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Un survivant de 52 ans raconte son combat à l'Unité COVID de l'Hôpital de Hull

Des portes battantes dans un hôpital indiquant Unité COVID-19.

Un survivant de 52 ans s'est confié à Mathieu Nadon sur son combat contre le virus à l'Unité COVID de l'Hôpital de Hull.

Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot

Radio-Canada

Après une semaine à lutter pour sa vie à l’Unité COVID de l’Hôpital de Hull, un résident de l'Outaouais a tenu à raconter son expérience afin que d’autres, dit-il, ne tombent pas dans le piège de ce virus sournois et mortel.

C’est à 52 ans que Robert-Jules Côté a pleinement réalisé comment la vie était fragile, lorsqu’il a contracté la COVID-19, confie-t-il.

Même s’il s'essouffle encore à rien, M. Côté s’estime l’homme le plus chanceux du monde de simplement pouvoir respirer à nouveau. La COVID-19 a presque eu raison du père de famille.

Avec les variants qui s’imposent dans la région et une population d’aînés majoritairement immunisée, les autorités constatent que les nouvelles victimes de la COVID-19 sont de plus en plus jeunes.

La santé publique régionale remarque que les personnes de 20 à 59 ans sont davantage ciblées par le virus, des gens comme Robert-Jules Côté.

Plus tôt ce mois-ci, M. Côté a été conduit à l’Unité COVID de l'Hôpital de Hull, après ne pas s'être inquiété de ce qu’il croyait être au départ une vilaine grippe d’homme. Aussitôt admis, son état s’est rapidement détérioré.

Le visage d'un homme à l'hôpital.

Robert-Jules Côté a vaincu la COVID-19.

Photo : courtoisie

Dépassé par les événements, il ne réalise pas qu’il est à un cheveu de la mort jusqu’à ce qu’on le réveille en pleine nuit pour lui demander s’il souhaitait être réanimé, advenant le pire.

Si la scène est encore vague dans sa mémoire, les paroles d’un des professionnels y resteront gravées.

M. Côté, si jamais vous ne passez pas à travers cette nuit, est-ce qu’on doit s’acharner à vous réanimer ou on vous laisse partir? [...] On a le même âge, on ne va pas se raconter d’histoire, on pense que vous n’allez pas passer la nuit, lui dit-on.

Hagard devant le personnel soignant, il réalise après quelques secondes le sérieux de sa situation.

C’est une question qui m’a réveillé et qui m’a donné l’énergie du désespoir pour continuer, parce que jusque-là, je ne pensais pas que ma vie était en jeu, raconte-t-il.

Pour la première fois, il comprend qu’il pourrait succomber au virus et décide de s’accrocher à ce qu’il aimait le plus.

J’ai ma femme, avec qui je suis marié depuis 35 ans, j’ai trois grands enfants, des adultes. J’ai mes parents, ma famille qui m’aime. Je voulais vivre, dit simplement Robert-Jules Côté.

Affaibli par le virus, M. Côté est retourné à la maison cette semaine, investi d’une mission : faire part de son expérience, pleinement conscient aujourd’hui que le malheur n’arrive pas qu’aux autres.

Un homme accorde une entrevue par visioconférence.

Robert-Jules Côté insiste sur le fait qu'il ne faut pas banaliser la COVID-19.

Photo : Radio-Canada

Pour la première fois de ma vie, je réalise, que tu sois riche ou pauvre, ça ne va rien changer. Il ne faut pas trop banaliser la chose. Ce virus-là tue des gens pour vrai. [...] Il faut prendre ça au sérieux. Ça existe, c’est vrai et il y a des gens qui meurent. On ne peut pas faire semblant que ça n’existe pas, insiste-t-il.

Une chambre d'hôpital.

Une chambre vide du 6e Ouest de l'Hôpital de Hull (archives)

Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot

Durant son séjour, Robert-Jules Côté a été témoin des efforts presque surhumains qui sont déployés par le personnel pour lutter contre la COVID-19.

Si vous verriez comment les médecins, comment les infirmières, les préposés sont obligés de se dévouer et se démener pour six ou sept cas qui sont aux soins intensifs. Ça mobilise des ailes complètes d'hôpital juste pour quelques patients, témoigne M. Côté.

Lui-même, dit-il, a reçu un traitement sans faille. Pour l’aider à garder le moral et à vaincre la solitude durant son combat, une infirmière lui a d'ailleurs confectionné une ludique marionnette à l’aide d’un gant médical.

Une marionnette fabriquée à l'aide d'un gant médical.

Une infirmière a fabriqué une marionnette ludique à l'aide d'un gant médical pour réconforter Robert-Jules Côté. Il l'a d'ailleurs surnommée Wilson, en hommage au film Seul au monde.

Photo : Courtoisie

Un geste tout simple, dit-il, mais combien réconfortant et à l’image des soins qu’il a reçus. Il a lui-même donné un nom : Wilson, en hommage au film Seul au monde.

Ça m’a vraiment touché, ça m’a vraiment fait du bien aussi. Mon petit Wilson, je l’ai aimé et je l’ai gardé tout au long de mon séjour.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Outaouais indiquait la semaine dernière que les moins de 50 ans représentent maintenant 75 % des nouveaux cas.

Avec les informations de Mathieu Nadon

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