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Appel au changement à la suite du verdict de culpabilité de Derek Chauvin

Une murale avec le visage de George Floyd et portant l'inscription «I can't breathe. I want justice».

La mort de George Floyd à Minneapolis en mai 2020 a provoqué une onde de choc dans le monde entier.

Photo : Emmanuel Dunand/AFP/Getty Images

Radio-Canada

Entre espoir et appel à des changements systémiques, des Manitobains accueillent le verdict de culpabilité de l’ex-policier Derek Chauvin avec soulagement, mais affirment que la lutte contre le racisme et les inégalités est loin d’être terminée.

Derek Chauvin, l’ex-policier accusé pour la mort de l’Afro-Américain George Floyd en mai 2020 à Minneapolis, a été déclaré coupable de meurtre au deuxième degré, de meurtre au troisième degré et d’homicide involontaire mardi, après 10 heures de délibération du jury.

En entrevue avec CBC peu de temps après l’annonce du verdict, le fondateur du groupe Parents contre le racisme, Ben Maréga, ne savait pas encore exactement comment il se sentait par rapport à la nouvelle.

D’un point de vue juridique, il espère que le verdict de culpabilité crée un précédent. Mais il croit surtout que, ultimement, plus aucune personne racisée et autochtone ne doit mourir entre les mains de la police. La situation dure depuis beaucoup trop longtemps, ajoute-t-il.

Nous n’avons pas besoin d’un autre cas. La violence doit cesser maintenant, pour que nous puissions collectivement guérir, affirme-t-il.

De son côté, Mamadou Ka, professeur de sciences politiques à l’Université de Saint-Boniface, dit avoir été surpris du verdict, qu’il a néanmoins accueilli avec soulagement. C’est la justice que tout le monde attendait, affirme-t-il au micro de l’émission Le 6 à 9.

Toutefois, ce n’est pas la fin [des inégalités] aux États-Unis et ailleurs dans le monde, poursuit-il, en faisant remarquer que les injustices, qui remontent à 400 ans, sont trop dans les veines du système, que le racisme est trop ancré, pour un changement immédiat.

Des discussions aux réformes

La mort de George Floyd a déclenché des mouvements sociaux partout dans le monde et a incité des organisations et des gouvernements à remettre en question leurs fondements et à réfléchir à des changements systémiques.

Même s’il croit qu’il y a encore du travail à faire, Ben Maréga dit qu’il a remarqué, sur le plan local, des changements notables. En ce sens, il cultive l’espoir que George Floyd n’aura pas simplement été qu’une personne noire de plus abattue par la police.

Un homme noir en veste debout à l'extérieur.

Ben Maréga croit que l'éducation fait partie de la solution contre le racisme.

Photo : Radio-Canada / Amélie David

Il souligne l’implication de plusieurs organismes comme Parents contre le racisme. Néanmoins, ajoute-t-il, il faut toujours continuer à avoir de franches discussions sur les inégalités, de la table familiale au Palais législatif.

J’entends de plus en plus des gens parler d’éducation. Nous devons éduquer les gens à propos du racisme, car personne ne naît raciste. C’est enseigné, c’est appris, insiste-t-il.

Nous devons une meilleure société à la prochaine génération.

Une citation de :Ben Maréga, fondateur de Parents contre le racisme

Mamadou Ka appelle lui aussi à des changements profonds de la formation et de la mentalité des policiers, mais aussi de la société. Il fait valoir que l’attitude de la police à l’égard des Noirs est connue depuis longtemps et qu’elle remonte en fait à l’esclavage.

S’il salue qu’une réforme de la police soit à l’étude aux États-Unis, il dit attendre les autres procès qui arrivent, pour voir si la société américaine est prête à aller dans cette direction-là.

Selon le professeur de sciences politiques, au-delà de la police, la société américaine doit aussi changer en profondeur. Il faut que l’homme noir occupe sa place aux États-Unis, dit-il, en ajoutant que depuis des siècles, on lui vole sa place.

Au Canada aussi

Selon Mamadou Ka, les mesures que prendront les États-Unis pourront inspirer d’autres pays dans leur lutte contre le racisme. Les inégalités, mais aussi la solidarité, ne connaissent pas de frontières, souligne-t-il.

En entrevue avec CBC, la fondatrice de Black Space Winnipeg, Alexa Joy, affirme d’ailleurs que les Canadiens croient à tort que la brutalité policière n'est qu'un problème américain.

Elle rappelle l’histoire d’Eishia Hudson ou encore celle de Machuar Madut. Dans les deux cas, aucune accusation n’a été portée contre les policiers.

On peut voir [le verdict de culpabilité de Derek Chauvin] positivement, en un sens. Mais si nous ne sommes pas indignés que des personnes noires et autochtones meurent dans notre propre cour, dans notre propre communauté, nous contribuons assurément au problème, souligne-t-elle.

Avec des informations de Lauren Donnelly, de Faith Fundal, de Nicholas Frew et de Patricia Bitu Tshikudi

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