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Crise des opiacés : nouveau procès contre Johnson & Johnson et d'autres laboratoires

Un montage de comprimés avec un couloir d'hôpital en arrière-plan.

Plus de 81 000 morts par surdose ont été enregistrées aux États-Unis au cours d'une période de 12 mois se terminant en mai 2020.

Photo : Radio-Canada

Agence France-Presse

Un procès s'est ouvert cette semaine en Californie contre quatre laboratoires américains, dont Johnson & Johnson (J&J), accusés de marketing trompeur qui aurait contribué à la crise des opiacés, à l'origine d'une explosion des surdoses aux États-Unis.

Trois comtés californiens – dont celui de Los Angeles – et la Ville d'Oakland ont porté plainte contre ces entreprises pharmaceutiques pour leur promotion d'antidouleurs aux opiacés et pour avoir minimisé les risques de dépendance à ces médicaments.

La première plainte date de 2014, mais le procès contre J&J, Teva, Endo et Allergan s'est ouvert lundi en visioconférence.

Janssen, la filiale pharmaceutique de J&J, a contesté les faits dans une déclaration écrite transmise mardi à l'AFP.

Nos actions liées à la commercialisation et à la promotion de ces importants analgésiques sur ordonnance étaient appropriées et responsables, estime le groupe, qui précise avoir travaillé avec les régulateurs pour fournir des informations appropriées sur leurs risques et avantages.

Les accusés ont fait passer leurs profits avant les vies humaines et ont trompé le public sur les véritables dangers liés aux opiacés, avait de son côté estimé en mars James Williams, avocat du comté de Santa Clara.

Les plaignants, qui représentent 15 millions de personnes, soit 40 % de la population de l'État américain le plus peuplé, réclament des mesures pour empêcher de telles pratiques à l'avenir, et des dommages et intérêts pour aider les établissements de santé à lutter contre cette crise qui a fait environ 500 000 morts aux États-Unis depuis 1999.

Le vaccin de J&J suspendu aux États-Unis

Ce procès tombe particulièrement mal pour J&J, déjà condamnée à payer une amende de 465 millions de dollars américains par un juge de l'Oklahoma en 2019, pour avoir financé pendant un an des programmes de cet État destinés à remédier au problème.

Le laboratoire, aussi entaché par un scandale lié à son talc, espérait redorer son blason avec son vaccin anti-COVID-19, mais son utilisation a été suspendue aux États-Unis, en attendant les conclusions d'experts sur de possibles liens entre le vaccin et la formation de graves caillots sanguins.

Janssen indique mardi que lors du procès, il contestera les requêtes [...] qui ne contiennent aucune preuve de causalité.

La filiale de J&J argue en outre que ses médicaments représentent moins de 1 % du total des ordonnances d'opiacés en Californie et aux États-Unis depuis leur lancement. De son côté, Teva a également indiqué qu'elle se défendrait vigoureusement contre des allégations non étayées de preuves tangibles.

Le groupe s'est toutefois dit prêt à apporter son soutien aux personnes souffrant de dépendance aux opiacés.

Plus de 2000 plaintes en lien avec la crise des opiacés ont été déposées devant des tribunaux américains.

Elles reprochent notamment aux laboratoires d'avoir persuadé les médecins et les patients que ces médicaments pouvaient être utilisés pour soulager des douleurs chroniques, alors qu'ils auraient dû être limités aux douleurs vives et temporaires et aux soins palliatifs.

Pendant que l'utilisation des opiacés coûtait très cher à la Californie et à ses habitants, les accusés ont réalisé des profits à profusion. Rien qu'en 2014, les opiacés ont généré 11 milliards de dollars de revenus aux laboratoires comme eux, soulignent les avocats dans la plainte des collectivités californiennes.

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