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Les minorités visibles en Abitibi-Témiscamingue ont-elles vu des changements depuis un an?

Un égoportrait d'Anthony Dallaire devant la fontaine de Rouyn-Noranda.

Anthony Dallaire a grandi à Rouyn-Noranda.

Photo : gracieuseté Anthony Dallaire

Il y a près d’un an, la mort de George Floyd à Minneapolis a déclenché une vague de dénonciations et de discussions par rapport au racisme. En Abitibi-Témiscamingue, comment la réalité des minorités visibles a-t-elle évolué? Voici des témoignages recueillis dans la région.

Pierre Tchakoua, qui vit à Rouyn-Noranda depuis près de 10 ans, constate que les événements de la dernière année ont permis d’ouvrir la discussion à propos des diverses formes de racisme présentes en Abitibi-Témiscamingue.

Avant, on avait tendance à dire "ce sont des choses qui se passent dans les grandes villes, aux États-Unis. Ça se passe à Montréal, mais pas en région". Ça a permis de lever le voile et d’amener une certaine discussion, observe-t-il.

Pierre Tchakoua fait la cuisine.

Pierre Tchakoua vit à Rouyn-Noranda depuis une dizaine d'années.

Photo : gracieuseté

La Rouynorandienne Aurélie Lavallée, qui fait partie de la communauté asiatique, abonde dans le même sens : elle n’a pas constaté de changement dans la façon dont on la traite, mais plutôt dans l’intérêt public.

Je n’ai pas vu de différence par rapport à moi, mais en fait, je pense que les gens sont plus ouverts à en parler, ils font plus attention à leurs propos pour s’assurer que si jamais ils disent un propos raciste, que je leur dise. Je pense que les gens sont un peu plus ouverts et sensibilisés aux impacts que les paroles peuvent avoir, dit-elle.

Je trouve ça positif que ça ait amené la discussion parce qu’avant, c’étaient des sujets que les gens essayaient d’éviter. Mais là ça nous a comme forcés à en parler. Les gens ont pris conscience que le racisme, tout ce qu’on appelle les microagressions, ça existe dans la vie au quotidien.

Une citation de :Pierre Tchakoua

La pandémie a cependant réduit les interactions sociales et par le fait même les occasions de voir si les comportements du quotidien ont changé, rapporte Anthony Dallaire, qui a grandi à Rouyn-Noranda.

Durant la pandémie, c’est dur d’observer vu qu’on est tous confinés chez soi et toute l’information qu’on reçoit par rapport à ça, on la reçoit par l’Internet ou la télévision, indique-t-il.

Toutefois, il dit remarquer que les minorités visibles sont davantage consultées dans les débats sur le racisme et la discrimination. Il mentionne par exemple le scandale qui a éclaté à propos du mot en n; il a senti que les gens se référaient davantage à lui et à d’autres membres de la communauté noire.

Je pense qu’en demandant et en étant curieux de leur avis, on peut produire des choses vraiment plus positives et intéressantes, affirme Anthony Dallaire.

Après les questions, les actions

Si l’on observe un intérêt pour parler des manifestations du racisme et de la discrimination, tous s’entendent pour dire qu’ils souhaitent plus de mesures concrètes pour prévenir et éventuellement réduire l’impact de ces enjeux.

Ça c’est sûr, le combat n’est pas terminé, lance Édith Kpodékon, à Ville-Marie. Je pense que c’est maintenant que ça va plus commencer en région, parce qu’on est de plus en plus de personnes immigrantes ou de minorités visibles qui s’installent de plus en plus.

Vianney Dituba pose au soleil, les yeux fermés, souriant.

Vianny Dituba a grandi à Rouyn-Noranda.

Photo : gracieuseté

Pour Vianney Dituba, il faudra encore des décennies avant que les minorités visibles soient perçues et traitées comme tous les autres citoyens. Ayant grandi à Rouyn-Noranda en tant que personne noire, il croit que ce changement s’effectue lentement.

Il en reste encore beaucoup à faire. Il y a des systèmes à brasser un peu, à remettre en place. C’est beaucoup de travail, c’est pour ça que je dis que c’est quelque chose de cyclique et que ça n’arrivera pas du jour au lendemain, conclut-il.

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