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Se lancer dans l'arène poétique

Portrait de la poète qui regarde un peu à droite de la caméra.

La poète Lorrie Jean-Louis

Photo : Étienne Bienvenu

Mylene Gagnon

Lauréate du Prix des libraires 2021 en poésie et du Prix du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) – Œuvre de la relève à Montréal, Lorrie Jean-Louis a fait paraître son premier recueil de poésie l’an dernier : La femme cent couleurs. Autrice et lectrice de poésie, elle affirme que ces deux rôles sont aussi importants l’un que l’autre.

Lorrie Jean-Louis n’est pas passée de lectrice à autrice du jour au lendemain. Dès l’âge de 10 ans, elle écrivait. Si on lui avait alors demandé ce qu’elle écrivait, elle aurait sans doute répondu de la poésie. Aujourd’hui, elle n’en est plus si sûre. Mais la publication, elle, ne s’est faite qu’il y a un an. C’est une amie, autrice et éditrice, qui l’a en quelque sorte obligée. Comme c’est une amie proche, je ne pouvais pas fuir, je ne pouvais pas non plus lui mentir. J’ai ressemblé les poèmes que j’avais écrits dans une section qui s’appelait justement La femme cent couleurs.

Elle n’avait donc jamais pensé à publier, elle qui une journée peut écrire trois poèmes, puis, le mois suivant, rien. Je ne commence jamais par me dire : "j’aimerais publier". J’écris quelque chose et après je vois si c’est potable.

Et justement, qu’est-ce qui fait qu’un poème est "potable"? Ce sera sa force d’évocation, c’est-à-dire que la poésie va devoir m’amener très loin et très vite, parce que les mots auront été bien choisis. Je pense que la poésie doit porter. Il y a des poèmes qui ne portent pas, ils s’écrasent.

Au rancart donc les mots complexes, les adjectifs trop nombreux. On sent parfois que la personne veut vraiment provoquer un sentiment, mais elle met tellement de mots que, finalement, elle écrase cette possibilité. C’est comme crier des mots qui sont déjà lourds en eux-mêmes.

Le rôle clé du lectorat

Oui, la poésie est vue comme un genre hermétique, plus difficile d’accès. Mais pour Lorrie Jean-Louis, c’est que la poésie est un état, un sentiment intérieur. C’est comme quand on va se faire masser. La lumière est tamisée, il y a une musique douce qui accompagne la séance de massage. On se met dans l’état de pouvoir recevoir le massage. C’est un peu ça, la poésie. On doit se mettre dans une position où on est capable de recevoir, d’assimiler les choses.

C’est aussi parce que la poésie ne ressent pas le besoin d’expliquer, soutient l’autrice. Son recueil, mince, et dont les poèmes contiennent peu de mots, a d’ailleurs été salué pour sa simplicité par les membres du jury du CALQ. La poésie laisse beaucoup plus de place au lecteur ou à la lectrice. On dépose les mots et on dit : "C’est toi qui fais le dessin." La personne qui lit doit beaucoup travailler.

Vous écrivez des poèmes? Envoyez-nous vos textes inédits d’ici le 31 mai 2021!

Prix de poésie : Inscrivez-vous du 1er avril au 31 mai

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