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Max Schrems, le visage de la lutte pour la protection des données privées

Portrait d’un jeune homme habillé chaudement à l’extérieur.

En octobre 2015, Max Schrems a mené des démarches pour faire invalider l’accord Safe Harbor par la Cour de justice de l’Union européenne. Cette entente, qu’il a réussi à déboulonner, encadrait le transfert des données des internautes de l’Europe vers les États-Unis et leur utilisation par de nombreuses entreprises américaines.

Photo : AFP / Joe Klamar

Agence France-Presse

Empêcher Google de vous suivre à la trace sur votre téléphone intelligent : voilà le cheval de bataille de l’Autrichien Max Schrems, l’homme à la tête d’une équipe de juristes qui fait trembler les géants du web.

Ce véritable affrontement de David contre Goliath, selon son expression, n’est pas motivé par la quête de gloire ou par le combat idéologique. Le jeune homme de 33 ans est plutôt animé par la volonté farouche de protéger la vie privée des internautes face aux GAFA (Google, Amazon, Facebook et Apple) qui font des profits en violant la loi, a-t-il affirmé à l’Agence France-Presse (AFP).

Je ne voulais pas me faire connaître au début, mais tout comme Greta Thunberg incarne la lutte contre le changement climatique, j’ai accepté d’être le visage du débat sur la vie privée.

Une citation de :Max Schrems

Un combat sur plusieurs fronts

Actuellement, la quinzaine de membres du personnel de son organisation viennoise Noyb (pour None of your business, ce ne sont pas vos affaires ), fondée en 2018, suit quelque 150 procédures judiciaires.

En réalité, nous ne devrions pas exister. Le problème, c’est que de nombreux États membres ne font pas correctement leur travail.

Une citation de :Max Schrems

Il cite l’exemple de l’Irlande, siège européen de nombreuses multinationales, où 99,9 % des dossiers sont tout simplement jetés à la poubelle.

C’est un problème fondamental que nous avons en Europe. Nous sommes très bons pour adopter des lois et nous féliciter de la protection de la vie personnelle, pour dire à quel point nous sommes excellents en matière de droits de la personne, mais nous ne sommes en fait pas très bons pour les faire appliquer, déplore Max Schrems.

Dernière offensive en date, Noyb a annoncé début avril le dépôt d’une plainte contre Google auprès de la CNIL, le régulateur français, pour dénoncer l’utilisation d’un code de pistage sur les téléphones intelligents Android à des fins de ciblage publicitaire.

Guidé par l’indignation

Max Schrems a gardé, une décennie après ses premiers faits d’armes, la même indignation face aux pratiques de la Silicon Valley qui, selon lui, ignorent délibérément la législation, notamment le Règlement général sur la protection des données (RGPD), en vigueur en Europe.

C’est quelque chose que les gens doivent comprendre. Ce qui est sur votre écran, c’est un monde magnifique de services en ligne, mais il y a une tonne de choses qui se passent en arrière-plan et sur lesquelles vous n’avez aucun contrôle, mentionne-t-il.

Il voit là un phénomène absolument effrayant, s’indignant du fait que les GAFA tentent de plus en plus de se dédouaner de leur responsabilité en demandant aux internautes de régler eux-mêmes les paramètres.

Facebook met régulièrement en place de nouvelles options censées protéger la vie privée de ses utilisateurs et utilisatrices, mais en réalité, personne au monde ne va cliquer sur ces boutons.

Une citation de :Max Schrems

L’Autrichien s’étonne d’ailleurs de la confiance du public à l’égard des réseaux sociaux alors même que plusieurs internautes ont rechigné à télécharger les applications gouvernementales anti-COVID, pour la plupart tout à fait dans les règles, selon lui.

C’est assez étrange de penser que les gens font confiance à Google pour toutes leurs données, mais pas à leur ministère de la Santé, relève-t-il, regrettant une approche très émotionnelle du sujet.

Parallèlement à ses combats quotidiens, Max Schrems garde un œil sur les discussions en cours entre l’Union européenne et les États-Unis au sujet du transfert de données personnelles.

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