•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Caméras d'intervention pour les policiers : Québec prépare quatre projets pilotes

Caméra d'intervention portée sur le torse d'un policier.

Les projets pilotes de port de caméras d'intervention se dérouleront à compter de la fin avril dans quatre villes du Québec.

Photo : Radio-Canada / Monty Kruger - CBC

Après le projet pilote mené par la police de Montréal, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, annoncera sous peu la mise en place de quatre autres projets de caméras d'intervention menés cette fois par la Sûreté du Québec.

Ça fait déjà quelques mois qu’on travaille là-dessus, a assuré Mme Guilbault mercredi en mêlée de presse. J’ai mis en place un comité stratégique formé des ministères et des personnes directement concernées par la question : la Sécurité publique, le DPCP, la Justice, quelqu’un de l’informatique…

Dans quelques jours, on annoncera le démarrage du premier projet pilote par la Sûreté du Québec qui va avoir lieu à Rimouski, autour du 26 avril. […] Il y a quatre projets pilotes dans quatre endroits différents pilotés par la Sûreté du Québec.

Une citation de :Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique du Québec

Expliquant le désir du gouvernement de bien faire les choses dans cet épineux dossier, Geneviève Guilbault a souligné que le rapport sur le premier essai effectué au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) avait révélé l’existence d’enjeux et de problématiques liés au port de caméras par les agents.

On s’est dit qu’on allait partir un nouveau projet pilote qui va tabler sur les erreurs ou les problèmes relevés dans le premier pour faire mieux, a-t-elle ajouté.

Questionnée sur les délais et l’utilité réelle d’équiper les policiers de caméras, la ministre a expliqué qu’il est facile de se dire lorsque survient un événement que les policiers auraient dû porter une caméra d'intervention, mais ce n’est pas aussi simple que ça en a l’air, a-t-elle tempéré.

Ça amène quand même des éléments de gestion de preuve, des arrimages technologiques, un élément financier aussi important.

Une citation de :Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique du Québec

En ce qui a trait au verdict de culpabilité prononcé mardi contre le policier américain Derek Chauvin qui a tué George Floyd, un homme noir, lors d’une arrestation troublante le 25 mai 2020 à Minneapolis, la ministre a dit espérer que ce verdict pourra apporter un peu de réconfort aux proches de M. Floyd.

Soulignant que des problèmes de profilage racial et social existent au Québec comme ailleurs, Geneviève Guilbault a cependant précisé que la situation qui existe actuellement aux États-Unis est différente du climat actuel au Québec.

Je ne dis pas qu’au Québec nous sommes exempts de problématiques, pas du tout. [Mais] au Québec, on est déjà en action.

Une des premières choses que j’ai faites [en devenant ministre], j’ai réactivé au ministère de la Sécurité publique un comité qui se penche sur le profilage racial qui était là depuis 13 ans et qui, à toute fin pratique, n’avait accouché de rien.

On a eu des dizaines de rencontres, incluant avec des représentants de la société civile, parce qu’une des choses qui est importante, c’est d’avoir un dialogue qui implique toutes les parties prenantes, a conclu Mme Guilbault.

Encore du travail à faire, reconnaît Benoit Charette

Un point de vue que partage le ministre responsable de la Lutte contre le racisme, Benoit Charette, qui a déclaré que les combats menés pour les droits civiques aux États-Unis nous rappellent qu'il y a aussi du travail à faire au Québec.

Pour le ministre, l'affaire Floyd se veut un message à l'endroit des policiers, également au Québec, à savoir que de tels comportements sont désormais punissables par la justice, même s'ils émanent de policiers.

Précisant que sans les images de l'arrestation de George Floyd tournées par des passants, on peut prendre pour acquis qu'il n'y aurait pas eu d'accusations, Benoit Charette a du même souffle incité les citoyens à capter des vidéos lorsqu'ils sont témoins de tels abus.

Rappelons que Benoit Charette s'est vu confier la responsabilité de la lutte contre le racisme par le premier ministre François Legault en février dernier dans le cadre d'une vingtaine de recommandations présentées en décembre par le Groupe d'action contre le racisme formé par le gouvernement.

Promettant un bilan des actions de son gouvernement pour lutter contre le racisme et l'exclusion bientôt, Benoit Charette a rappelé que l'État québécois travaillait déjà à l'amélioration de la formation policière afin de sensibiliser davantage les nouveaux agents au profilage racial et social dans l'exercice de leurs fonctions.

Utile, mais très complexe à gérer, selon l'ex-chef du SPVM

Selon l'ex-directeur du SPVM Marc Parent, qui s'exprimait mercredi au micro d'Isabelle Richer, sur les ondes d'ICI RDI, le projet pilote mené à Montréal a permis d'estimer que les coûts pour équiper les 3000 policiers du SPVM de caméras d'intervention et pour la gestion du système seraient d'environ 25 millions de dollars par année.

En dépit de leur utilité certaine, précise Marc Parent, la gestion de toutes ces images constituera aussi un défi de taille dans la mesure où leur traitement en vue de les produire comme preuve au tribunal alourdit énormément le processus judiciaire, selon lui. Ce qui nécessitera d’importantes réflexions sur l’efficacité d’un tel système, croit l'ex-chef de police.

On ne s'en sort pas, tous les corps de police qui l'ont utilisé jusqu'à maintenant arrivent souvent à ces mêmes conclusions. Toutefois, il y a des côtés définitivement positifs.

Une citation de :Marc Parent, ex-directeur du SPVM et chef de direction des Commissionnaires du Québec

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !