•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’écologie au quotidien : des femmes de Hearst inspirent

Dans le cadre du Jour de la Terre, Radio-Canada dresse le portrait de femmes qui ont complètement modifié leurs habitudes de vie, une étape à la fois, pour faire des choix plus verts.

Un trio au féminin.

Valérie Lecours avec ses cochons, Lynn Glazer dans sa serre et Desneige Larose à sa maison hors-réseau.

Photo : Radio-Canada / Montage: Camile Gauthier

Hearst, leur terre d’ancrage, est le lien qui relie les trois femmes de notre trio. Lynn Glazer a lancé un club d’écologie, Desneiges Larose génère sa propre électricité et Valérie Lecours a pratiquement éliminé l’épicerie. 

L’écologie et l’autosuffisance, ce n’est pas quelque chose que tu te réveilles du jour au lendemain et que tu te débarrasses de tout ce qui est fait en Chine, lance d’entrée de jeu la fondatrice du club d’écologie.

Son entrée en matière a commencé à l’âge de 6 ans : la petite Lynn regardait ses grand-mères faire la mise en pot de produits de saison. Aujourd’hui, elle prépare plus de 1000 pots de conserve par année.

Je ‘’canne’’ beaucoup, beaucoup. Je n’achète pratiquement pas de jus de tomates, de tomates en dés. Je fais tout pousser chez nous, dans ma serre .

Une famille traie une vache.

Valérie Lecours éduque ses enfants à puiser leur récolte à même la source. La cadette de la famille traie leur vache sous le regard complice de ses frères.

Photo : Radio-Canada / Gracieuseté: Valérie Lecours

À quelques pâtés de maison de là, Valérie Lecours rêve aussi à l’autosuffisance alimentaire, alors qu’ils élèvent notamment leurs porcs et transforment le lait de leur vache en fromage.

Mon but n’est pas de tout produire moi-même. Mon but serait d’encourager les locaux qui produisent quelque chose que je ne produis pas. Faire des échanges et d’encourager les autres qui travaillent fort.

Une citation de :Valérie Lecours

Son fils de 11 ans souffle à l’oreille de sa maman : j’aimerais construire une ville indépendante.

De nos trois témoignages, Desneiges Larose a pris les mesures les plus draconiennes en matière d'environnement. Depuis 13 ans, son mari et elle vivent sans dépendre sur le réseau électrique provincial, grâce à un système de panneaux solaires et de gaz naturel pour cuisiner.

C’est incroyable à quel point on a besoin de peu, renchérit Mme Larose. On ne peut rien avoir avec un élément. Automatiquement, on n’a pas de cafetière conventionnelle, je n’ai pas utilisé de grille-pain depuis 13 ou 14 ans. Pas de micro-ondes ni de séchoir.

Une leçon à la jeunesse

L'autosuffisance n’est pas une matière que l’on enseigne à l’école comme les mathématiques ou le français. Les trois femmes sont toutes des mères qui apprennent à leurs enfants à prendre soin de la planète.

C’est l’idée d’avoir une relation directe avec ce que la nature peut produire pour nous, raconte Desneiges, qui alimente sa maison à l’aide d’un système solaire photovoltaïque.

Mes deux enfants comprennent très bien que s’il fait soleil, on génère de l’énergie. Ça veut dire que Maman est capable de faire trois lavages aujourd’hui au lieu de juste un.

Une citation de :Desneiges Larose, résidente de Hearst

Ses enfants ont aussi compris la saisonnalité des aliments, les framboises, les bleuets et les champignons comestibles.

C’est drôle de penser que c’est une approche écologique, je trouve que c’est plus un rapprochement de notre héritage culturel. C’est un retour aux souches.

Une citation de :Desneiges Larose, résidente de Hearst
La maison d'une femme au beau milieu du bos.

Desneiges Larose vit dans cette maison sans électricité alimenté par des panneaux solaires.

Photo : Desneiges Larose

Le constat est le même pour la famille de Valérie Lecours.

Une chose que je peux dire de mes enfants, c’est qu’ils savent d’où leur nourriture vient. Aujourd’hui, les enfants ne savent pas d’où vient le lait. Les amis dans la classe en maternelle de ma petite dernière n’ont aucune idée que ça vient de la vache.

Après la récolte de lait, Valérie Lecours apprend à ses enfants à faire tout type de produits laitiers: la crème, le beurre, le yogourt, la crème glacée.

On fait aussi notre pain, le dernier pain que j’ai acheté, c’est à la fin 2019. Thomas [8 ans] c’est mon chef qui fait les plus beaux pains de la maison, relate fièrement la mère de famille.

Le sourire de satisfaction quand la famille s'assoit à table pour déguster n’a pas d’égal. On peut dire, on a toute fait pousser et élever ça. C’est un sentiment incroyable que je ne peux pas retrouver ailleurs, dit-elle.

Le défi de vivre en région éloignée

Si le mode de vie carboneutre était un jeu vidéo, le vivre à Hearst représenterait le niveau expert : une seule épicerie, loin de centre-ville, se dresse dans le paysage.

Le seul moyen d’aller faire ses courses est en voiture et les magasins en vrac sont inexistants.

Si on veut des épices ou quelque chose comme ça, c’est plus difficile de trouver ça ici. Rester dans une communauté éloignée, ça demande beaucoup plus d’innovation, indique Lynn Glazer.

Une femme qui cueille un champignon avec sa fille.

Lynn tout sourire après avoir récolté le champignon comestible préféré de sa fille Ariane, un bolet de grésille.

Photo : Radio-Canada / Gracieuseté: Lynn Glazer

Ce sont ses trucs et astuces qui lui donnent le goût de lancer un club écologique à Hearst. Sur sa page Facebook, Lynn partage comment faire des sacs refermables de type Ziploc, des serviettes hygiéniques et du papier toilette à partir de matières recyclées.

Ça commence par un petit pas pour réduire notre empreinte écologique. Une chose que j’ai commencé à faire il y a plusieurs années, c’est d’arrêter de prendre des pailles quand on va chercher du prêt à emporter. Je ne dis pas que je suis parfaite, que je ne mange plus jamais au restaurant non plus, conclut à la blague celle qui rêve d’autosuffisance alimentaire.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !