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Sonia Bonspille Boileau réalisera la première série dramatique autochtone de Radio-Canada

La fiction produite par Nish Media de Gatineau sera tournée dans la communauté autochtone outaouaise de Kitigan Zibi à l’automne.

Montage photo de Sonia Bonspille Boileau, Dominique Pétin, Antoine Pilon, Marco Collin, Eve Ringuette, Mylène St-Sauveur, Samian, Virginie Fortin et Théodore Pellerin.

La série « Pour toi Flora » sera tournée dans la communauté autochtone outaouaise de Kitigan Zibi à l’automne.

Photo : Radio-Canada

Portant sur les pensionnats autochtones, Pour toi Flora a été écrite et sera réalisée par la cinéaste mohawk québécoise Sonia Bonspille Boileau. La série dramatique mettra notamment en vedette Dominique Pétin, Marco Collin, Virginie Fortin, Samian, Mylène St-Sauveur et Antoine Pilon à l’écran.

L’histoire est celle du déracinement de jeunes de la nation algonquine Anishinabeg, arrachés à leurs familles pour être envoyés dans un pensionnat dirigé par les oblats dans les années 1960. Quoique la dramatique soit fictive, Pour toi Flora s’inspire de faits vécus par des centaines et des centaines de familles au Québec, rappelle la cinéaste Sonia Bonspille Boileau.

La série fera des aller-retours entre l’enfance des personnages au pensionnat et leur réalité contemporaine alors qu’ils sont adultes et tentent de renouer, et un peu de se guérir de leur passé, mais arriver surtout à l’accepter plus, soutient-elle. Après Rustic Oracle, la scénariste et réalisatrice fera ainsi la lumière sur un autre drame de l’histoire autochtone, vu de l’intérieur.

Il est à peu près temps de raconter cette histoire-là, mais que ce soit surtout porté par une équipe autochtone.

Une citation de :Sonia Bonspille Boileau, scénariste et réalisatrice

Pour toi Flora deviendra la première série dramatique écrite, réalisée et produite par une équipe autochtone à être diffusée sur les ondes de Radio-Canada. Il y a maintenant près de cinq ans que Sonia Bonspille Boileau y travaille avec le producteur Jason Brennan ainsi que l’équipe de la maison gatinoise Nish Media.

Le producteur Jason Brennan et la réalisatrice Sonia Bonspille Boileau, sur le plateau de tournage du film Vivaces.

Le producteur Jason Brennan et la réalisatrice Sonia Bonspille Boileau, sur le plateau de tournage du film Vivaces, en 2018.

Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Villeneuve

Si la série s’est fait attendre, elle s’en trouve d’autant plus pertinente dans un contexte social qui a énormément cheminé, selon la réalisatrice.

Il y a une plus grande place dans les médias et les arts, en général, pour la diversité et les histoires autochtones racontées par des autochtones, précise-t-elle. Je ne pense pas que j’aurais pu présenter cette histoire-là il y a 10 ou 15 années, surtout pas, malheureusement, avec un diffuseur autre que l’APTN, qui est le poste des peuples autochtones.

Consciente du poids de son mandat, Sonia Bonspille Boileau porte fièrement cette responsabilité. Elle est ravie d’avoir senti la confiance du diffuseur public dès le début du projet, décelant une sensibilité nouvelle face à l’importance d’illustrer la réalité des pensionnats autochtones à l’écran.

« Notre histoire collective, à tous »

L’envie de mettre en images ce pan de l’histoire québécoise vient de la propre douleur de la cinéaste, dont le grand-père maternel a vécu dans un pensionnat. En fait, moi, je suis le produit d’une assimilation : je ne parle pas ma langue, la génération de ma mère a vécu avec une grande honte de [son] identité autochtone, confie la réalisatrice d’origine kanien’kana:ka-québécoise, maintenant établie à Gatineau.

Cette dernière a recueilli des témoignages de survivants, en plus de leur faire relire les scénarios dans un souci d'exactitude et de respect.

Les survivants me permettaient de m’assurer ça, qu’on soit dans la résilience, la survie, la beauté puis la lumière, indique-t-elle.

Son objectif est de démontrer les répercussions des pensionnats sur ceux qui les ont vécus, mais aussi toutes les générations suivantes.

Je vois cette série-là comme un marqueur de l’histoire, pour ne pas oublier ce qui s'est passé, pour ne pas que ça se reproduise.

Une citation de :Sonia Bonspille Boileau, scénariste et réalisatrice

Pour s’assurer de l’authenticité des décors et de refléter la culture Anishinabeg dans laquelle s’ancre la trame narrative, la maison de production Nish Media a placé ses pions dès les premières étapes de la conception pour tourner la presque totalité de la série en territoire algonquin.

En tant que boîte dans l’Outaouais depuis 15 ans, c’est notre rêve de pouvoir faire une série dramatique chez nous, souligne Sonia Bonspille Boileau.

Retombées et distribution paritaire

L’équipe se prépare pour l’automne 2021 : à l’exception de quelques scènes devant être captées à Montréal, la majorité des jours de tournage sont prévus dans la communauté autochtone de Kitigan Zibi, dans la municipalité avoisinante de Maniwaki, ainsi qu’à Gatineau.

Une équipe de tournage vêtue de vêtements foncés portent des masques et sont installés en bordure d'un point d'eau.

Le tournage du thriller « L'inhumain », de Jason Brennan, a eu lieu en territoire Anishnabeg près de Maniwaki en octobre 2020.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Pour l’économie locale, les retombées d’une telle production, prévue sur une quarantaine de jours, ne sont pas négligeables : elles se chiffrent à près de 500 000$, selon le producteur Jason Brennan.

Ce dernier, qui a tourné son premier long métrage intitulé l’Inhumain dans cette région en octobre dernier, y voit aussi une occasion de faire appel à des talents locaux à la technique, en plus d’offrir des occasions de figuration aux membres de la communauté Anishinabeg.

Ce n’est pas une façon [de monter un] casting traditionnel, mais c’est vraiment d’aller cibler des gens et de développer ce talent-là.

Une citation de :Jason Brennan, producteur

La distribution paritaire de la série met de l’avant des comédiens issus de communautés autochtones du Québec comme Marco Collin, Dominique Pétin, Eve Ringuette et Samian aux côtés de Virginie Fortin, Théodore Pellerin, Antoine Pilon et Mylène St-Sauveur.

Une mosaïque avec les visages de 8 comédiens.

Radio-Canada diffusera au printemps 2022 la première fiction dramatique écrite, réalisée et produite par des créateurs autochtones, Pour toi Flora.

Photo : Radio-Canada

Pour toi Flora comptera six épisodes d’une heure. Ils seront d’abord offerts en langue anishinaabemowin avec sous-titrage en français durant sept jours avant d’être rendus disponibles en version originale française sur ICI TOU.TV EXTRA ainsi que sur le réseau APTN en 2022.

Avec les informations de Kevin Sweet

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