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Des villages du Nord-du-Québec isolés par les restrictions de déplacements

Une arche qui surplombe la route portant l'inscription « Porte de la Baie James ».

La porte de la Baie-James, à Villebois dans le Nord-du-Québec.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Depuis le 14 avril dernier, les déplacements en provenance ou en direction de l’Abitibi-Témiscamingue sont à quelques exceptions près interdits. Le décret du gouvernement du Québec crée une situation particulière pour les villages de Beaucanton, Val-Paradis et Villebois.

Situées dans la région administrative du Nord-du-Québec, ces localités entretiennent de forts liens économiques et sociaux avec l’Abitibi-Ouest, ne se trouvant qu’à quelques kilomètres de la ville de La Sarre.

Selon André Elliott, président de la localité de Villebois, une certaine confusion s’est installée dans les jours qui ont suivi l’annonce du gouvernement concernant les restrictions de déplacements.

Il y a des services qui doivent être faits à La Sarre. On n’a pas le choix, les services sont là. Je peux comprendre la déception des gens qui ont des résidences secondaires dans notre zone, parce qu’on est vraiment un à côté de l’autre. S’il y avait un mot à retenir là-dedans, c’est "confusion". Il n’y a pas de barrages qui sont mis, alors on est dans une zone qui est un peu plus particulière qu’ailleurs, indique-t-il.

Stéphane Picard devant son garage.

Stéphane Picard est garagiste et président d'un camping situé dans le Nord-du-Québec.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Stéphane Picard, président du camping Mont Fenouillet à Cheval, situé à Villebois, confirme que de nombreux citoyens sont préoccupés par l’interdiction de déplacements vers le Nord-du-Québec.

C’est sûr que ça nous cause beaucoup de soucis. On a les gens de La Sarre qui veulent aller camper à Villebois. Villebois est en zone jaune, La Sarre en zone orange, donc il n’y a personne qui peut se déplacer, sauf les gens de Villebois, Val-Paradis et Beaucanton qui peuvent se rendre sur le terrain de camping, affirme M. Picard.

La saison cette année est hâtive, alors on a des appels, trois ou quatre par jour, de nos clients campeurs. On en a tout près de 200. Eux veulent monter, car le terrain est ouvert. Ils sont préoccupés de savoir si et quand ils pourront y aller.

Une citation de :Stéphane Picard

Les déplacements essentiels autorisés

Alors qu’une certaine confusion a régné durant quelques jours à la suite de l’annonce du décret, la situation s’est finalement clarifiée, les autorités permettant aux habitants du Nord-du-Québec de se rendre en Abitibi-Témiscamingue pour faire leurs achats essentiels.

Gilles Bergeron dans son dépanneur.

Gilles Bergeron est propriétaire de l'épicerie de Val-Paradis.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Pour Gilles Bergeron, propriétaire de l’épicerie G. Bergeron de Val-Paradis, c’est le gros bon sens qui a finalement eu le dernier mot.

De ne pas aller à La Sarre, pour nous autres, à Val-Paradis, Villebois et Beaucanton, c’est presque impossible. Je suis le seul dépanneur au nord du 49e parallèle, alors tout le monde qui ont besoin d’autres choses, ils doivent aller dans la zone orange, en Abitibi, dit-il.

Il y a beaucoup de choses qu’on prend à La Sarre. On n’a pas le choix. On a un dépanneur pour trois villages, mais on ne vend pas de tout.

Une citation de :Gilles Bergeron
Nelson Tremblay

Nelson Tremblay, président de la localité de Valcanton.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Pour Nelson Tremblay, président de la localité de Valcanton, fusion administrative de Val-Paradis et Beaucanton, la limitation des déplacements entre zones représente un mal nécessaire pour protéger la santé de la population. M. Tremblay soutient que les impacts des restrictions de déplacements se font davantage sentir sur le plan social que sur le plan économique dans sa communauté.

Nous autres ici, il y a l’industrie minière qui occupe une place importante. C’est beaucoup des travailleurs de l’extérieur qui sont là, mais il y a des mesures qui s’appliquent pour encadrer ces déplacements. Les impacts sont plus sur le côté social, parce qu’on a de la famille, et on a hâte de tous se réunir, affirme-t-il.

Sylvie Mailhot, agente communautaire pour la localité de Valcanton, est bien placée pour témoigner de l’impact social des mesures en place. À la tête d’un organisme communautaire offrant des repas en semaine dans les villages de Beaucanton et Val-Paradis, Mme Mailhot indique que les mesures en place font en sorte que des gens de l’Abitibi-Témiscamingue bénéficiant normalement du service en sont présentement privés.

Sylvie Mailhot assise dans son bureau devant son ordinateur.

Sylvie Mailhot, directrice de l'organisme Village Santé Valcanton.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

C’est pour nous protéger si le gouvernement prend ces décisions-là. Mais c’est triste pour les personnes de La Sarre ou de Normétal qui venaient nous voir. C’est un moment à passer pour eux, parce qu’on ne peut pas les accueillir, mais c’est notre part pour s’en sortir, estime-t-elle.

Selon Nelson Tremblay, la vaccination de la population constitue un passeport vers la liberté pour le Nord-du-Québec. Il souhaite que les restrictions de déplacements soient abolies lorsque tous les citoyens auront reçu leur deuxième dose.

La vaccination est fonctionnelle. On a des rapports quotidiens du CRSSS Baie-James qui nous donne l’état de la situation. Il y a quand même pas mal de monde de vacciné. La deuxième dose devrait arriver ici vers le mois de mai. Ils font tout le Nord, avec les communautés autochtones, et ensuite ils s’en viennent vers chez nous, déclare-t-il.

Son homologue de la localité de Villebois, André Elliott, stipule que des discussions avec la ville de La Sarre devront avoir lieu avant de faire des représentations auprès de la Santé publique pour rouvrir la région.

Il faut être concertés, et surtout avec le maire de La Sarre, parce que ce sont ses citoyens qui viennent chez nous, et on veut les accueillir avec joie, ce n’est pas un problème, conclut-il

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