•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

COVID-19 : la communauté latino-américaine de Toronto veut davantage de soutien

La façade d'un immeuble

Le Centro Cultural Latinoamericano Toronto se trouve dans le quartier Little Jamaica de Toronto.

Photo : Radio-Canada / offerte par Enzo Moreno

Radio-Canada

Les membres de la communauté latino-américaine de Toronto sont près de sept fois plus susceptibles de contracter le COVID-19 que la population non racisée, selon de nouvelles données du Bureau de santé publique de Toronto.

Ils sont également quatre fois plus susceptibles de devoir être hospitalisés pour traiter la maladie. 

C'est comme s'il y avait des citoyens de première classe et des citoyens de seconde classe, a déclaré Enzo Moreno, directeur du Centro Cultural Latinoamericano Toronto.

Le Centro Cultural joue un rôle important dans le soutien de la communauté, notamment en accueillant des banques alimentaires pour les habitants.

M. Moreno explique qu’il y a un sentiment d’avoir été abandonné dans la communauté avec qui il travaille.

La Dre Vinita Dubey, médecin-hygiéniste adjointe de Toronto, a déclaré qu'il y avait plusieurs raisons pour lesquelles les Latino-Américains - comme d'autres groupes racialisés - pourraient subir des effets disproportionnés de la COVID-19.

Il peut s'agir de stress dû au racisme et à la discrimination, de disparités sanitaires préexistantes liées à des facteurs sociaux et économiques, de difficultés d'accès aux soins de santé et aux services sociaux ou d'une incapacité à suivre les directives de santé publique parce qu'ils sont des travailleurs essentiels ou vivent dans des maisons surpeuplées.

Tout a à voir avec les conditions sociales, a déclaré M. Moreno.

Selon lui, de nombreux Latino-Américains louent des chambres dans des maisons parce que les prix des loyers ont monté en flèche, de sorte qu'ils partagent les cuisines et les salles de bains avec de nombreuses autres personnes. D'autres ont été encore plus marginalisés par la perte d'emploi.

La distanciation sociale n'existe pas, a-t-il déclaré.

Nous avons vu à chaque chapitre de cette pandémie que les personnes racialisées en font les frais. Ces nouvelles données montrent l'importance pour nous de a) récolter des données fondées sur la race et b) d'agir en conséquence, a déclaré le Dr Naheed Dosani, médecin en soins palliatifs et militant pour la justice sanitaire.

Le COVID-19 n'est pas un virus égalitaire.

Vaccination : un système complexe

Le service de santé publique de Toronto recueille depuis plus d'un an des données sur la pandémie et ses effets sur diverses communautés.

En début de semaine, la Dre Eileen de Villa, médecin hygiéniste en chef de Toronto, a déclaré que la vaccination dans les points chauds était essentielle pour atténuer la troisième vague.

Aussi, la province a vanté les mérites des cliniques mobiles comme étant un moyen efficace de fournir des vaccins aux quartiers sensibles. Ceci étant dit, la Ville a déclaré qu'elles étaient destinées à jouer un rôle spécialisé et que la majeure partie des vaccinations allait être effectuée dans des cliniques de vaccination de masse ainsi que dans des cliniques gérées par des pharmacies.

Naviguer dans ce système peut être déroutant, sans compter la barrière de la langue.

Je pense que le gouvernement a fait des efforts, a déclaré M. Moreno, mais qu’il a fallu se battre pour obtenir des informations correctes, clairement communiquées aux personnes qui en ont besoin de toute urgence.

C'est un problème que Ruben Rodriguez s'efforce de résoudre.

M. Rodriguez, qui dirige le centre de dépistage de la COVID-19 à l'hôpital Humber River, est particulièrement attentif aux problèmes d'accès aux soins de santé pour la communauté des nouveaux immigrants latino-américains, car il est lui-même Latino-Américain et a déjà été un nouvel arrivant. Il a émigré de Cuba il y a près de deux décennies.

Je suis conscient du privilège qui a accompagné mon développement en tant que professionnel au Canada, dit-il, mais cela me fait penser aux personnes qui commencent leur vie au Canada et à tous ces privilèges qu'elles n'ont pas.

La clé, dit-il, est d'utiliser les ressources communautaires auxquelles les gens font confiance, des ressources comme le Centro Cultural. 

La Ville consciente de la situation

La Ville fait des efforts, a déclaré le conseiller Joe Cressy, président du conseil de la santé de Toronto.

La Ville a alloué plus d'argent pour aider les organisations desservant les personnes âgées à redéployer leur personnel afin de se concentrer à aider les membres de la communauté à prendre rendez-vous et être vaccinée.

Elle offre un service de traducteurs par téléphone, en plus de ressources en ligne dans plusieurs langues, dont l'espagnol. De plus, un tableau blanc situé dans la clinique de vaccination de masse du Centre des congrès de Toronto indique les langues parlées par le personnel.

C'est la campagne de vaccination de notre vie, a déclaré Mme Cressy. Nous devons nous assurer qu'elle efface toutes les barrières imaginables pour que tout le monde, dans toutes les langues, dans toutes les communautés et dans tous les coins de notre ville, puisse avoir accès au vaccin.

M. Rodriguez estime qu'il faut faire davantage : Si nous ne défendons pas les intérêts de ceux qui n'ont pas le privilège de comprendre leur environnement, nous les laissons tomber.

Avec les informations de CBC News

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !