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Qualité de l'air : où sont les résultats des écoles privées?

Québec ne les a pas obligées à faire des tests de dioxyde de carbone (CO2) dans leurs classes.

Une salle de classe vide photographiée à travers l'œil magique d'une porte.

125 000 élèves québécois étudient dans le réseau privé, soit 13 % des effectifs scolaires.

Photo : Reuters / Francois Lenoir

Contrairement aux écoles publiques, les établissements privés n'ont pas été forcés de réaliser des tests de qualité de l'air, a appris Radio-Canada grâce à divers documents.

Québec n'a donc pas de portrait de la ventilation dans les 270 établissements privés, regroupant 125 000 élèves, soit 13 % des effectifs scolaires de la province.

Lorsque le ministère de l'Éducation a dévoilé les résultats des tests de qualité de l'air dans les classes du Québec mardi, aucune école privée n'apparaissait sur la liste.

Des écoles invitées à tester, mais pas obligées

Dans une lettre datée du 4 décembre, le sous-ministre à l'Éducation Alain Sans Cartier sollicite la collaboration des établissements privés pour veiller à ce que le niveau de dioxyde de carbone présent dans l'air de[s] écoles soit conforme aux normes en vigueur.

Le sous-ministre ajoute que certains établissements d'enseignement privé pourront être invités à effectuer des mesures de dioxyde de carbone dans leurs installations.

Notez que remplir le formulaire et le transmettre au Ministère n’est pas une obligation.

Une citation de :Extrait d'une note technique du ministère, transmise aux établissements privés le 20 janvier

Dans une autre lettre aux écoles privées, datée du 20 janvier, le ministère écrit qu'il ne prévoit pas de les aider financièrement pour la réalisation des mesures de CO2, mais nous recommandons tout de même aux établissements d’effectuer les suivis demandés.

À l'époque, dans le dossier du plomb dans l'eau (Nouvelle fenêtre), les tests avaient été « exigés » autant aux écoles publiques qu'aux écoles privées.

Deux poids deux mesures, dénonce un syndicat d'enseignants

C'est étonnant que le ministère ne semble pas se soucier avec beaucoup de sérieux de la qualité de l'air dans les milieux privés, dit le président de la Fédération du personnel de l'enseignement privé (FPEP), Stéphane Lapointe.

Il dénonce un double standard et rappelle que la ventilation est une préoccupation majeure pour ses membres, dans le contexte de la pandémie.

À partir du moment où il n'y a pas de reddition de compte, qu'est-ce qui va nous prouver que la qualité de l'air est adéquate dans ces milieux-là?

Une citation de :Stéphane Lapointe, président du syndicat FPEP-CSQ

Selon le syndicat, la moitié des écoles privées n'auraient pas fait de tests, mais il ne dispose pas d'un portrait complet.

Une majorité d'écoles privées ont fait les tests, assure leur regroupement

David Bowles.

David Bowles, président de la Fédération des établissements d'enseignement privés

Photo : Radio-Canada

Le président de la Fédération des établissements d'enseignement privés, David Bowles, admet ne pas avoir non plus de portrait complet de la situation.

Mon impression, c'est que la grande majorité ont fait des tests et ont pris des mesures correctives lorsque nécessaire, dit-il.

Par exemple, le Collège de Montréal s'est associé à une entreprise pour installer des équipements de ventilation mécanique munis de filtres HEPA de qualité médicale et des systèmes d'apport d'air neuf reliés directement aux fenêtres des locaux.

Le ministère nous a souligné l'importance de la qualité de l'air, nous a donné le protocole pour pouvoir mesurer la qualité de l'air, nous demandait de procéder, mais ne nous obligeait pas à consigner ou envoyer les résultats au ministère de l'Éducation.

Une citation de :David Bowles, président de la Fédération des établissements d'enseignement privés

Chaque établissement privé ne doit rendre des comptes qu'à son conseil d'administration, rappelle David Bowles.

Je ne peux pas vous répondre si c'est normal ou anormal, dit-il. On est vraiment des écoles autonomes des centres de services scolaires et, d'une certaine façon, même du ministère de l'Éducation.

Au Québec, les deux tiers des écoles privées reçoivent des subventions du gouvernement. Ce financement correspond à 60 % de ce qui est versé à l’école publique pour un élève régulier pour les services éducatifs.

Le PQ n'obtient pas de réponse à ses questions

Véronique Hivon durant une conférence de presse.

La porte-parole du 3e groupe d’opposition en matière d'éducation, Véronique Hivon.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Pourquoi ne pas avoir assujetti les écoles privées? a demandé la porte-parole du PQ en matière d'éducation, Véronique Hivon.

Le ministre Roberge a alors répondu que les écoles privées avaient reçu les mêmes consignes, la même communication, la même lettre, le même protocole que les établissements publics.

Or, comme en font foi les lettres citées plus haut dans cet article et disponibles ci-dessous, ces communications étaient distinctes du public et ne contenaient pas de caractère obligatoire.

Le cabinet du ministre affirme que M. Roberge faisait référence à une autre lettre, signée de sa main, dans laquelle il s'adressait à tous les établissements publics et privés et demandait de faire les tests et d’effectuer des correctifs si nécessaire.

Jeudi, à la suite de la publication de notre article, le ministère de l'Éducation a précisé qu'il est de la « responsabilité » des écoles privées de faire ces tests.

Ce sont des établissements autonomes avec un conseil d’administration et il leur revient donc de s’assurer, dans le contexte épidémiologique actuel, que la qualité de l’air dans les classes correspond aux normes établies.

Une citation de :Bryan St-Louis, porte-parole du ministère de l'Éducation du Québec

Selon la porte-parole de Québec solidaire en matière d'Éducation, Christine Labrie, « ce n'est pas suffisant d'appeler à la responsabilité [des établissements privés] pour un enjeu de santé publique comme celui-là. Il aurait fallu l'exiger. »

Le PQ a aussi demandé que les résultats des tests soient rendus publics école par école, plutôt que par centre de services scolaire (CSS).

Jean-François Roberge a alors renvoyé la responsabilité de publier les résultats détaillés aux CSS. Ces derniers ne l'ont pas encore fait, pour une grande partie d'entre eux, comme dévoilé par Radio-Canada mardi.

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