'assurer le type de reprise dont nous avons besoin, explique David Goldstein, directeur de Travel Alberta.

Selon lui, avec ses deux gros aéroports, ses activités multiples, et les Rocheuses à proximité, la province est un endroit dans lequel on vient par les airs. C'est d'autant plus important que les Canadiens des classes moyennes ont économisé de l’argent et qu’ils ont un désir de voyage, soutient-il.

Selon les statistiques de Travel Alberta, entre janvier 2020 et janvier 2021, les arrivées et les départs à l'aéroport international de Calgary ont chuté de 81 % (-77 % pour les vols intérieurs et -89 % pour les vols internationaux).

Nous travaillons avec la Ville et les transporteurs aériens pour relancer certains de ces vols et connexions critiques vers l'Alberta, en particulier à Calgary, annonce M. Goldstein, qui note que la métropole est actuellement l'un des aéroports les plus connectés au Canada, ce qui profite à toute la province.

Malgré son espoir pour l’avenir, le directeur de Travel Alberta déplore que le budget fédéral fasse peu de place à l’industrie aérienne. Cela relève de la juridiction du fédéral et, pourtant, il y a peu de mesures pour maintenir le secteur aérien en vie, déplore David Goldstein.

Air Canada a peut-être conclu un accord avec le gouvernement fédéral, mais je ne pense pas que cela reflète la santé du secteur de l'aviation.

Une citation de :David Goldstein, directeur, Travel Alberta

Des vacances d’hiver au Canada?

La question n’est donc pas de savoir si le secteur du tourisme va se remettre de l'impact de la pandémie, mais plutôt, à quelle vitesse. Et si M. Goldstein comprend l’importance de se concentrer sur la saison estivale, il pense qu’il faut aussi penser à long terme.

Les Canadiens voudront probablement aller dans le sud cet hiver, mais on doit faire en sorte de leur faire comprendre que le Canada est une très bonne destination pour l’hiver et l’automne, affirme-t-il. Il espère que le message pourra aussi être transmis aux États-Unis, ce qui mettrait l’industrie canadienne en concurrence directe avec celle de son seul voisin.

Et c'est justement en lorgnant de l’autre côté de la frontière que les acteurs du tourisme albertain, comme Cindy Ady, la directrice de Tourism Calgary, reprennent espoir. En regardant les États-Unis, on observe que le niveau d'activité a augmenté avec l’accélération de la vaccination : cela évolue très rapidement et nous sommes prêts à faire la même chose, dit-elle.

Selon elle, comme selon David Goldstein, cette année encore, il faudra donc miser sur des campagnes promouvant les vacances sédentaires, ce qui serait facilité par le fait que les Canadiens n’ont pas pu se voir pendant de très longs mois et qu’ils auront envie de visiter leur famille ou leurs amis au pays.

Attention au choix des mots

Sol Zia, qui dirige la Calgary Hotel Association, pense, lui, qu’il faut travailler sur la question de l’image que les voyages renvoient actuellement. Il appelle à être plus prudent sur le choix des mots qui leur sont associés.

Le mot voyager fait sourciller, en ce moment, et cela vient du gouvernement, des influenceurs et des médias qui mentionnent les voyages sous un angle négatif et je pense que c'est une habitude qui doit être rompue, soutient-il.

Il pense que l’industrie souffrira moins si l’accent est plutôt mis sur les valeurs et les choses positives associées au voyage. La stigmatisation des voyageurs est un concept qui n'existait même pas avant la pandémie, fait-il d’ailleurs remarquer.

Depuis le début de la pandémie, les différents gouvernements préconisent d'éviter les voyages non essentiels vers d'autres régions. Des restrictions qui ont été renforcées avec l'apparition des variants du virus.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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