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Archives

Acheter c’est voter : le message de Laure Waridel

Laure Waridel, souriante, en 2001.

Au début des années 2000, Laure Waridel sensibilisait déjà le grand public à la consommation responsable avec sa chronique «Acheter c'est voter» à l'émission radio «Indicatif présent».

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Depuis plus de vingt ans, l’écosociologue Laure Waridel milite pour un monde plus écologique, équitable et solidaire. En ce Jour de la Terre, nos archives retracent le fil de son engagement citoyen.

Une cause café

Cofondatrice d’Équiterre, Laure Waridel s’est fait connaître du grand public à la fin des années 90 avec le concept de commerce équitable du café.

Le commerce équitable change la vie des petits producteurs.

Le dépanneur (audio), 4 septembre 1997

Photo : iStock

À l’émission radio Le dépanneur du 4 septembre 1997, elle présente le fruit de ses recherches menées dans une coopérative de café au Mexique. Laure Waridel en a tiré un essai : Une cause café.

Laure Waridel décrit la pauvreté qu’elle a observée chez les paysans qui travaillent dans les plantations de café. Une pauvreté qu’elle calcule sur le plan du développement humain.

Elle brosse aussi un tableau de la manière dont le commerce international est organisé, de l’inégalité dans la structure des échanges qui avantage les pays du nord.

Comme consommateur, nous avons un rôle à jouer, prône Laure Waridel.

Le café et le commerce équitable, c'est un moyen pour faire en sorte que les paysans reçoivent un meilleur prix, affirme Laure Waridel. Ça ne change pas toute la structure du commerce international, mais c'est une première marche.

L’envers de l’assiette

Laure Waridel, assise en studio près d'un micro.

Indicatif présent (audio), 18 janvier 2001

Photo : Radio-Canada

Acheter c’est voter, c’est le titre d’un ouvrage de Laure Waridel, mais c’est aussi le titre de la chronique qu’elle entame le 18 janvier 2001 à l’émission radio Indicatif présent.

L’animatrice Marie-France Bazzo offre ce micro à la sociologue afin de présenter aux auditeurs une autre manière de consommer, une consommation politique et plus qu’avertie qui se traduirait aujourd’hui par une consommation responsable.

On va voter tous les quatre ans, mais on achète tous les jours, déclare Laure Waridel. C'est très important de savoir de qui l'on achète et où on met notre argent.

Pour éviter de faire des chèques en blanc, elle propose de guider et de mieux informer les auditeurs d’Indicatif présent à travers cette tribune.

En s'informant, en essayant de devenir un meilleur consommateur, on devient un meilleur citoyen.

Une citation de :Laure Waridel

Les grandes entreprises ont beaucoup de pouvoir politique et peu de responsabilités sociales ou environnementales. « En faisant pression comme consommateur, il y a moyen de faire changer les choses, de se réapproprier ce pouvoir-là », croit Laure Waridel.

Je sens que ça va être épuisant de faire le marché avec vous, mais drôlement stimulant, conclut l’animatrice Marie-France Bazzo dans cet extrait de la première chronique Acheter c’est voter.

Au-delà du contenu de notre assiette, Laure Waridel promet d’y aborder d’autres sujets liés à la consommation tels que les investissements éthiques, l’écotourisme, l’agriculture biologique et la gestion de nos déchets.

Cessez d’utiliser des sacs en plastique et apportez votre sac réutilisable à l’épicerie, glisse par exemple Laure Waridel dans cette chronique de 2001.

Montréal ce soir, 12 avril 2001

Le troisième Sommet des Amériques qui se tient à Québec en avril 2001 soulève une importante mobilisation contre la mondialisation.

Au bulletin de nouvelles Montréal ce soir du 12 avril 2001, le journaliste Jean-Hugues Roy invite Laure Waridel à lui montrer comment combattre la mondialisation en faisant des emplettes.

Devant un étalage de pommes au supermarché, la militante écologiste lui explique que des produits importés en apparence moins chers cachent d’autres coûts qui n’apparaissent pas sur les étiquettes. Pour ces pommes du Chili, ce sont ceux du transport, du pétrole, des conditions de travail et de la santé des travailleurs.

La mondialisation actuelle crée une distorsion des marchés. On crée une autre dette, une dette environnementale et sociale met en garde Laure Waridel.

La variété dans les supermarchés nord-américains est aussi une illusion, expose Laure Waridel, puisqu’un nombre de plus en plus restreint de multinationales contrôlent l’alimentation.

Les profits du fromage P’tit Québec par exemple retournent aux États-Unis, car la marque est associée à Kraft Foods qui elle-même appartient au conglomérat Philip Morris.

Laure Waridel nous invite à faire des choix de consommation différents et à penser local.

Il va falloir choisir : ou l'on veut développer économiquement ou l'on veut essentiellement protéger les animaux ou quoi que ce soit à tout prix sans mettre l'humain au-devant des choses, défend l’économiste Claude Montmarquette interrogé en contrepartie.

On est plus que des consommateurs, martèle pour sa part Laure Waridel. On est des citoyens avant d'être des consommateurs et il y a des gens qui vont venir après nous.

La transition, c’est maintenant

Avec ses ouvrages Acheter c’est voter et L’envers de l'assiette, Laure Waridel devient dans les années 2000 une référence en matière de commerce équitable et de consommation responsable.

La porte-parole d’Équiterre est aussi fréquemment invitée sur les plateaux de Radio-Canada afin de discuter plus largement d’enjeux sociaux et environnementaux.

Élections Québec 2003 - Le journal, 1er avril 2003

Le 1er avril 2003, au lendemain d’un débat des chefs, l'animateur Bernard Derome la reçoit par exemple sur le plateau de l’émission spéciale Élections Québec 2003 – le journal afin de connaître son opinion de la campagne électorale en cours.

Laure Waridel se dit très déçue de constater que l’environnement, la pauvreté, l’immigration, la question agricole et la réforme du système électoral ne semblent pas être des enjeux inscrits aux programmes des principaux partis.

Ce sont des choses dont j'aurais aimé entendre parler, explique Laure Waridel, mais ce n'est peut-être pas assez payant sur le plan électoral.

L'environnement, c'est l'eau qu'on boit, c'est la nourriture qu'on mange, c'est l'air qu'on respire, c'est le pays où l’on vit aussi.

Une citation de :Laure Waridel

Bien bon de vous parler et de vous entendre, déclare le chef d’antenne Bernard Derome à la fin de cette entrevue.

Simondurivage.com, 8 mars 2005

C’est avec sa cadette dans les bras que Laure Waridel commente sur les ondes de la chaîne RDI l’égalité entre les sexes dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars 2005.

Car l’engagement citoyen de Laure Waridel est aussi celui d’une mère, et plus particulièrement d’une mère d’une enfant atteinte d'une maladie génétique rare à laquelle elle souhaite offrir un cadre de vie le plus normal possible.

À l’animateur Bernard Drainville qui lui demande quel est le plus beau gain obtenu par les femmes dans les dernières années, Laure Waridel répond : le système québécois des garderies à 5/7 $.

Et le combat qu’il reste à gagner pour les femmes? L’équité salariale.

Les mentalités prennent beaucoup de temps à changer, souligne la femme engagée. Une observation qui s’applique à nombreux de ses chevaux de bataille.

Laure Waridel discute avec une lectrice.

Laure Waridel lors du lancement de son livre « La transition, c'est maintenant » en 2019.

Photo : Radio-Canada

Ces dernières années, Laure Waridel a lancé deux mouvements : Le Pacte de la transition, qu’elle a codirigé avec le metteur en scène et militant environnementaliste Dominic Champagne et Mères au front, avec l’auteure et cinéaste Anaïs Barbeau-Lavalette.

Deux mouvements pour sonner l’alarme relativement aux changements climatiques qui menacent l'avenir des prochaines générations.

La professeure associée à l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM a aussi publié un livre résumant ses idées : La transition, c’est maintenant.

24 heures en 60 minutes, 8 novembre 2019

À l’émission 24 heures en 60 minutes du 8 novembre 2019, Laure Waridel discute du message de son ouvrage avec l’animatrice Anne-Marie Dussault.

La transition, on vient tout juste de l’amorcer, croit l’écosociologue, bien que le drapeau rouge ait été levé depuis plusieurs décennies déjà.

On tarde à passer de la parole aux actes, mais on est à l'amorce, au début de quelque chose qu'on observe sur le terrain.

Une citation de :Laure Waridel

Cette transition, Laure Waridel la voit dans la mobilisation citoyenne, mais aussi dans une panoplie d’initiatives d’économie sociale dans la société civile, dans les entreprises et au sein du gouvernement.

Tous les secteurs de l'économie peuvent jouer un rôle afin d’évoluer vers une société plus écologique et solidaire, mais il faut maintenant aller dans la même direction, suggère son livre.

Laure Waridel propose en ce sens de nombreuses pistes de solution pour revoir le système, à petite et grande échelle.

Vous avez été longtemps seule à parler de ces questions-là et vous gardez votre optimisme, souligne l’animatrice Anne-Marie Dussault.

Il y a des moments où je suis découragée comme tout le monde, lui répond Laure Waridel, mais j'essaie de transformer cette inquiétude, cette colère, cette tristesse qui monte parfois en quelque chose de positif.

Je pense que c'est vraiment en se rassemblant, en s'impliquant dans différentes initiatives citoyennes qu'on peut contrer l'écoanxiété et contribuer à la suite du monde qu'on se souhaite et celle qu'on souhaite à nos enfants.

Une citation de :Laure Waridel
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