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Budget fédéral : le milieu culturel pousse un soupir de soulagement

Des personnes masquées sont assises dans une salle de spectacle.

Les arts de la scène souffrent particulièrement de la pandémie.

Photo : Thibault Carron

Radio-Canada

Au lendemain du dépôt du budget fédéral, le secteur culturel se réjouit d’avoir été entendu par Ottawa dans son besoin d’aide pour survivre à la pandémie qui la frappe depuis un an. 

Une grande attention a été portée au secteur des arts et de la culture. Ce budget est un signal assez fort envoyé pour la relance du secteur, s’est félicité Luc Fortin, président et directeur général par intérim de la Guilde des musiciens et musiciennes du Québec (GMMQ), qui espère que cet argent ruissellera bien jusqu’aux artistes. 

Grâce aux sommes considérables consenties, notre secteur qui avait tant besoin d’oxygène va pouvoir désormais respirer, a indiqué, par communiqué, Martin Théberge, président de la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF). De quoi envisager avec plus de sérénité les prochains mois et participer de manière active à la relance économique.

Cet enthousiasme est partagé par Martin Roy, président-directeur général du Regroupement des événements majeurs internationaux (RÉMI) et directeur général de Festivals et événements majeurs Canada (FAME).

Ce sont les meilleures nouvelles qu’on a eues depuis le début de la pandémie, j’ai même versé une larme, a-t-il déclaré en entrevue à Catherine Richer, chroniqueuse culturelle à l’émission Le 15-18. Je me sens beaucoup plus léger.

En effet, le budget de 2021 prévoit une aide de 200 millions de dollars aux grands festivals et événements ainsi qu’une somme de 200 millions de dollars aux festivals et événements locaux de nature artistique, culturelle et sportive. 

Notre réalité est prise en considération, a-t-il ajouté. Depuis, on n’est pas capable de rassembler des gens alors que c’est notre pain et notre beurre.

De l’argent pour les arts vivants 

Autre mesure annoncée : un financement de 70 millions de dollars sur 3 ans alloué à Patrimoine canadien en faveur du Fonds de la musique du Canada. 

On se sent entendu, se réjouit Solange Drouin, directrice générale de l'ADISQ. 

Sur cette somme, 50 millions de dollars viendront en aide à la musique en direct, et notamment aux salles de concert. 

Je suis énormément rassuré, a déclaré Michel Sabourin, qui craignait, il y a encore un mois, pour la survie de sa salle, le Club Soda. 

Je crois que le réseau des salles privées va rester en vie, a également indiqué celui qui est aussi le porte-parole de l’Association des salles de spectacles indépendantes du Québec (ASSIQ). 

Patrimoine Canada recevra 300 millions de dollars sur 2 ans afin de créer un fonds de relance pour les arts et la culture, mais aussi pour le patrimoine et les sports. 

Que contiendra ce fonds?, s’interroge Éric Bouchard, président de la Corporation des salles de cinéma (CSCQ). Il ne pourrait pas y en avoir une partie pour les cinémas? Car, en ce moment, on opère dans des conditions épouvantables.

Des aides suffisantes?

L’annonce de la prolongation jusqu’en septembre de la subvention salariale d’urgence et de l’aide d’urgence pour le loyer, qui sont versées aux organisations, constitue une excellente nouvelle pour le secteur artistique. Cet argent va nous aider à payer nos frais fixes et à garder nos équipes en place, explique Michel Sabourin.

Je ne m’attends pas à un retour à la normale avant 2022, mais ça va aider à la transition cet automne.

Une citation de :Michel Sabourin, président du Club Soda

Le loyer et la main-d’œuvre, ce sont les coûts les plus importants pour les cinémas, précise Éric Bouchard, lui aussi heureux de pouvoir continuer à bénéficier de ces subventions. 

Septembre arrivant vite, le milieu culturel espère que ce soutien restera en place après le mois de septembre si nécessaire.

Si les activités finissent par reprendre, ces sommes seront peut-être suffisantes, mais il y a un gros point d’interrogation là-dessus.

Une citation de :Solange Drouin, directrice générale de l'ADISQ

On espère que le gouvernement fédéral fera preuve de flexibilité et d’ouverture selon l’évolution de la pandémie, renchérit Catherine Voyer-Léger, directrice du Conseil québécois du théâtre (CQT). 

Quant à la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE), qui est directement versée aux personnes, elle est également prolongée jusqu’au 25 septembre. Toutefois, son montant baissera de 500 dollars à 300 dollars par semaine à partir de la mi-juillet. Il faudra peut-être se réajuster, estime Luc Fortin. Car les gens abandonnent de plus en plus le métier.

La crainte d’une perte de talents et d’expertise aussi bien sur le plan artistique que technique inquiète plusieurs personnes, dont Michel Sabourin. 

Ce dernier juge que le système actuel est mal adapté aux travailleurs et travailleuses du secteur culturel et les pousse à prendre des emplois dans d’autres domaines. Tout le monde perd des travailleurs dans le milieu. Au Club Soda, on a perdu notre directeur technique, du personnel à la billetterie et des gens à la sécurité.

Une taxe pour les GAFA

Le budget fédéral prévoit également la création d’une taxe de 3 % s'appliquant aux grandes entreprises de services numériques dont le revenu brut est d’au moins 750 millions d’euros (environ 1,13 milliard de dollars canadiens). 

Cela ne règle pas tous les problèmes, mais c’est un pas dans la bonne direction pour commencer à rétablir l’équilibre avec ces géants, souligne Solange Drouin. 

Depuis longtemps, des personnes du secteur culturel réclament que les Spotify et Netflix de ce monde soient soumis aux mêmes règles que les entreprises canadiennes et qu’ils contribuent au financement de la création artistique locale. 

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