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La nouvelle cible canadienne dépassera les 40 % de réduction des GES

Face aux attentes des Américains, le gouvernement Trudeau annoncera sa cible canadienne plus ambitieuse lors du sommet mondial sur le climat du président Joe Biden.

Justin Trudeau portant un masque avec une feuille d'érable.

Justin Trudeau annoncera jeudi la nouvelle cible canadienne, lors du sommet mondial sur le climat du président Joe Biden.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Justin Trudeau profitera du grand sommet de Joe Biden sur le climat, jeudi, pour dévoiler la nouvelle cible climatique du Canada.

Radio-Canada a appris que le premier ministre n'annoncera pas un chiffre précis, mais plutôt une fourchette de réduction des gaz à effet de serre (GES).

Selon nos informations, la cible-fourchette canadienne dépassera les 40 % de réduction d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2005, mais ne devrait pas excéder 45 %.

Le premier ministre Justin Trudeau en fera l’annonce lors de son allocution au sommet prévue entre 8 h et 10 h jeudi matin. Le ministre de l’Environnement Jonathan Wilkinson tiendra ensuite un point de presse à 11 h.

L’objectif du gouvernement Trudeau au sommet est de rappeler aux Canadiens qu’on a un programme ambitieux et solide et de prêcher par l’exemple sur la scène internationale afin de démontrer que même un pays producteur de pétrole peut avoir un plan concret, indique une autre source au sein du gouvernement.

D'après nos informations, les Américains ont exprimé clairement qu’une cible inférieure à 40 % serait mal perçue en prévision de la participation au sommet.

Jeudi, le Canada devrait aussi annoncer une collaboration accrue entre le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada et le Conseil de la Maison-Blanche sur la qualité de l’environnement pour verdir les pratiques de leurs gouvernements respectifs, notamment en matière de normes d’approvisionnement.

Le premier ministre Justin Trudeau va également insister sur le fait que les pays plus riches doivent donner un coup de main aux nations moins bien nanties, afin de les aider à atteindre leur cible de réduction des GES.

Un camion passe devant un bâtiment industriel.

Pendant des années, la cible du gouvernement fédéral était de 30% de réduction des GES d’ici 2030, par rapport aux niveaux de 2005. En décembre dernier, Ottawa a parlé de l’augmenter de 32 à 40%, sans être plus précis. Les troupes de Justin Trudeau souhaitent maintenant que la cible dépasse la barre des 40%.

Photo : La Presse canadienne / JASON FRANSON

Une cible-fourchette qui dépend des provinces

Le Canada veut jouer de prudence dans l’élaboration de son objectif, parce qu’il dépend entre autres des provinces pour atteindre sa cible plus ambitieuse. Le budget fédéral de lundi plaçait la cible de réduction des GES à 36 %. Mais on a besoin des provinces pour aller chercher un 4-5 % de plus, indique une source gouvernementale.

Les provinces sont responsables de plusieurs secteurs qui touchent la lutte contre les changements climatiques, comme les transports, l’énergie, l’exploitation des ressources naturelles, l’agriculture et la production d‘électricité.

D’ailleurs, le ministre de l’Environnement, Jonathan Wilkinson, a fait une tournée virtuelle avec ses homologues provinciaux la semaine dernière, afin de sonder ses appuis. Les provinces attendaient sur les lignes de côté en attendant le jugement de la Cour suprême, mais là, on sent que certaines sont prêtes à bouger, indique une source au courant des discussions.

D’autres pays ont annoncé leurs cibles ces dernières heures, comme le Royaume-Uni, avec une réduction de 78 % d’ici 2035 par rapport au niveau de 1990.

On s’attend également à ce que le Japon annonce une cible-fourchette qui dépassera les 40 %.

Le plan canadien plus solide

Le président Joe Biden devant un champ de panneaux solaires.

Le président Biden mise beaucoup sur le développement des énergies renouvelables dans son plan de relance économique.

Photo : Reuters / BRIAN SNYDER

Si la cible canadienne risque d’être moins ambitieuse que celle des États-Unis – qui pourrait atteindre 50 %, selon certains médias américains –, le Canada sera capable de démontrer de manière plus crédible et détaillée comment il compte y arriver, indique une source gouvernementale qui a demandé de conserver l’anonymat.

Cette source fait également remarquer que le plan Biden n’est toujours pas passé au Congrès. Une fois que ce sera fait, il va en rester quoi? demande-t-elle.

Le titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l'énergie à HEC Montréal, Pierre-Olivier Pineau, croit aussi que le plan climatique du Canada demeure malgré tout plus solide que celui des Américains.

La cible n’a rien à voir avec l’efficacité du plan.

Une citation de :Pierre-Olivier Pineau, professeur en gestion de l’énergie à HEC Montréal

D’après lui, le plan de Justin Trudeau a un avantage considérable sur celui qu’est en train de mettre en place Joe Biden aux États-Unis : il contient une mesure contraignante pour changer les habitudes quotidiennes des automobilistes, soit la tarification du carbone.

Malheureusement, le discours politique sur les taxes et les impôts est extrêmement difficile aux États-Unis, fait-il remarquer.

Par contre, l’administration démocrate américaine entend investir massivement dans les infrastructures, entre autres dans le transport ferroviaire, alors qu’au Canada, l’argent se fait toujours attendre, rappelle M. Pineau.

Dans le dernier budget fédéral, il y avait des miettes pour le transport [par train] entre Montréal et Toronto. Par contre, Ottawa a prêté 6 milliards de dollars pour sauver Air Canada, précise-t-il. Selon lui, si l’on veut que les Canadiens changent de comportement, il faut aussi qu’ils aient accès à des infrastructures qui engendrent peu d’émissions de gaz à effet de serre.

Pierre-Olivier Pineau suggère que des tarifications additionnelles soient imposées aux automobilistes pour financer un plus grand réseau de trains et de transport en commun au Canada, entre autres une taxe sur l’achat des gros véhicules et une taxe kilométrique sur les routes.

Le budget fédéral déposé cette semaine comprend plus de 17 milliards pour la relance verte, des investissements pour l’électrification des transports, des normes carburant plus propres, la capture du carbone et le transport en commun notamment.

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